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Les pompiers New-Yorkais toujours victimes du 11 Septembre

10 ans après les attentats du 11 septembre, une étude démontre que les pompiers ayant travaillé sur le site de Ground Zero ont plus de chances de développer un cancer, à cause du nuage toxique qui s’est formé après l’effondrement des tours jumelles et qui contient des substances hautement cancérigènes. Le risque ne concerne pas uniquement les pompiers mais aussi tous ceux qui ont travaillé sur le site, ainsi que les New-Yorkais résidant dans les environs de la catastrophe. Pourtant, le 9/11 Health Program ne couvre pas la prise en charge médicale des cas de cancer.

  • 10 ans après, les victimes collatérales du 11/09

10 ans après les attentats du 11 septembre, il y a toujours des retombées de la catastrophe sur les New-Yorkais, et en particulier sur les travailleurs de Ground Zero.

En effet, l’effondrement des tours jumelles, au-delà des 3 000 victimes « directes », a provoqué la formation d’un nuage toxique de composés organiques volatils (COV) hautement cancérigènes: amiante, cuivre, fer, fibre de verre, mercure, plomb, souffre, zinc et benzène (issu du carburant des avions) en grande quantité et sous formes de particules très fines.

Ce nuage toxique aurait provoqué des troubles respiratoires chroniques et même une augmentation des cas de cancer (selon les médecins). En effet, la finesse des particules facilite leur transport dans les poumons et le système sanguin. L’erreur qu’a faite Rudolf Giuliani (l’ancien maire de New York) a été de mettre en place des mesures pour repeupler les zones désertées par les attentats sans effectuer au préalable de mesures de décontamination.

Des compensations financières qui se sont fait attendre

Il a fallu attendre 9 ans pour que les autorités commencent à s’inquiéter des retombées des attentats du 11/09, puisque jusqu’à présent ces risques avait été passés sous silence.

L’année dernière seulement, le congrès a adopté le « James Zadroga 9/11 Health and Compensation Act » qui a été ratifié par Barack Obama le 02 Janvier 2011. Il s’agit de la création d’un fond de compensation de 4,3 milliards de dollars, mais qui ne couvre pas les cas de cancer puisque le « National Institute for Occupational Safety and Health » n’a établi aucune connexion entre l’exposition aux poussières toxiques et les risques d’occurrence d’un cancer.

La municipalité a elle aussi mis du temps à réagir, puisque ce n’est que le 19 Novembre de l’année dernière qu’un accord a été établi avec les 10 043 ouvriers, pompiers et policiers ayant travaillé sur le site de Ground Zero et ayant porté plainte suite à de graves problèmes de santé. La majorité a accepté la compensation financière proposée, qui s’élève au total à 712 millions de dollars.

Lien entre la poussière toxique et les cas de cancer chez les pompiers New-Yorkais

Une étude publiée dans la revue scientifique Lancet et reprise dans le magasine Time Healthland a montré que les pompiers New-Yorkais ayant travaillé sur le site de Ground Zero ont 19 à 21% plus de chances que les autres de développer un cancer.  Lancet précise qu’il s’agit de la première étude sur le sujet du lien entre la poussière toxique et les éventuels cas de cancer.

Pour mener cette étude, les experts ont analysé l’état de santé de 9 000 pompiers, et 263 cas de cancer ont été identifiés chez les pompiers ayant travaillé sur le site, contre 153 cas pour les autres. Une forte augmentation de cas de cancers serait apparue dans les 7 premières années qui ont suivi la catastrophe.

Certains experts contestent ces résultats en arguant qu’ils ne sont pas statistiquement significatifs compte tenu du nombre d’individus étudiés. Le Dr David Prezant, chef de projet sur cette étude et Directeur médical du FDNY (Fire Department New-York city) a quant à lui déclaré sur CNN que les résultats étaient bel et bien significatifs et que les cas de cancers ayant pu être déjà présents avant les attentats ont été pris en compte, ce qui laisse un pourcentage de 19% d’augmentation des cas pour les pompiers ayant été exposés, ce qui est même supérieur à ce que l’équipe d’experts ayant travaillé sur l’étude prévoyait, surtout dans les 7 premières années qui ont suivi la catastrophe.

Il a ajouté que des recherches à plus long-terme sur les effets de la catastrophe étaient nécessaires, ces résultats n’étant que préliminaires et ne concernant que les pompiers. Ce ne sera donc probablement pas cette étude qui décidera l’administration à inclure le traitement des cancers dans le 9/11 Health Program.

Mais selon le Dr James M. Melius, directeur du « New-York State Laborers’ Health Fund » et l’un des principaux défenseurs des travailleurs de Ground Zero ayant eu des problèmes de santé, même si les résultats de l’étude ne sont pas encore concluants, ils montrent quand même une possibilité de risques suffisamment importante aux Etats-Unis pour que l’administration doivent s’y intéresser. C’est en tout cas ce qu’espèrent les avocats des travailleurs de Ground Zero.

Avis Sequovia

Le développement d’un cancer suite à l’exposition à une substance cancérigène peut prendre plusieurs années, voire des décennies. Dans ce cas, il va falloir encore attendre pour connaître les réelles retombées de cette poussière toxique sur la santé.

Mais faut-il attendre d’avoir des preuves tangibles des effets de cette poussière (ce qui peut potentiellement prendre entre 20 et 30 ans) pour indemniser les victimes ?

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