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Le procès de 11 militants de Greenpeace

Le 5 décembre dernier, 11 militants de Greenpeace se sont introduits dans les centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine et de Cruas, et y sont restés cachés durant plusieurs heures. L’objectif de cette action était de dénoncer les failles de sécurité des installations nucléaires françaises. Les militants comparaissaient devant la justice vendredi dernier et le mardi de cette semaine.

 

  • Rappel des faits

Le lundi 5 décembre, aux alentours de 6h du matin, 9 militants de Greenpeace pénètrent au sein même de la centrale de Nogent-sur-Seine après avoir cisaillé 2 grilles de protection et déclenché des alarmes de sécurité. Ils arrivent même sur le toit du bâtiment abritant le réacteur, et sont finalement arrêtés 6 heures plus tard. Au même moment, 2 autres militants s’introduisent dans la centrale nucléaire de Cruas, cachés dans des sacs de stockage de déchets, et sont interpellés peu avant 20h du soir après 14 heures de cache-cache.

De nombreuses tentatives d’intrusion furent détectées ce même jour, notamment au Commissariat à l’Energie Atomique, à la centrale du Blayais, et celle de Chinon. Des banderoles ont été déployées dénonçant que : « le nucléaire sûr n’existe pas ».

Après ces évènements, l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) a remis en ce début d’année un audit, qui impose des investissements représentant plusieurs milliards d’euros dans les centrales françaises afin d’augmenter leur sûreté en cas de catastrophe naturelle. La réalisation de l’audit des centrales nucléaires nationales avait commencé depuis fin mars de l’année dernière, mené par l’ASN, en application de la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et la sécurité en matière nucléaire, et à la suite de l’accident survenu sur le site de Fukushima.

  • Le procès des militants

Le vendredi 20 janvier à Troyes, les 9 militants étaient jugés pour « dégradation en réunion » et « violation de propriété privée ». Des peines allant de 4 à 6 mois de prison avec sursis ont été requises à leur encontre. Une peine d’amende a été demandée par le procureur Alex Perrin allant de 1000 à 1500 euros.

Ce mardi 24 janvier à Privas, les 2 militants de Greenpeace qui avaient cette fois-ci profité des failles de sécurité de la centrale de Cruas, ont reçu la même sentence. Ceux-ci étaient accusés de « dégradations graves », « violation de domicile et locaux professionnels », et « dégradation de biens publics en réunion ».

A peu près 200 sympathisants, membres de Greenpeace et du réseau Sortir du Nucléaire, s’étaient déplacés ce mardi pour venir soutenir à l’extérieur du tribunal les 2 militants. Le jugement sont attendus les 21 et 28 février.

  • Objectif atteint pour Greenpeace

Les militants arrêtés dénonçaient les failles de sécurité dans ces centres de création d’énergie qui font débat, devenu sujet central notamment dans le cadre des élections présidentielles et suite à l’accident nucléaire survenu au Japon. « Je voulais interpeller les autorités sur la sécurité des centrales après Fukushima », a déclaré Julien André, qui avait pénétré dans la centrale de Cruas, dénonçant du même coup « le risque d’intrusion terroriste et d’actes de malveillance ».

Son compagnon Vincent Roquelore ajoute positivement : « On a testé le temps pendant lequel n’importe qui pouvait entrer dans la centrale avant de se faire interpeller et on considère que ça a réussi, car onze jours après, la sécurité a été étendue, le gouvernement nous a donné raison ».

  • Avis Sequovia

L’objectif de dénonciation a donc bel et bien été atteint. Les actions engagées par les activistes ont permis de démontrer la nécessité de repenser la sécurité des centrales nucléaires, et peut-être d’ouvrir un peu plus la brèche en direction de solutions autres que l’énergie atomique en France.

Le nucléaire est désormais un des thèmes principaux des présidentielles, qui divise les candidats. Cependant, il l’est plus souvent pour son caractère polémique que grâce à la compréhension du réel enjeu que représentent les énergies renouvelables. N’oublions pas que le pays est en train de prendre du retard sur certains pays voisins, notamment l’Allemagne qui ouvre la voie en la matière, avec des engagements beaucoup plus stricts du gouvernement vers des solutions alternatives dites vertes.

Greenpeace défend actuellement dans le cadre d’une tournée dans toutes les grandes villes de France une transition de l’énergie vers un modèle durable et respectueux de l’environnement, l’objectif étant d’interpeller les candidats sur les énergies renouvelables.


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