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Les nouvelles orientations de la PAC décevantes

La Commission Européenne a dévoilé le 12 octobre dernier ses propositions de réforme pour la PAC (Politique Agricole Commune) 2014-2020. Dans un communiqué de presse, WWF (organisation mondiale de protection de l’environnement) exprime son regret sur le fait que ces propositions ne vont pas dans le sens d’une agriculture durable. Ceci arrive en même temps qu’une étude du ministère de l’agriculture sur le coût de la pollution agricole en France, qui sera répercuté sur la facture d’eau des français.

  • Les réformes de la PAC 2014-2020 ne prennent pas le virage escompté

La Commission européenne a dévoilé aujourd’hui ses propositions de réforme pour la PAC 2014-2020. Le verdissement annoncé par le Commissaire Ciolos ne permettra pas de réorienter l’agriculture européenne vers une agriculture durable. Ce sont 372 milliards d’euros qui risquent d’aller en grande partie vers l’agriculture intensive.

 La Commission a cédé notamment aux pressions du syndicat majoritaire, de l’industrie de l’agro-chimie et d’Etats membres parmi lesquels la France, « très prudente sur le verdissement » comme l’a clamé François Fillon le 2 septembre dernier.

Les mesures de verdissement proposées, largement influencées par la France, sont très affaiblies par rapport à l’ambition initiale du Commissaire Ciolos. Pour la France, ces mesures de « verdissement » sont déjà quasiment toutes obligatoires ou l’auraient été en 2013. « Il s’agit donc d’un véritable recyclage de mesures existantes, rebaptisé verdissement, qui va permettre de continuer à verser des aides aux systèmes les plus intensifs sans inciter à une réorientation vers des pratiques plus durables. Avec les conséquences que l’on connaît sur l’environnement » explique Serge Orru, Directeur général du WWF France.

Autre signe qu’un virage en faveur d’une agriculture durable n’a pas été pris : les fonds consacrés au développement rural et au sein de celui-ci, aux mesures en faveur de l’environnement, n’ont pas été accrus.  Ils sont pourtant essentiels pour promouvoir une agriculture durable. 

  • Une étude du ministère de l’écologie dévoile le coût des pollutions agricoles en France

Une étude du ministère de l’Ecologie vient de chiffrer le coût des pollutions dues aux excédents de nitrates et pesticides. Elle montre combien les Français mettent deux fois la main à la poche : une première fois via leur feuille d’impôt, avec 10 milliards d’euros de soutiens directs à des agriculteurs ayant souvent des pratiques à fort impact sur l’environnement, et une deuxième fois via leur facture d’eau, avec un surcoût lié au traitement des nitrates et pesticides compris s’élevant entre 7 et 12% de la facture. 

Comme l’ont dénoncé la Cour des Comptes et le Conseil d’Etat, la politique agricole actuelle érige en système le principe du pollueur-payé.

  • Nécessité de faire évoluer les pratiques agricoles

Le chiffrage total du coût des pollutions agricoles établi par le ministère est faramineux : un minimum de 522 milliards d’euros rien que pour décontaminer les eaux souterraines. « Cette étude montre clairement que les Etats n’ont pas les moyens de faire face au coût de la dépollution et qu’il est donc plus qu’urgent de faire cesser les pratiques polluantes. Et encore plus de mettre un terme à cette aberration qui consiste à soutenir aveuglément les agriculteurs sans distinguer entre ceux qui ont des pratiques bénéfiques pour l’environnement et ceux qui ont des pratiques dommageables », analyse Isabelle Laudon, responsable des politiques européennes au WWF France.

« En ces temps d’austérité budgétaire, les propositions de la Commission européenne vont contribuer à alourdir la facture pour les générations présentes et futures sans aider les agriculteurs ayant des pratiques intensives à réorienter leurs pratiques. Elles font preuve d’une grave irresponsabilité face aux défis écologiques et économiques auxquels nous sommes confrontés » conclut Isabelle Autissier, Présidente du WWF France. Il revient maintenant aux Etats membres et au Parlement européen d’améliorer cette proposition notamment en renforçant les critères du verdissement.

  • Avis Sequovia

L’étude du ministère de l’écologie tombe à point nommé pour faire prendre conscience du coût engendré par l’agriculture intensive. L’augmentation de la facture d’eau des ménages français, surtout dans les localités les plus polluées, pourrait être faramineuse en répercussion des coûts de dépollution pour les services d’eau et d’assainissement.

Cette pollution massive est due à l’utilisation abusive de nitrates et de pesticides dans l’agriculture. Il est donc urgent de changer les pratiques françaises,  le France étant déjà le mauvais élève de l’Europe en termes de pollution de l’eau (notamment avec la prolifération des algues vertes). L’outil réglementaire pourrait être un bon levier pour faire changer les pratiques, dans un premier temps.

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Lise Développement durable, Environnement, Pollution de l'air et du sol , , , , , , , , , , , , ,

  1. 14/10/2011 à 20:33 | #1

    On s’enfonce dans un système qui à moyen terme sera destructeur. Il est facile de céder aux sollicitations des lobby.Mais plus on laisse la terre se dégrader, l’eau se polluer plus on aura de mal à faire marche arrière.
    Que tous les professionnels concernés acceptent de discuter de programmes à moyen et long termes de diminution de l’utilisation des nitrates, phosphates, pesticides…la baisse des rendements peut être compensée par la solidarité nationale et européenne. La facture asainissement de 54 milliards d’euros annuels pour l’élimination des nitrates et pestiicdes en sera dimunuée rapidement. ajoutons à celle-là le coût des algues vertes…
    A défaut d’accord consensuel il faudra légiférer dans la douleur.
    Les députés qui acceptent d’augmenter l’épandage poussent au crime et ne voient que le côté électoraliste de leur posoition et cela est trés grave.

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