Le développement durable change nos habitudes

habitudesOn entend sans cesse parler du développement durable, des bonnes pratiques à adopter, mais  l’idée de faire des efforts pour changer nos habitudes peut parfois nous freiner. Jusqu’à quel point les français sont ils prêts à changer leurs pratiques pour un développement durable ? Le Crédoc a publié ce mois-ci un rapport intitulé Environnement : des bonnes intentions aux bonnes pratiques, il identifie les changements des comportements des français et analyse les motivations de ce changement.

  • L’étude du Crédoc

Pour réaliser ce rapport, le Crédoc, Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de vie, a rassemblé de nombreuses données, collectées depuis une quinzaine d’années, ce qui permet de voir une réelle évolution.

Conscient qu’en matière de comportement, les réponses des sondés pouvaient être enjolivées pour correspondre aux attentes de la société ou même à ce que le sondés aimerait faire et non pas à ce qu’il fait réellement, le crédoc a fait une estimation de ce biais éventuel et considère que seulement 13% des sondés ont répondu dans le souci de donner une bonne image d’eux même.

Le Credoc met ainsi en avant quatre domaines pour lesquels la mentalité a changé : le rapport à l’eau, le rapport à la voiture, la réparation et la réutilisation ainsi que la consommation de produits biologiques.

  • Economisons l’eau

Économiser l’eau en éteignant le robinet lorsque l’on se brosse les dents et en prenant des douches plutôt que des bains, voici l’une des premières bonnes pratiques que l’on a cherché a faire entrer dans les habitudes des français, et visiblement, cela a marché. « 66 % des Français font aujourd’hui attention à fermer le robinet pour éviter le gaspillage inutile ; ils n’étaient qu’une courte majorité il y a quinze ans ». Et les effets bénéfiques se font sentir, puisque la consommation d’eau par les particuliers a effectivement diminué de 3% entre 1995 et 2007 alors que la population française a augmenté de 7%.

Ces économies ne sont plus principalement motivées par la volonté de faire des économies financières mais réellement dans un souci de préserver cette ressource.

  • Roulons moins

Le rapport à la voiture aussi a changé, autrefois indispensable pour signifier son niveau social, elle n’a plus la même valeur aujourd’hui. Les nouvelles générations utilisent en effet de moins en moins ce moyen de transport : « seuls 59 % des 18-24 ans disposent aujourd’hui d’une voiture, contre 74 % il y a vingt ans ». En outre, les automobilistes ont tendance à laisser plus souvent leur voiture au garage.

Cette tendance s’explique évidemment en grande partie par la hausse des prix des carburants mais  « une étude de l’INSEE montre qu’une amélioration du maillage territorial et une diminution des prix des transports en commun constitueraient le premier levier de l’abandon de la voiture ». Or « 87 % des Français disposent aujourd’hui d’au moins un accès de transport en commun à moins de 10 minutes de chez eux, contre 78 % il y a dix ans ».

  • Trions et réutilisons

Les français ont également changé leur rapport aux objets, ils font plus attention aux déchets qu’occasionnent leurs achats,  et d’après l’ADEME, 63% cherchent à prolonger la durée de vie de leurs appareils électroménagers en les faisant réparer plutôt que d’en changer(contre 52% en 2005). Par ailleurs, l’achat et la vente d’occasion se développent et le tri et le recyclage s’installent doucement dans les habitudes. « Les ordures ménagères imputables aux ménages, qui ne cessaient de progresser depuis les années soixante, sont en légère baisse depuis 2003, passant de 359 kg par personne en 2002 à 354 en 2006 ».

  • Mangeons bio et devenons consommacteurs

C’est le bio qui bénéficie le plus du changement des comportements des français, sa consommation a très fortement augmenté ces dernières années. Il n’est plus réservé à une minorité aisée et très engagée mais se démocratise d’après le Crédoc. Ici, ce n’est pas seulement la protection de l’environnement qui motive mais aussi le gout et la santé.

Les français prennent aussi conscience de leur pouvoir et se mettent de plus en plus à boycotter des produits : « en 2010, 33 % des Français disent avoir au moins une fois boycotté certains produits ; la proportion n’était que de 26 % en 2002 ». Les Français sont aussi de plus en plus sensibilisés et méfiants vis-à-vis du green washing.

  • Avis Sequovia

Ce rapport du Credoc permet d’avoir des chiffres et de prendre conscience de la mesure du changement qu’entraine la vague du développement durable. On voit dans ce rapport que la population change peu à peu ses habitudes et sa consommation, non plus seulement pour faire des économies financières mais surtout par souci de l’environnement. Et ce souci de l’environnement est suivi de faits. Bien sûr, il reste beaucoup à faire, notamment en matière de consommation d’énergie, de logement et de chauffage.

Les générations à venir devraient avoir de moins en moins de mal à adopter les bonnes pratiques puisqu’elles leurs sont enseignées dès leur plus jeune âge, et l’intégration des sujets du développement durable dans les programmes scolaires devrait accentuer cette tendance.

Ce rapport va conforter les nombreuses entreprises qui ont fait le choix d’investir et de s’engager dans l’économie verte et espérons-le, en inciter d’autres à faire de même. Il faudra aussi faire preuve de transparence car les consommateurs sont de plus en plus informés et sensibilisés sur le sujet du développement durable. Il existe même désormais des cours pour apprendre à faire ses courses de façon éco responsable et avoir des repères pour ne plus tomber dans le piège du green washing.

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  1. MORAND
    02/09/2011 à 06:49 | #1

    Bonjour à tous,

    Cet article montre surtout que le comportement individuel peut changer en effet, sous l’effet de « martelage » mediatico politique, et sur de nombreuses années. La question à se poser est: ces gestes et pratiques sont ils le reflets d’une prise de conscience, pour participer à un changement collectif, ou un effet de mode correspondant à un comportement « socialement correct », qui se conjugue avec des économies financières?

    Le développement durable ne se résume pas à des « petits » gestes de chacun, et ne se limite pas à l’environnement. C’est une philosophie politique qui pense globalement, et avant tout pour l’humanité. Ainsi, les enjeux sont d’une toute autre nature que de simples gestes de Monsieur tout le monde, ce qui n’exclut pas le mérite de l’étude.

  2. 02/09/2011 à 07:10 | #2

    Bonne nouvelle pour l’environnement et l’économie mais qu’en est-il du 3e pilier du développement durable : la partie sociale ? Est-ce que les citoyens français s’investissent plus dans des missions humanitaires, bénévolat local, actions de solidarité, dons …? Est-ce que les entreprises intègrent cette dimension dans leur politique de développement durable pour améliorer la qualité de vie au travail et leur performance ? Il serait intéressant d’avoir une étude chiffrée sur la question

  3. dominique RICHARD
    04/09/2011 à 19:01 | #3

    RE à MORAND:
    bonjour,
    probablement que le D.D est un effet de mode et … tant mieux! Si le fait de suivre une mode bien pensante fait avancer les choses, on ne peut pas en vouloir à celui qui n’a peut-être pas eu la culture pour se poser des questions fondamentales sur sa façon de mener sa vie.
    Les gestes acquis durant cette « mode verte » resteront peut-être « automatiques si non réfléchis?
    Je suis tout à fait d’accord pour dire que le D.D est une véritable philosophie qui remet en cause l’économie actuellement menée au niveau mondial et qui passe par de nouveaux paradigmes, « penser global et démontrer local ».Et si la démonstration devient modèle pour l’entourage, c’est énorme!

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