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L’invasion des algues vertes

Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé mardi la fermeture de toutes les plages envahies par les algues vertes et ne pouvant pas être nettoyées dans les 24h suivant l’arrivée d’algues fraîches, soit une cinquantaine. Une décision qui fait suite à la mort de 36 sangliers sur les côtes de Saint Brieux, une mort due à l’hydrogène sulfuré dégagé lors de la décomposition des algues.

  • Le ramassage des algues

L’hydrogène sulfuré (H2S) émis par les algues vertes qui envahissent de trop nombreuses plages bretonnes a déjà causé la mort de nombreux animaux dont un cheval l’an dernier et près d’une quarantaine de sangliers cette année, sans compter le décès d’un homme chargé de transporter les algues ramassées dont les circonstances de la mort n’ont pas été clairement établies. Le plan Algues Vertes décidé en 2010 prévoyait pourtant le ramassage systématique des algues sur les plages envahies dans les 24h suivant leur arrivée, car les algues vertes ne sont pas nocives lorsqu’elles sont fraîches mais le deviennent en se décomposant. Aujourd’hui, le ramassage des algues est remis au goût du jour et devra être respecté avec plus de fermeté à condition que la décision soit bien évidemment suivie d’effets. La collecte doit être réalisée par du personnel formé des collectivités territoriales ou d’entreprises privées, en respectant des règles de sécurité (CQFD, l’opération n’est donc pas sans risque !). Une fois collectées, les algues sont traitées sur des plateformes de compostage confiné… mais il faudra attendre 2012 pour que la construction de 6 nouvelles structures permette de traiter la totalité des algues ramassées.

  • La fermeture des plages

Sur certaines plages touchées par les marées vertes, la collecte des algues n’est pas possible, car elles sont inaccessibles ou trop dangereuses pour les engins qui risqueraient l’envasement. D’après la décision annoncée mardi par Nathalie Kosciusko-Morizet, une cinquantaine de plages devront être fermées au public jusqu’à complet nettoyage. En revanche, rien ne pourra empêcher les animaux de s’y rendre. Rappelons que cette interdiction ne  touche qu’une minorité de plages bretonnes.

  • Les rejets azotés, cause de la prolifération des algues

Ces mesures, si elles peuvent empêcher que les  « marées vertes » ne passent de fléau environnemental à problème de santé publique, ne permettront pas de stopper la prolifération des algues car elles s’attaquent aux conséquences du problème et non à la cause. Or comme l’a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet, « ça fait 20 ou 30 ans que ça dure », «  il faut que ça s’arrête ». Pour cela il faut donc réduire les rejets azotés.

En effet, la prolifération des algues vertes est due à un taux bien trop élevé d’azote dans l’eau. Cet azote vient essentiellement des rejets azotés des élevages intensifs de porcs sur caillebotis, très présentes en Bretagne, notamment dans les Côtes d’Armor et en Finistère. L’épandage du lisier (provenant des déjections animales) en  est la cause.

Le plan Algues Vertes de 2010, en plus de prendre des mesures de ramassage des algues prévoyait la réduction des rejets azotés pour régler le problème à la source. 8 baies sont concernées par ce plan, mais à ce jour, seule la baie de Lannion l’a signé, et la baie de Saint Brieux devrait le signer en Septembre prochain. Chaque baie est libre de prendre les mesures adaptées à son territoire pour traiter le problème des algues vertes, et il n’est pas facile de trouver un terrain d’entente entre les collectivités, les riverains et les agriculteurs. Il n’est pas simple non plus de prendre des mesures trop drastiques pour limiter les rejets de nitrates venant des exploitations agricoles car cela nécessiterait un changement radical du système de production et risquerait donc de mettre à mal l’agriculture bretonne ; or le lobbying agroalimentaire est puissant dans ce domaine.

Les agriculteurs souhaitent d’ailleurs faire entendre qu’ils se sont démenés pour réduire de 20% les nitrates rejetés dans l’eau, et regrettent que leurs efforts ne soient pas pris en compte. D’ailleurs, pour protester contre les fortes accusations à leur égard et pour montrer que toutes les plages bretonnes ne sont pas dangereuses, la FDSEA 22 et la chambre de l’agriculture 22 ont décidé d’organiser vendredi prochain un tournoi de foot entre agriculteurs sur la plage de Morieux dans les Côtes d’Armor.

  • Avis Sequovia

20 ou 30 ans que cela dure selon Mme le Ministre. En fait cela en fait 40 et ce ne sont pas moins de 109 sites bretons qui sont aujourd’hui impactés par l’invasion verte. Il est inutile et il serait injuste de jeter  l’opprobre sur les agriculteurs et en particulier les éleveurs porcins confrontés à une dégringolade persistante de leurs revenus et qu’aucune incitation sérieuse ne leur a été proposée pour migrer vers une agriculture durable. Ceux qui ont transformé leur exploitation  pour un élevage sur litière de paille polluent moins et s’y retrouvent financièrement avec par ailleurs des bêtes mieux traitées. Les pouvoirs publics ont donc un rôle à jouer de même que les entreprises de l’agroalimentaire qui peuvent  faire le choix d’acheter responsable tout autant que les citoyens consommateurs.

Pour en savoir plus sur le sujet :

Etude de l’INRA de Rennes publié dans lafranceagricole.fr du 25/06/2010

La démarche de cohérence en production porcine publié par le réseau cohérence

L’impact environnemental de l’élevage porcin sur litière

Et plus généralement : www.leporc.com.

 

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  1. 25/10/2011 à 10:41 | #1

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