Un bilan complet du changement climatique actuel

Dans le but de réaliser un aperçu complet du changement climatique actuel,  Sequovia vous propose aujourd’hui un dossier complet.

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Tout commence par l’effet de serre

L’effet de serre est un phénomène naturel, essentiel à la vie, qui permet à la Terre de maintenir la Terre à une température moyenne relativement constante et acceptable de +15°C.

Concrètement, la fine pellicule d’atmosphère retient des gaz à effets de serre, ce qui permet de conserver une bonne partie de l’énergie émise par le soleil.

L’effet de serre naturel est dû aux gaz à effets de serre : à 95% à la vapeur d’eau (H20) et au dioxyde de carbone (CO2),, et les 5% restants sont dûs au méthane (CH4), au protoxyde d’azote (N2O), à l’ozone (O3) et aux gaz fluorés.

Et même si le CO2 est responsable de la moitié de l’effet de serre total, les autres gaz en cause ont un potentiel de réchauffement supérieur, et ne doivent donc pas être négligés.

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L’homme intervient dans cet équilibre

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Par les activités qu’ils génèrent, les humains ont émis dans l’atmosphère une quantité croissante de gaz à effet de serre depuis le début de l’ère industrielle.

Ces rejets ont augmenté artificiellement la concentration de ces gaz dans l’atmosphère : notre couette s’est épaissie, et au lieu de nous protéger du froid, elle nous donne à présent trop chaud.

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Ces émissions proviennent principalement de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), qui ont justement permis le développement industriel et conduit à notre civilisation actuelle. Mais tous les secteurs de l’activité humaine sont en cause : transport, industrie, bâtiment, agriculture et production électrique… Les pays du Nord sont donc responsables de la majorité de ces émissions.

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La concentration en CO2 atteint maintenant environ 390 ppm, c’est-à-dire 40% de plus que tout ce qui a jamais été observé depuis 400.000 ans ! Nous sommes donc en train d’injecter dans l’atmosphère une quantité de CO2 incroyablement plus importante que celle que la Terre a connu jusqu’à ce jour, et d’introduire un déséquilibre dont nous ne savons pas comment il va se rééquilibrer.

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Et l’homme dit : « que la température monte ! »

Grâce aux données recueillies dans les calottes glaciaires et aux stations météo et compilées par le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat), on a pu constater une augmentation de la température de 0,74°C entre 1906 et 2005.

La température a ainsi atteint un niveau supérieur au réchauffement climatique naturel survenu au Moyen-Age, mais pour la première fois de l’histoire de la Terre, l’homme en est le responsable, et la température continue d’augmenter à un rythme largement supérieur à ceux des précédents réchauffements d’origine naturelle.

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+0,74°C, c’est beaucoup ?

A nous qui sommes habitués à des températures passant de -5° en hiver à +25° en été, 0,74° en plus ne nous semble pas la mer à boire. Mais ce ne sont là que des valeurs instantanées, et il est bien plus difficiles de comprendre l’effet d’un changement de la moyenne.

Pour mieux comprendre, nous pouvons reprendre le cas du corps humain : si notre corps subit une perturbation et monte en température à 39°c en moyenne sur une durée très longue, nous risquons des problèmes bien plus graves que lors d’une fièvre passagère.

C’est tout l’enjeu du réchauffement climatique : limiter les dérèglements en cours pour éviter des conséquences qu’on annonce catastrophiques.

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Un changement climatique observable

→    Onze des douze dernières années (1995–2006) figurent parmi les douze années les plus chaudes depuis 1850.
→    Sur l’ensemble de la planète, le niveau moyen de la mer s’est élevé de 1,8 mm/an depuis 1961 et de 3,1 mm/an depuis 1993, sous l’effet de la dilatation thermique et de la fonte des glaciers, des calottes glaciaires et des nappes glaciaires polaires.
→    Les glaciers et la couverture neigeuse occupent une superficie de moins en moins grande dans les deux hémisphères.
→    Les différences de précipitations s’accroissent entre les zones tempérées et zones désertiques, créant un stress hydrique qui s’ajoute à l’appauvrissement actuel des nappes phréatiques.
→    Les dérèglements climatiques (vagues de chaleur, inondations, cyclones…) se sont multipliés.
→    Dans les écosystèmes terrestres, les phénomènes printaniers et la migration d’espèces animales et végétales vers les pôles sont plus hâtifs, et les aires de répartition des espèces se déplacent vers le Nord.

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Des conséquences dramatiques à prévoir

5000 milliards de dollars, c’est le coût du réchauffement climatique annoncé. Cette étude a été réalisée par le gouvernement britannique, et a été dirigée par Nicholas Stern, ancien vice-président de la Banque Mondiale.

Les pays du Sud, plus vulnérables, seront a priori les plus touchés, bien que certains experts comme Jean-Marc Jancovici redoutent plus un conflit armé qui pourrait apparaître au Nord si les conditions continuent de se détériorer, créant des tensions dans les approvisionnements énergétiques et agricoles dans les relations internationales.

Alors que les changements climatiques naturels se font sur de très longues périodes, ce qui implique une certaine adaptation des espèces animales et végétales, les changements anthropiques sont très rapides et par conséquent menacent énormément les écosystèmes souvent fragiles.

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Des solutions pour atteindre le « facteur 4 »

L’objectif recommandé par le GIEC est de diviser d’un « facteur 4 » nos émissions de gaz à effets de serre d’ici 2050 par rapport à 1990, et ainsi limiter à 2°C l’augmentation de température mondiale.

Voici les solutions qui nous semblent les plus pertinentes :
Développer l’analyse de cycle de vie (ACV) de tous les produits (des produits manufacturés aux bâtiments), pour prendre en compte l’extraction des matériaux, la fabrication, l’utilisation, le recyclage et la réutilisation de ces produits.
→ Utiliser plus largement les énergies renouvelables : éolien, solaire, cogénération, …
→ Etre plus sobre dans notre consommation d’énergie et de produits.
→ Développer les transports en commun et les véhicules basse énergie.
→ Développer la méthode de captage et séquestration du CO2.
→ Développer l’énergie nucléaire de 4ème génération (bien que le débat soit vif sur ce sujet).

Mais bien plus qu’un recueil de solutions, il faudrait repenser notre système économique et nos comportements individuels et collectifs pour prendre en compte notre impact sur l’environnement. Ceci passe par une volonté politique forte et globale pour inciter à l’action, développer de nouveaux modèles économiques (dont la contribution climat-énergie et le marché des quotas d’émission) et de développer à grande échelle des outils de management du carbone comme le Bilan Carbone® mis en place par l’ADEME.

La commission Stern propose aussi d’inclure une contribution de 1% du PIB mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique pour éviter d’en payer les conséquences dramatiques, pouvant aller jusqu’à 20% du PIB dans le cas d’une action curative.

Une action rapide est donc nécessaire, pour faire face à ce que certains appellent le plus grand défi jamais posé à l’humanité…

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Ce billet a été réalisé dans le cadre de BlogActionDay. A cette occasion, Sequovia Actualités s’unit aujourd’hui à plus de 8000 blogueurs pour relayer massivement l’ultimatum climatique auquel nous sommes confrontés.

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  1. Escaravage
    15/10/2009 à 18:05 | #1

    La CCS a une place usurpée dans la lutte contre le changement climatique.

    Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS, remède miracle. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique.

  2. Papoune
    16/10/2009 à 19:38 | #2

    Cet article est faux
    En réalité la quantité de CO2 produite par l’homme est négligeable par rapport à ce que produisent les volcans. Quand on examine bien les courbes de CO2 et de température au cours de l’histoire de la terre, on s’aperçoit que l’augmentation du CO2 suit la courbe de température de plusieurs siècles et non l’inverse. Cela vient du fait que quand la température augmente le CO2 en solution dans les océans s’échappe dans l’atmosphère, il faut plusieurs siècles pour que les océans suivent la température, tellement ils sont importants. Il faut savoir que 95% de l’effet de serre n’est pas du au CO2, mais à la vapeur d’eau. Il existe des cycles solaires qui expliquent l’augmentation de température qui s’est produite au 20ème siècle. Au moyen âge il a fait très chaud (ce que les climatologues appellent optimum médiéval) et la température s’est énormément refroidie au à partir du 14ème siècle ce que les climatologues appellent « petit âge de glace », elle s’est réchauffée à partir du 19 siècle. Il faut savoir que ce n’est pas un phénomène uniquement terrestre puisque tout le système solaire s’est réchauffé en même temps que la terre. Par exemple Mars a augmenté de 0,6 ° au 20ème siècle. A l’âge de pierre et à l’âge de bronze les températures étaient plus élevées que maintenant (ce que les climatologues appellent : « optimum holocène »). Quand on étudie l’histoire de la terre on s’aperçoit qu’il y a des époques à l’ère primaire et secondaire où il y avait des températures bien plus élevées qu’actuellement.
    Ce qui est contradictoire avec la théorie de l’augmentation de la température causé par les émissions de CO2, c’est que la température à beaucoup augmenté les premier 40 ans du 20ème siècle et qu’elle a décru au moment du boum économique de l’après guerre et elle a cessé de décroitre au moment de la crise économique. Ça devrait être exactement l’inverse.
    2500 scientifiques reconnus dans le monde entier sont exclus du GIEC (groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour démonstration politiquement incorrect (Voir par exemple le lien : http://criticusleblog.blogspot.com/2009/09/rechauffement-climatique-les-erreurs-du.html), prouvant que le CO2 n’est pas responsable de ce réchauffement et que toute mesure prise actuellement pour lutter contre l’effet de serre est en fait une véritable entreprise commerciale très onéreuse pour les collectivités donc pour les citoyens. La bourse d’échange des droits d’émission de CO2 brasse déjà 120 million de dollars par an. C’est un marché totalement virtuel ! Le réchauffement climatique actuel est un nouveau cycle comme il y en a toujours eu depuis la nuit des temps.

  3. 19/10/2009 à 16:31 | #3

    Dans le cas du CCS (carbon capture and storage, ou CSC en français : captage et stockage du carbone), les risques de fuite hors des aquifères sont peu connues, et on dispose de trop peu d’informations sur ce sujet, j’en conviens.
    Néanmoins, la recherche dans ce secteur parait intéressante pour avoir un moyen de plus de lutte contre le réchauffement climatique.

    Les critiques au réchauffement climatique d’origine anthropique sont nombreuses (intérêts politiques, cycles de Milankovitch qui modifient naturellement le climat, effets des rejets de CO2 sur le climat surrestimés, prises de température faussées par l’effet de chaleur urbain…).
    Cependant, une théorie scientifique est considérée comme valide – et c’est même la seule manière de définir une théorie valide – lorsque qu’elle fait l’unanimité parmi les scientifiques spécialistes du domaine. Et si aucune théorie à l’encontre du réchauffement climatique n’a été publiée à ce jour, c’est qu’il y a « peut-être » une raison. Rajoutons aussi que le GIEC a rassemblé 2000 spécialistes de tous bords pour aboutir à un rapport de 800 pages qui devait faire l’unanimité sur le sujet, et qui n’est donc ni catastrophiste, ni optimiste, mais qui « parait » assez juste.

  4. Hugues
    19/10/2009 à 19:05 | #4

    Et oui… toujours les mêmes sceptiques, partout. Je conseille la conférence de Jancovici à Papoune, il expliquera (sauf que lui aura les chiffres à l’appui) exactement le contraire.
    Ca me fait rire les « il y a des scientifiques exclus » : mais oui, figure-toi que tout le monde n’est pas d’accord sur la théorie de l’évolution et ne le sera jamais. Alors on attend l’unanimité ? Et pendant ce temps, on enseigne le créationnisme ? D’ailleurs, il y a des même des gens qui pensent que la terre est plate (si si, jetez un oeil sur la « flat earth society »)…

    Allez, autant écouter les spécialistes qui savent. Les autres, leur avis personnel, ça ne m’intéresse pas.
    Si vous voulez un résumé de 1h30 excellent et drôle par Jancovici, c’est ici :
    http://storage02.brainsonic.com/customers2/entrecom/20080227_Spie/session_1_fr_new/files/index.html

  5. 19/10/2009 à 22:22 | #5

    Je conseille bien sûr moi aussi cette conférence, c’est LA référence je pense pour comprendre de façon scientifique, rigoureuse, drôle et alarmiste le changement climatique et la future déplétion en énergies fossiles.

  1. 21/10/2009 à 14:12 | #1
  2. 16/12/2009 à 12:30 | #2
  3. 21/12/2009 à 16:17 | #3
  4. 07/06/2010 à 17:00 | #4
  5. 18/06/2010 à 13:38 | #5

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