Disney se met au vert

Le groupe Euro Disney, en partenariat avec Dalkia, prévoit de réutiliser la chaleur d’un data center de Val d’Europe pour alimenter en chauffage et en eau chaude les bureaux aux alentours et économiser l’émission de 5 400 tonnes de CO2 par an. Ce procédé, qui existe depuis plusieurs années déjà, est une première en France.

  • Les data centers, de vraies pompes à énergie

Les data centers (ou centres de traitement de données) sont les grandes salles où sont hébergés les serveurs informatiques des entreprises et où sont traitées les données. On compte plus de 2 000 data centers dans le monde, dont une centaine en France et 37 en Ile de France.

Pour fonctionner, ces serveurs sont particulièrement énergivores et dégagent une chaleur telle qu’un système de refroidissement doit être mis en place, et la chaleur dégagée est relâchée à l’air libre sans être réutilisée.

A titre d’exemple, selon une publication de la revue Environmental Leader, Google utiliserait plus d’énergie pour alimenter ses data centers que la ville de Salt Lake City (soit 260 mégawatts en 2010). Les data centers à eux seuls utiliseraient actuellement entre 1,1 et 1,5% de l’électricité mondiale.

  • Initiative du groupe Euro Disney

En partenariat avec Dalkia (filiale de Véolia Environnement et d’EDF, fortement impliquée dans les énergies renouvelables), le groupe Euro Disney a décidé d’utiliser l’énergie d’un immense data center de Val d’Europe, parc d’activité regroupant plus de 1 700 entreprises et dont le développement est assuré par Euro Disney. Ce projet devrait être opérationnel d’ici la fin 2011.

La chaleur dégagée par le système de refroidissement du data center de 8 000 m2 sera utilisée pour chauffer l’eau des tuyaux de chauffage des bâtiments aux alentours reliés au réseau Dalkia, pour alimenter 600 000 m2 de bureaux sur 180 hectares, le long de l’autoroute.

Ce procédé pourra aussi fournir de l’eau chaude à ces bâtiments, et même éventuellement à la piscine communale. Il devrait même, selon Dalkia, éviter l’émission de 5 400 tonnes de CO2 chaque année.

  • D’autres exemples Européens

Dans le reste de l’Europe, d’autres initiatives du même type avaient déjà vu le jour.

Par exemple, en Suisse, un data center d’IBM est utilisé depuis 2008 pour chauffer une piscine municipale. La ville a pris en charge une partie de l’investissement pour les équipements techniques, mais peut en contrepartie utiliser gratuitement la chaleur générée par le processus. Cette récupération d’énergie équivaut à une économie de 130 tonnes de CO2 (soit à peu près l’équivalent de 800 000 km parcourus par une voiture standard).

A Helsinki, un data center appartenant à Atos permet d’alimenter 2 000 foyers en chauffage, en collaboration avec la société finlandaise Academia Oy. En effet, la Finlande est un pays attractif pour les data centers, notamment grâce à son climat et à son avance technologique en matière de cloud computing. Cette innovation a valu à Academia Oy la récompense de l’ « Institute Green Enterprise IT » en 2010.

  • Avis Sequovia

Ce projet, qui demande certes un gros investissement devrait être rentable pour tout le monde (y compris le contribuable, qui pourrait ainsi éviter le paiement de la future taxe carbone) et montre que la France peut aussi se lancer dans le Green IT, tout comme ses voisins Européens. De plus, l’économie de 5 400 tonnes de CO2 rejetés dans l’atmosphère par an est loin d’être négligeable, et cette initiative pourrait bien redorer l’image du groupe Euro Disney qui a pu subir par le passé de la mauvaise publicité.

Le procédé de réutilisation de la chaleur des data centers, qui existe déjà depuis quelques années, tend à être repris par plusieurs grandes entreprises dans le monde et pourrait bien se généraliser puisque les data centers ne sont pas prêts de disparaître.

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