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Les enjeux de l’approvisionnement en métaux rares

L’approvisionnement en métaux rares, nécessaires aux technologies de pointe, est un enjeu important pour l’Europe qui ne produit que 3% des ressources mondiales en terres rares.  De nouveaux accords commerciaux sont donc conclus, et les réserves inexploitées de métaux rares dans les eaux sous-marines attisent les convoitises.

 

  • L’importance stratégique des terres rares

Les terres rares sont des métaux dits « stratégiques » ou « critiques » qui comprennent le cobalt, le tantale ou le nobium. Ces métaux sont utilisés pour les secteurs de l’aéronautique, de l’armement ou encore pour la fabrication d’équipements modernes (radars, pots catalytiques, téléphones portables, MP3, batteries de véhicules électriques, panneaux solaires, éoliennes…)

L’Union Européenne consomme 20% des ressources mondiales en terres rares, mais n’en produit que 3%. Le principal exportateur est la Chine, qui produit 95% des terres rares utilisées dans le monde. Ses réserves sont estimées à 60 millions de tonnes par les services statistiques du ministère des ressources naturelles, ce sont les plus grosses réserves connues.

Pour l’Union Européenne, l’enjeu de ces métaux est important puisque «30 millions d’emplois dépendent du secteur des matières premières minérales» selon Jose-Manuel Barroso, président de la Commission Européenne. La stratégie de l’Union Européenne est donc de développer de nouveaux accords commerciaux par le biais de l’OMC pour sécuriser l’accès à ces matières premières. Cette stratégie consiste également à encourager l’approvisionnement dans les pays Européens et réduire la consommation de matières premières.

Le fait est que les grands pays exportateurs (comme la Chine, la Russie, l’Afrique du Sud, le Brésil, la Bolivie…) peuvent désormais imposer des mesures restrictives à l’exportation et revoir leurs accords d’investissement pour qu’ils soient plus en ligne avec leurs objectifs de développement.

Mais les plus petits producteurs comme la RDC ou le Cameroun n’ont pas le même poids face aux exigences des pays Occidentaux, les accords avec ces pays ne sont donc pas forcément équitables. Pour cette raison, le Parlement Européen a voté en septembre dernier le rapport du député vert Reinhard Bütikofer sur «une stratégie efficace des matières premières pour l’Europe». En effet, selon le député, «l’accès pour l’UE à des matières premières sur les marchés internationaux de matières premières est indispensable, mais la diplomatie autour des matières premières ne doit pas ressembler à du néocolonialisme».

  • Exploitation des ressources minérales sous marines

L’un des moyens de sortir de la dépendance aux grands exportateurs serait d’exploiter les fonds marins, particulièrement riches en métaux rares.

Jusqu’à aujourd’hui, les difficultés techniques en freinaient l’exploitation, mais aujourd’hui la société Nautilus Minerals a prévu la première exploitation minière en Papouasie pour 2012, à 1 800 mètres de profondeur.

L’Europe et la France devront se positionner rapidement sur ce secteur, puisque cette nouvelle réserve de ressources attise les convoitises d’autres pays comme la Chine ou la Russie.

La France a déjà lancé en 2010 une campagne d’exploration des fonds marins de Wallis et Futuna dans le cadre d’un partenariat entre l’Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer), Areva et Technip. La France possède la deuxième plus grande  ZEE (zone économique exclusive) après les Etats-Unis. Une ZEE est un espace maritime sur lequel un Etat côtier a des droits souverains pour l’exploitation des ressources. La ZEE s’étend jusqu’à 200 miles de ses côtes au maximum.

De plus, depuis 2003, 22 millions d’Euros ont été investis par la France pour accroître son emprise sur les fonds marins. Nathalie Kosciusko-Morizet a confirmé le 30 novembre dernier  la volonté de la France de se lancer dans la course à l’exploration avec une première demande de permis d’exploitation dans l’Atlantique.

  • Avis Sequovia

La biodiversité sous marine est encore peu connue à ce jour, et les impacts environnementaux de son exploitation sont encore peu exposés. En effet, plus de 6 millions d’espèces sous-marines seraient encore inconnues à ce jour, dont la survie dépend des activités volcanique et tectonique. Mais le temps presse et l’environnement et les écosystèmes marins risquent de faire les frais de cette « ruée vers l’or ».

Une autre voie possible, bien que secondaire, serait le recyclage des éoliennes offshore en fin de vie. En effet, cela pourrait permettre de récupérer des quantités de néodyme quasiment intactes, un métal dit « critique » mais indispensable à la fabrication de ces éoliennes.

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