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Reprise critiquée de la pêche à la baleine par le Japon

Le Japon, qui souffre encore des dégâts causés par la catastrophe de Fukushima, a décidé de reprendre sa campagne de pêche à la baleine en Antarctique, sous couvert de recherche scientifique. Cela provoque l’indignation des associations de défense de l’environnement mais aussi de plusieurs Etats comme les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande, l’Australie et la France. D’autant que les nouvelles flottes de baleiniers sont financées par les fonds destinés à la reconstruction suite au tsunami.

  • Reprise de la pêche à la baleine en Antarctique

Le Japon a décidé de reprendre la saison de la pêche à la baleine en Antarctique, malgré le moratoire de la Commission Baleinière Internationale (CBI) qui condamne la chasse commerciale depuis 1986. L’an dernier, l’association Sea Sheperd avait exercé des pressions sur le Japon, ce qui avait écourté sa campagne de chasse. En effet, cette association lutte chaque année pour empêcher les baleiniers de mener à bien leurs campagnes, ce qui leur a valu une plainte déposée par le gouvernement japonais.

Sans compter que les espèces touchées par la pêche concernent aussi des espèces menacées comme la baleine franche, la baleine à bosse, le rorqual commun et la grande baleine bleue.

Mais cette année, la chasse est encadrée par des gardes côtes pour assurer la sécurité contre les militants. De plus, le Japon justifie cette campagne par un soi-disant intérêt scientifique. En effet, il argue que cette campagne est nécessaire à des fins scientifiques et non commerciales, car les scientifiques auraient besoin de cadavres de ces animaux pour les étudier. C’est pour cette raison qu’elle est tolérée par la CBI.

Selon le quotidien Le Monde, ce serait l’enveloppe allouée à la reconstruction des zones sinistrées par le tsunami qui servirait à financer cette campagne, pour reconstruire la flotte de navires. Ce montant s’élèverait à plus de 21 millions d’Euros. Ces fonds étaient destinés aux victimes, et une partie provient même de dons internationaux. Pour se justifier, Michihiko Kano, ministre de l’agriculture et de la pêche, déclare que la ville la plus touchée par le tsunami a historiquement une tradition baleinière.

  • Indignation des ONG et de plusieurs Etats

Plusieurs associations, et en particulier Greenpeace Japan, ont adressé une lettre aux autorités en ces termes : «Ne gaspillez pas l’argent du contribuable dans un programme de chasse à la baleine mais dépensez le plutôt dans des projets qui aident réellement les populations touchées par le tremblement de terre, le tsunami et la crise nucléaire».

Plusieurs Etats, comme les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande et l’Australie ont aussi fait part de leur indignation. Dans une déclaration commune prise en charge par le département d’Etat Américain, ils déclarent : «Nous continuons à être résolument opposés à la chasse à la baleine, y compris la prétendue chasse scientifique».

La France a rejoint quelques jours plus tard ces 4 pays pour condamner la pêche à la baleine japonaise et appelle le Japon à renoncer à sa campagne annuelle. Comme les autres pays, le ministère des Affaires Etrangères estiment que l’argument scientifique ne sert qu’à déguiser une pêche commerciale. Il précise : «Cette pratique de chasse scientifique intervient en dehors du contrôle de la Commission Baleinière Internationale et la majorité des recherches modernes peuvent se conduire sans la mise à mort des cétacés».

Pour rappel, l’Australie avait saisi en juin 2010 la Cour Internationale de Justice (CIJ) car elle estimait que la Japon violait ses «obligations internationales» en pratiquant la pêche à la baleine. La CIJ devrait rendre son verdict courant 2013.

  • Les contradictions de la Commission Baleinière Internationale

La CBI a été créée en 1946 par la Commission de Washington pour assurer la survie des cétacés. En 1986, elle adopte un moratoire qui condamne la chasse d’une dizaine d’espèces de baleines à des fins commerciales.

Mais ce moratoire présente de nombreuses contradictions puisque le Japon peut continuer ses campagnes de chasse annuelles sous un prétexte scientifique, et une chasse dite « de substance » est tolérée en Alaska ou en Sibérie. De plus, les pays membres peuvent émettre des «objections» et ainsi ne plus être lié à l’institution, comme c’est le cas pour la Norvège.

Le lobby des pays favorables à la chasse est extrêmement actif, il représente environ 50% des pays membres et exerce de nombreuses pressions. En juillet 2011, la dernière réunion sur l’île de Jersey a donné tort aux pro-baleiniers, mais rien ne garantit qu’ils ne réussissent pas à atteindre en 2012 le nombre de voix nécessaires pour la levée du moratoire.

  • Avis Sequovia

Le Japon reprend sa campagne de chasse annuelle sous couvert de recherches scientifiques, au mépris des lois internationales, de l’indignation des Etats et du respect de la biodiversité marine puisque plusieurs des espèces visées sont des espèces menacées. Le problème vient aussi des contradictions de la Commission Internationale Baleinière et il est urgent de repenser ses principes et de mettre en place un moratoire international plus contraignant, comme le souhaitent les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande, L’Australie et la France. 

Le fait que la Japon utilise les fonds destinés aux victimes du tsunami pour réarmer sa flotte de baleiniers est tout aussi condamnable, d’autant que l’industrie de la pêche à la baleine au Japon est déficitaire. Il reste encore des citoyens japonais qui attendent d’être relogés suite au tsunami, et ce détournement des fonds risque de faire hésiter les éventuels futurs donateurs.

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