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les négociations pour le climat avancent…mais piétinent aussi

Si, dans l’ensemble, les négociations pour le climat qui se sont tenues à Tianjin en Chine du 4 au 9 octobre ont permis certaines avancées précieuses en vue de la Conférence sur le climat qui se tiendra à Cancun du 29 novembre au 10 décembre, les tensions se font toujours sentir entre les deux plus grands pollueurs que sont la Chine et les Etats-Unis.
  • Les progrès réalisés lors de cette rencontre
Les négociations de « cette semaine nous ont rapprochés d’un ensemble structuré de décisions qui peuvent faire l’objet d’un accord à Cancun », a déclaré samedi la responsable en chef du climat à l’ONU, Christiana Figueres, à l’issue de six jours de discussions à Tianjin (nord de la Chine).
La réunion, à laquelle assistaient 170 pays, était la dernière avant celle de Cancun, au Mexique, (29 novembre au 10 décembre), un an après l’échec de Copenhague. Ainsi, cette rencontre a permis de déblayer le terrain en vue de préparer les négociations de Cancun qui devront, elles, aboutir sur des engagements concrets.
« Cette semaine, les gouvernements devaient étudier ensemble ce qui était faisable à Cancun (…) et ils l’ont fait, effectivement », a déclaré Mme Figueres lors d’une conférence de presse de clôture.
La conférence de Copenhague entendait parvenir à un accord global et efficace pour lutter contre le changement climatique. Elle n’a abouti qu’à un texte qui fixe comme objectif de limiter la hausse de la température de la planète à 2 degrés, mais sans calendrier et en restant évasif sur les moyens.
Moins ambitieux, le rendez-vous de Cancun doit, avait auparavant déclaré Mme Figueres, se contenter de « poser des fondations » pour un accord futur, alors que pays développés et pays en développement continuent de s’affronter sur la répartition des énormes efforts à fournir.
Par ailleurs, les négociations ont bien avancé sur le thème de la création d’un fonds vert pour le climat destiné aux pays en développement. Il pourrait être mis en fonctionnement suite à la Conférence de Cancun. Le financement du projet demeure l’un des points d’entente possibles entre les pays développés lors de la future rencontre au Mexique. Le projet consiste à transférer des technologies des pays développés vers les pays en développement pour les accompagner dans la lutte contre les catastrophes climatiques et pour aider les pays les plus vulnérables à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.
  • L’engagement chinois
C’est la première fois que des négociations sur le climat se tiennent en Chine, pays le plus pollueur en termes d’émissions de CO2. Cela marque déjà une prise de conscience du pays qui mesure de plus en plus les impacts du réchauffement climatique sur sa population. En effet, une personne pauvre sur cinq dans le monde est chinoise et le pays est de plus en plus touché par les catastrophes climatiques. Cet été, la grande sécheresse qui a frappé le Sud-Est du pays a rendu 20 millions de personnes sans approvisionnement suffisant en eau et les coulées de boue suite aux pluies diluviennes ont entrainé le déplacement de 800 000 réfugiés.
Si la Chine est le premier émetteur de CO2, néanmoins loin derrière les Etats-Unis si l’on considère les émissions par habitant (celles-ci  représentent un quart de celles des Etats-Unis), la Chine est aussi le premier investisseur en énergie verte en 2009. Le gouvernement chinois a consacré un tiers de son plan de relance économique (221 milliards de dollars) aux infrastructures qui favoriseront l’efficacité énergétique, ce qui en fait le plus important plan de relance vert au monde jusqu’à ce jour.
  • Frictions entre les Etats-Unis et la Chine
Durant la conférence de Tianjin, délégués chinois et américains se sont renvoyés, par déclarations interposées, la responsabilité de l’absence de percée véritable dans les négociations censées permettre de trouver une réponse efficace au changement climatique. La conférence de Copenhague avait abouti sur la création d’un texte peu contraignant qui stipulait uniquement que les nations devaient s’engager à limiter le réchauffement climatique à 2° C. Mais les  progrès réalisés sont encore loin pour permettre d’enrayer véritablement les hausses de température. Une des causes en jeu s’explique par les désaccords récurrents entre la Chine et les Etats-Unis.
Le négociateur américain Jonathan Pershing déclare que « Nous sommes en particulier déçus du fait que nous n’ayons accompli que très peu de progrès sur la question centrale » du contrôle des actions entreprises par chacun des pays au sujet de leurs émissions de GES. Cet aspect soulève bien des anicroches puisque la Chine est fort réticente à l’idée d’un contrôle extérieur, pourtant jugé essentiel par la Maison Blanche. Su Wei, principal négociateur chinois, de répondre qu’il « n’est pas juste de critiquer les autres quand on ne fait rien », s’appuyant sur les progrès réalisés par la Chine et le contrôle national qu’elle exerce déjà sur ses engagements. En effet, Pékin s’est fixé un objectif de réduction des émissions de carbone par unité de PIB de 40 % à 45 % entre 2005 et 2020.
Le président Barack Obama, quant à lui, s’est engagé à réduire les émissions de GES des Etats-Unis de 17% d’ici 2020, par rapport à leur niveau de 2005. Ceci correspond à une réduction de 4% par rapport à 1990. Mais le Congrès américain n’a pas réussi à faire voter une loi pour lutter contre le réchauffement climatique.
  • L’avis Sequovia
Il faut espérer que les négociations de Cancun ne finissent pas comme celle de Copenhague à savoir en une série de déceptions. Un accord international est vital pour préserver les populations les plus vulnérables des pays pauvres, les moins responsables des émissions de CO2 mais les premières touchées par les catastrophes naturelles climatiques. En attendant que les grands de ce monde se mettent d’accord, chacun d’entre nous peut agir pour diminuer ses émissions de CO2 et préserver la vie sur Terre et ses habitants. Au vu de la recrudescence des catastrophes, chaque geste compte pour réduire ses émissions polluantes, sa production de déchets, et sa consommation de ressources naturelles (eau, énergie).
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