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25 novembre, Journée Internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes

Le développement durable ne se limite pas à l’environnement et l’écologie. Le volet social, bien que souvent mis au rebut, fait partie intégrante de la notion. C’est pourquoi, traiter des violences faites aux femmes semble tout à fait pertinent dans le cadre de notre blog sur l’actualité du développement durable en cette journée internationale contre les violences faites aux femmes. Tous les 25 novembre, des actions au niveau international sont entreprises pour mettre en lumière et combattre ce fléau qui perdure dans toutes les sociétés. En France, les violences faites aux femmes ont même été désignées comme « Grande Cause Nationale 2010 ». 

  • Le 25 novembre : Journée Internationale contre les violences faites aux femmes

Le 25 novembre est la « Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes » décidée par les Nations Unies, est célébrée chaque année en France. Elle est l’occasion de réitérer l’engagement des pouvoirs publics pour combattre les violences faites aux femmes, sous toutes leurs formes.
Le 17 décembre 1999, par sa résolution 54/134, l’Assemblée générale onusienne a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l’opinion publique au problème. Le texte définit ce type de violence comme tout acte portant un préjudice physique, sexuel ou psychologique aux femmes, dans la sphère privée comme publique.
 Les militants en faveur des droits des femmes ont choisi en 1981 la date du 25 novembre comme journée de lutte contre la violence, en mémoire des trois soeurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées le 25 novembre 1960 sur les ordres du chef de l’État, Rafael Trujillo (1930-1961).

  • Des chiffres qui font mal

Selon un nouveau rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), au moins une femme sur trois dans le monde a été maltraitée, battue ou contrainte à des rapports sexuels au cours de sa vie, le plus souvent par un partenaire intime ou un membre de la famille.  «Deux millions de filles âgées de 5 à 15 sont se retrouvent ainsi sur le marché du sexe chaque année», estime le document du FNUAP. Sans oublier les 100 à 140 millions de femmes excisées dans le monde, et les mariages forcés qu’il est relativement impossible de chiffrer. En France, 70 000 mariages seraient des mariages arrangés ou forcés, où la femme n’a en aucun cas son mot à dire.
Ainsi, si la perpétration de l’excision, des viols en masse, qui sont depuis peu considérés comme un crime de guerre, voire crime contre l’Humanité, a lieu principalement dans les pays pauvres en guerre, les pays développés ne sont pas moins concernés par les violences faites aux femmes.

En France, en 2009, 140 femmes sont décédées des suites de violences de leur conjoint, soit une femme tous les deux jours et demi qui succombe des coups de son compagnon.  654 000 femmes ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles en 2009, près de 20 000 de plus qu’en 2008. 10 % des femmes sont victimes de violences conjugales, pourcentage qui tient compte des violences psychologiques (insultes, rabaissement, mépris, etc.) et qui correspond à 1 800 000 femmes en France.
75.000 femmes sont violées chaque année en France, soit 200 par jour ou une toutes les sept minutes, selon le Collectif féministe contre le viol (CFCV), fondé en 1985. Fait encore plus préoccupant, l’augmentation des viols collectifs, ou « tournantes ».

  • Le silence des victimes

Moins de 10% de ces violences en ménage ne sont déclarées  à la gendarmerie ou la police.  De même, moins de 10% des actes de violences sexuelles hors ménage ont été suivies de plainte en 2007-8, et moins de 8% pour des actes de violences sexuelles dans le ménage (selon l’enquête INHES/OND 2009). Les viols par un inconnu ne représentent qu’un quart du total. Dans les trois quarts des cas, l’agresseur est connu de la victime.
Le monde du travail n’est pas épargné par son lot de violence, d’injures, de pression psychologique à l’égard des femmes. 17% des femmes (1 femme sur 6) se plaignent de pressions psychologiques au travail, 8,5% d’agressions verbales (selon l’enquête Enveff 2003).  2 % des femmes dénoncent des agressions (attouchements, tentatives de viol et viol) et du harcèlement d’ordre sexuel (avances, attouchements, exhibitionnisme…) sur le lieu de travail selon l’enquête ENVEFF 2000 (Enquête National sur les Violences Envers les Femmes en France). Sachant que la France compte plus de 13 millions de femmes actives, ce chiffre reste colossal. Néanmoins, très peu de femmes osent porter plainte. La honte et la peur empêchent que de véritables actions en justice ne soient menées.

  • Les actions entreprises pour lutter contre les violences faites aux femmes en France

Dans le cadre de la mise en place du programme Grande cause 2010 pour lutter contre les violences faites aux femmes, certaines mesures ont été prises ou sont en projet. Il s’agit notamment de renforcer la cadre juridique et de prévenir la récidive grâce à  un dispositif de surveillance électronique (bracelets électronique…), en expérimentation, même si beaucoup reste à faire.

Grande Cause Nationale

Le label Grande Cause Nationale est attribué par le Premier Ministre. Il permet à des organismes à but non lucratif qui souhaitent organiser des campagnes faisant appel à la générosité publique d’obtenir des diffusions gratuites (label Grande Cause nationale) sur les services des sociétés nationales de programme, France Télévisions et Radio France.
Un collectif, baptisé Collectif Grande Cause nationale2010 contre les violences faites aux femmes, réunissant 25 associations bénéficie de la gratuité de diffusion de messages sur les chaînes de télévision et les stations de radio du service public. Ainsi, une série de sports TV et d’affiches a été lancée pour sensibiliser l’opinion publique sur le sujet et pour inciter les femmes victimes à en  parler, comme celui, par exemple, intitulé « la honte doit changer de camp ».

Plan interministériel

Le troisième plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes 2011-2013 prévoit de renforcer les actions pour combattre toutes les formes violences à l’encontre des femmes, au sein du couple, mais également les viols /agressions sexuelles, les violences au travail, les violences spécifiques (mutilations sexuelles féminines, mariages forcés), la prostitution…

Loi du 9 juillet 2010

En juillet 2010, une nouvelle loi a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale. Visant à renforcer le dispositif de prévention et de protection des femmes victimes de violences conjugales, elle reconnaît le délit de violence psychologique et le délit de contrainte au mariage forcé. Les auteurs de violences conjugales peuvent faire l’objet d’une mesure d’éloignement contrôlée par un bracelet électronique tandis que les victimes peuvent bénéficier d’une « ordonnance de protection » indépendamment de la procédure du dépôt de plainte. Le juge peut prendre cette mesure d’ordonnance de protection pour mettre une femme à l’abri de son conjoint violent. A ce jour, une trentaine d’ordonnances ont été prises. Néanmoins, le fait que le personnel des commissariats ne connait pas la loi rebute certaines femmes à faire appel à ce type de mesure. Une formation des professionnels paraît indispensable.

Un numéro d’urgence

Depuis 2008, un numéro gratuit et anonyme d’écoute existe consacré aux violences conjugales : le 3919. Entre 2008 et 2009, le nombre d’appels à exploser : + 81% ! Ce numéro s’adresse non seulement aux femmes victimes de violence, mais également aux témoins de ces violences.

  • L’avis Sequovia

Avec la banalisation des publicités affichant des corps de femmes nus, bien souvent présentés comme des objets sexuels et de la pornographie si facilement accessible sur Internet, il n’est pas étonnant que de tels comportements sévissent en France, et un peu partout dans le monde d’ailleurs. Les enfants et les jeunes sont confrontés au quotidien avec de telles images sexuelles, violentes qui dégradent l’image de la femme.  De plus, le mimétisme des conflits vécus au quotidien par les enfants dont le père est violent perpétue l’engrenage. Il ne s’agit pas d’une question concernant des cas isolés, mais bien d’un problème de société où chacun est concerné pour tenter de l’enrayer. Pour que la honte cesse de peser sur les épaules des victimes et que l’impunité ne soit plus de mise, il est grand temps d’agir.

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