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EDF investit dans la première hydrolienne

Après plusieurs années de recherche et développement, l’hydrolienne d’EDF s’apprête à être immergée en France, au large des Côtes d’Armor. Une première mondiale. Cette nouvelle technologie prometteuse, pour l’instant à l’essai, devrait pouvoir alimenter en électricité entre 2000 et 3000 foyers d’ici l’automne 2012 avec le raccordement au réseau du premier parc hydrolien.

  • L’utilisation des courants marins comme source d’énergie

L’utilisation de la puissance de la marée pour créer de l’énergie ne date pas d’hier. En effet, l’usine marémotrice de la Rance, toujours en activité, a été construite en 1963 et raccordée au réseau EDF depuis 1967. Elle continue de fournir 3% de la consommation d’électricité de la Bretagne (ce qui correspond à 60% de la production d’électricité de la région).

Concernant le fonctionnement des hydroliennes, tout comme l’éolienne utilise l’énergie cinétique du vent pour fonctionner, l’hydrolienne utilise l’énergie cinétique des courants marins et transforme l’énergie hydraulique en énergie mécanique puis en énergie électrique grâce à un transformateur. Elles peuvent être implantées à 15 km des côtes à une profondeur allant de 35 à 100 mètres, ce qui n’empêche donc pas les activités de surface.

Il est donc nécessaire de les placer dans des zones de forts courants marins, avec une vitesse de courant de plus d’1 mètre par seconde. A titre d’exemple, avec une vitesse de courant de 2,5 mètres par seconde, une tour hydrolienne de 25 mètres peut produire une puissance de l’ordre de 500 kW (soit l’équivalent d’une éolienne terrestre de 43 mètres de diamètre exposée à un vent de 40 km/h.)

On peut noter certains avantages par rapport aux éoliennes, comme le fait qu’elles soient beaucoup plus petites (cela étant du à la masse volumique de l’eau supérieure à celle de l’air), et que les courants marins sont très facilement prévisibles, contrairement aux vents, puisqu’ils dépendent des cycles lunaires. Par contre, il faut prendre en compte dans leur conception les conditions hostiles d’un milieu sous-marin telles que l’érosion, la houle, les courants et les algues qui poussent sur les pales.

  • Immersion de la première hydrolienne pour EDF

La première turbine sous marine s’apprête à être immergée au large des côtes d’Armor pour une période d’essai, après plusieurs années de développement. A terme, le parc devra compter 4 hydroliennes qui seront raccordées au réseau EDF à l’automne 2012 et pourront alimenter en électricité environ 2 000 à 3 000 foyers.

Elle mesure 16 mètres de large, 21 mètres de hauteur et pèse 1 000 tonnes, pour une puissance nominale de 0,5 mégawatts. Elle doit être posée par 35 mètres de fond et dispose d’une turbine de 16 mètres de diamètre. 

L’hydrolienne a été conçue par l’entreprise irlandaise OpenHydro, dont le constructeur naval DCNS (qui a procédé à l’assemblage) est l’un des actionnaires. EDF a investit 40 millions d’Euros dans le projet et espère le démarrage d’une filière industrielle prometteuse. D’ailleurs, DCNS compte beaucoup sur cette expérience pour devenir l’un des leaders mondiaux sur le marché de la technologie hydrolienne.

  • Perspectives et enjeux de cette technologie

50 000 emplois pourraient être crées en France grâce à l’énergie hydraulique (dans la construction des turbines et dans la maintenance) et EDF estime un potentiel de production d’électricité hydrolienne pour la France compris entre 2,5 et 3,5 gigawatts, ce qui correspondrait à environ 3 à 4% de la production nationale d’électricité actuelle.

En effet, il existe peu de sites dans le monde dans lesquels les courants marins sont suffisamment puissants pour envisager l’installation de parcs d’hydroliennes : l’Etat de Washington (Etats-Unis), la baie de Fundy (Canada), le nord de l’Ecosse et la France (presqu’île du Cotentin et aux abords de l’île d’Ouessant).

L’enjeu majeur est d’arriver à un coût de production proche de celui de l’éolien offshore (entre 160 et 185 euros le MWh), ce qui n’est pas encore le cas puisque le prix de l’hydrolien est encore loin d’être compétitif, tout en vérifiant la résistance des matériaux aux conditions hostiles du milieu marin.

De plus, la durée de vie des hydroliennes est encore méconnue. Ces installations doivent toutefois pouvoir durer entre 20 et 30 ans pour être rentables.

  • Avis Sequovia

Malgré des enjeux en termes de rentabilité et de conception des matériaux, l’immersion de cette première hydrolienne est une excellente nouvelle pour la recherche d’énergies renouvelables.

En effet, les avantages qu’offre cette technologie par rapport à l’énergie éolienne ne sont pas négligeables, et elle pourrait, à terme, fournir une bonne partie de la production d’électricité en France, qui est l’un des rares pays à pouvoir prétendre utiliser la puissance des courants marins comme source d’énergie.

Un bon point pour EDF donc, qui se place en précurseur dans ce domaine. Il faudra maintenant attendre l’automne 2012 et le raccordement au réseau pour évaluer le réel potentiel de ce premier parc hydrolien.

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