Sequovia, facilitateur du developpement durable

Accueil arrow Bonnes pratiques arrow Dossiers thématiques arrow Achats Responsables arrow Intégration de la RSE dans les relations clients-fournisseurs

Intégration de la RSE dans les relations clients-fournisseurs

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail


Les relations clients-fournisseurs sont la base du processus Achat, même si cela n’encadre que partiellement la mise en place d’une politique d’achats responsables. En suivant la logique d’amélioration continue, la relation client-fournisseur va induire des méthodes et outils stratégiques de plus en plus poussés selon le degré d’implication de l’entreprise dans la mise en œuvre de sa politique d’achats.

Au regard de l’étude menée par l’ORSE et Ecovadis, il est intéressant de percevoir des étapes évolutives qui se mettent en place au fur et à mesure que la relation client-fournisseur devient réellement engagée dans une démarche d’achats responsables.



De la relation au partenariat


  • Chartes et codes de conduite fournisseurs

Les chartes ou codes de conduite permettent aux entreprises de formaliser leurs exigences RSE à l’égard des fournisseurs. Il s’agit là d’une première étape dans la mise en place d’une politique d’achats responsables. Les principaux sujets abordés sont les droits de l’homme, les conditions de travail, le respect de l’environnement et l’éthique.

 
  • Clauses RSE dans les contrats avec les fournisseurs

L’insertion de clauses RSE au sein des contrats avec les fournisseurs représente généralement le second niveau dans la mise en œuvre d’une politique d’achats responsables. Il s’agit d’une étape contraignante pour les fournisseurs de part leur portée juridique. Ces dernières peuvent stipuler la possibilité de rupture de la relation commerciale en cas de manquements graves de la part du fournisseur.
Les thèmes les plus récurrents sont le respect et la protection des droits de l’homme, l’élimination de toute forme de travail forcé et obligatoire, l’élimination du travail des enfants, la suppression de toute pratique discriminatoire…


  • Analyse de la performance RSE des fournisseurs

La troisième étape consiste à analyser la performance RSE des fournisseurs afin de pouvoir mieux connaître leurs pratiques et contrôler les risques. Les deux principaux outils à disposition des entreprises pour évaluer cette performance sont les questionnaires et les audits. Les résultats divergent selon le périmètre adopté, le nombre de questions posées ou dans le cadre de l’audit, d’experts sollicités…le mieux étant bien sûr la combinaison de ces deux méthodes d’évaluation.

De nombreuses entreprises délèguent ces missions afin de permettre aux acheteurs de cibler leur travail sur le développement des compétences RSE des fournisseurs (sensibilisation et / ou formation). L’évaluation par des organismes indépendants permet également d’étendre le périmètre des fournisseurs évalués et d’augmenter la pertinence et l’objectivité des évaluations.

Beaucoup peuvent envisager cette phase comme défensive via l’identification des non-conformités dans les pratiques des fournisseurs. Toutefois, elle peut être utilisée à des fins plus productives et plus « messianiques » en créant de réelles opportunités de marché  notamment via les pratiques innovantes des fournisseurs en matière de RSE (ex : analyse des indicateurs environnementaux).


  • Accompagnement des fournisseurs

La quatrième étape d’une démarche Achat Responsables est celle de l’accompagnement des fournisseurs et du suivi des actions de progrès. Dans le cadre d’une grande entreprise, la formation peut être exclusivement dédiée aux PME qui sont souvent démunies face aux impératifs réglementaires normatifs et économiques qu’impose une telle politique.

 
 
 
Relations entre grands donneurs d’ordres et PME


Les PME sont très souvent démunies face aux impératifs réglementaires normatifs et économiques qui s’imposent à elles lorsqu’elles sont en passe de soutenir un contrat avec de très grandes entreprises ainsi qu’avec les collectivités locales et les administrations, que l’on qualifie d’ailleurs de donneurs d’ordre.
Pour encourager les acheteurs du privé et du public à avoir recours aux services des PME et ainsi de promouvoir et de mettre en œuvre leurs compétences en termes de compétitivité et d’innovation, plusieurs outils de régulation ont été mis en place au cours des dernières années.

 
Pérenniser les relations par la médiation


La Charte de Médiation de la CDAF, datée de février 2010, et également connue sous le nom de Charte des Bonnes Pratiques d’Achats entre Donneurs d’Ordre et PME a établie 10 engagements pour des achats responsables, qui permettent de construire dans un cadre de confiance mutuelle une relation équilibrée entre les fournisseurs et leurs clients, dans la connaissance et le respect de leurs droits et devoirs respectifs.


Ci-dessous les 10 engagements de la Charte :

  • Assurer une équité financière vis-à-vis des fournisseurs
  • Favoriser la collaboration entre grands donneurs d’ordre et fournisseurs stratégiques
  • Réduire les risque de dépendances réciproques entre donneurs d’ordre et fournisseurs
  • Impliquer les grands donneurs d’ordre dans leur filière
  • Apprécier le coût total de l’achat
  • Intégrer la problématique environnementale
  • Les Achats : une fonction et un processus
  • Une fonction Achat chargée de piloter globalement la relation fournisseurs
  • Fixer une politique cohérente de rémunération des acheteurs

A ce jour, on comptabilise 128 signataires de cette charte qui se doivent, d’une part de désigner un ou plusieurs correspondant(s) PME, pouvant être saisi(s) par les fournisseurs en cas de conflits ou litiges, et d’autre part, de veiller à la mise en place d’indicateurs de suivi. L’année 2010 a fortement démontré l’efficacité de cette charte. En effet, 50 médiations ont eu lieu avec un taux de réussite de 86%. Ces médiations ont concerné 1200 entreprises et 4400 salariés.
L’objectif est d’encourager à la signature de la charte en 2011 en parallèle d’un travail sur les conditions générales d’achat.


 
Contribuer à l’essor du territoire local


Prendre en considération les PME locales dans sa chaîne d’approvisionnement constitue une des conditions à la pratique des achats responsables. Cette méthode de fonction client-fournisseur assure un taux d’efficacité souvent sous estimé. Aucune entreprise, si grande soit-elle, ne peut prévoir toutes les situations possibles dans le cadre des relations clients-fournisseurs. Preuve à l’appui : les enseignes de la grande distribution qui, à force d’avoir fait pression sur leurs sous-traitants avec une masse de contraintes administratives et financières, sont forcées de constater qu’ils se trouvent, à leur tour, en difficulté de négocier face aux leaders de l’industrie agroalimentaire.

La notion de proximité et de développement local est également un des points clés de l’achat responsable. En effet, les délocalisations entraînent une faible maîtrise des relations clients-fournisseurs. Aujourd’hui, par exemple, le bouleversement que rencontre la Tunisie doit contrarier bon nombre d’industriels de l’habillement qui ont délocalisé leur production de jeans à l’époque, pour de simples raisons économiques.



Faire émerger les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI)


L’association Pacte PME, fondé sur les principes de la charte, a pour objectif de faciliter et de renforcer les relations entre les PME innovantes et les grands comptes, dans l'intérêt de chacune des parties prenantes et dans la perspective de l'émergence de nouvelles entreprises de stature mondiale. Trente-sept grands comptes sont actuellement signataires du Pacte PME.


Quels sont les programmes proposés à une PME signataire du pacte ?
  • Aide à la prospection et à la mise en relation par l'organisation de rencontres thématiques individuelles et collectives,
    • Soutien individuel aux PME dans leurs relations contractuelles avec les grands comptes, information du grand compte sur les difficultés rencontrées par les PME,
    • Groupes de réflexion mixtes pour l'élaboration de recommandations et la mise en place de dispositifs d'appui,
    • Suivi et retour d'expérience avec conférence et rapport annuel.

Enfin, à noter que rien n’a encore été décidé aux regards des problèmes d’équité financière dus notamment, aux délais de paiement qui nécessitent des ressources financières importantes pour les PME. L'article L.441-6 du code du commerce instaure comme règle générale que "sauf dispositions contraires figurant aux conditions de vente ou convenues entre les parties, le délai de règlement des sommes dues est fixé au trentième jour suivant la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation demandée".
Elle instaure également des pénalités de retard dues de droit et sans mise en demeure préalable. Mais ces dispositions s'avèrent difficilement applicables, les entreprises créditrices s'interdisant commercialement de réclamer ces pénalités à leurs clients. A terme, c’est le tissu économique qui est fragilisé, la seule issue étant de répercuter ces larges manquements financiers sur le prix final du produit. Le parlement européen se penche déjà sur la question et pourrait fixer, à l’horizon 2013, un délai de 30 jours, pour tout secteur et activité confondus. 

 

Articles de la rubrique : Dossier Achats Responsables

Organiser le pilotage via la formation
Contribuer à la réinsertion de personnes en difficulté
Intégration de la RSE dans le processus Achat - Etablir une grille d’analyse produits/services
Intégration de la RSE dans les relations clients-fournisseurs
Rôle de l’Observatoire des Achats Responsables et résultats du baromètre 2010
Les intérêts et enjeux

Nos missions :

Promouvoir et rendre concret le développement durable pour les entreprises et collectivités.
Faciliter l'accès aux meilleures solutions de développement durable du marché.
Accompagner les entreprises et les collectivités dans la mise en œuvre de leur démarche de développement durable.

Solution de transformation digitale  : Cognitive vous accompagne dans la mise en place de stratégie et solution de transformation digitale