L’Association Bilan Carbone pour une économie décarbonée

L’Association Bilan Carbone (ABC) vient d’annoncer la semaine dernière l’élargissement de son champ d’action. Elle aura désormais une fonction opérationnelle, à travers l’organisation de groupes de travaux, et avec un objectif d’extension internationale. Cette évolution intervient alors que l’article 75 de la Loi Grenelle II oblige les entreprises et collectivités à réaliser leur Bilan des émissions de GES au plus tard en décembre de cette année.

  • L’ABC au service de l’environnement

L’Association Bilan Carbone est l’unique détentrice du Bilan Carbone® de l’Ademe, outil permettant de mesurer les émissions de gaz à effet de serre (GES) émises par une organisation. Mercredi dernier lors d’une conférence de presse, le président Michel Havard s’est exprimé sur les nouvelles fonctions de l’ABC. Elle sera désormais en charge de :

  • Développer la méthode, avec pour objectif un déploiement international,
  • Mettre en place un centre d’expertise au service des entreprises et des acteurs publics,
  • Organiser un think tank sur  les enjeux nationaux, européens et internationaux du carbone.

ABC souhaite continuer le développement du Bilan Carbone® pour en faire un référentiel international. Pour cela, l’association prévoit d’interagir avec tous les acteurs concernés par cet outil. Les premières séances des groupes de travaux ont lieu ce mois-ci, accompagnées d’une nouvelle version de l’outil de mesure en accord avec la nouvelle réglementation des émissions de GES.

  • L’obligation de réaliser un Bilan de GES

L’article 75 de la loi Grenelle II portant engagement national pour l’environnement et faisant suite au Grenelle de l’environnement, précise les obligations des organisations par rapport à l’impact de leurs activités sur l’environnement. Le décret d’application a été publié le 11 juillet de l’année dernière afin de compléter l’information contenue dans l’article 75.

Ainsi, toute entreprise de plus de 500 collaborateurs (plus de 250 personnes outre-mer), les établissements publics regroupant plus de 250 collaborateurs, les collectivités territoriales regroupant plus de 50000 habitants, et l’Etat, doivent réaliser d’ici la fin de l’année 2012 un premier Bilan GES, relatif à leurs émissions de GES.

L’obligation pour les entreprises et collectivités de rendre compte publiquement de leur impact sur l’environnement va permettre de créer une relation de transparence avec la société. En outre, cela va permettre aux différentes organisations et institutions de pouvoir contrôler leurs émissions, et de mettre en place un plan d’action permettant de les réduire.

  • L’engagement des Etats dans la réduction de leurs émissions

L’application de l’article 75 va de concert avec la prise de conscience générale des pays quant aux problématiques mondiales de notre siècle. Les efforts se concentrent sur les possibilités de diminuer l’impact des activités humaines sur l’environnement, et de ralentir le réchauffement climatique provoqué par l’Homme.

Ainsi, en novembre dernier lors de la conférence de Durban, les Etats membres de l’ONU se sont nouvellement engagés en Afrique du Sud à réduire leurs émissions de GES. Organisée du 28 novembre au 9 décembre, cette conférence devait faire suite au Protocole de Kyoto (1997), dont les objectifs étaient pour les signataires de réduire entre 2008 et 2012 leurs émissions de GES. Pourtant, la conférence de Durban sur les changements climatiques n’a pas permis l’instauration d’un accord contraignant pour les états engagés, à cause des difficultés dans les négociations et du désaccord entre les nations. De grandes puissances économiques et grands émetteurs de gaz à effet de serre, à l’image des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie, du Japon ou du Canada ont décidé de s’abstenir de signer ce fameux protocole.

Rfi explique que finalement, à la suite de la conférence de Durban, chaque nation devra adopter ses propres mesures d’ici 2015, afin de rendre compte au monde entier de ses émissions et d’atteindre les engagements nationaux qui seront votés au sein de chaque parlement.

  • Avis Sequovia

Le Bilan Carbone®, initiative de la France pour mesurer et contrôler les émissions GES de ses organisations, pourrait bien devenir un outil de référence international pour aider chaque pays à réduire et contrôler son impact environnemental. Sequovia conseil propose aux entreprises, devant répondre aux obligations de l’article 75 du Grenelle, une formation sur la mise en oeuvre d’un bilan GES.

L’obligation de réaliser un bilan GES dès l’année 2012 s’inscrit parfaitement dans une démarche de développement durable. Certes, même si son caractère obligatoire pourrait paraître contraignant aux yeux de certaines organisations, il est important de prendre conscience des réels avantages de cet exercice tant sur le plan de l’exemplarité que sur le plan financier. De nombreuses entreprises et collectivités fortement engagés dans le respect de cette pratique mesurent aujourd’hui le fruit de leur investissement lié le plus souvent à la performance énergétique et à la réduction du gaspillage.

D’un point de vue mondial, de nombreuses négociations seront toutefois utiles afin de résoudre la problématique des conflits d’intérêt Nord-Sud pour mettre en place une véritable politique de réduction des émissions. En effet, les exigences environnementales du Nord portées aux oreilles des pays en plein développement provoquent mécontentement et colère. Après 50 ans de pillage environnemental et de pollution, les pays développés aimeraient guider ces pays vers une utilisation vertueuse des ressources et une atténuation des pollutions, ce qui pourrait paraître dénué de sens pour des pays qui prennent comme référence la technologie et la croissance des pays les plus riches.

Toutefois, au-delà du discours, nous voyons aujourd’hui apparaître des projets tels que les Fonds Verts pour le climat dans le but de soutenir les pays en développement dans  la lutte contre le changement climatique. Les gouvernements engagés devront donc y apporter les 100 milliards de dollars promis lors de la Conférence de Cancun.

 

 

 

 

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