Nucléaire, la France maintient le cap

nucleaireAlors que l’industrie du nucléaire connaît une remise en cause profonde dans le monde, Nicolas Sarkozy a balayé toute remise en question du programme nucléaire français en annonçant un investissement de 1 milliard d’euros dans le cadre du programme « Investissement d’avenir ».        

 

  • Le plan Investissement d’avenir dans le « développement durable »

Le plan d’investissement prévoit 2,6 milliards d’euros pour les énergies renouvelables, 1 milliard d’euros pour le transport et l’urbanisme durable, 500 millions d’euros pour la rénovation énergétique des logements et… 1 milliard d’euros pour le nucléaire. Cet investissement pour le nucléaire servira à financer le réacteur 4ème génération (EPR) mais aussi pour renforcer les dispositifs de sécurité nucléaire.

Cette annonce affirme donc la position de la France quant au nucléaire :
 « Je n’ai pas l’intention de renoncer à ces avantages absolument considérables de l’économie française », car « on ne peut pas, parce qu’il y a eu un tsunami au Japon, considérer que l’on doit appliquer les mêmes règles dans des régions qui ne sont pas au bord de mer ».

  • La remise en cause du nucléaire dans le monde

Les perspectives étaient bonnes avant la catastrophe de Fukushima. En effet, les Etats Unis et différents pays d’Asie avaient des plans de modernisation et d’expansion du parc installé qui semblent aujourd’hui assez compromis. D’autres pays vont encore plus loin et annoncent leur retrait du nucléaire.

L’Allemagne (4ème économie mondiale et première européenne), par le biais du ministre de l’environnement  Norbert Röttgen, annonçait le 30 mai dernier, l’arrêt définitif de tout réacteur en 2022.

La Suisse, elle aussi, décide d’engager le pays vers la sortie du nucléaire d’ici 2034.

Enfin, en Italie, le futur du nucléaire semble assez compromis dans la mesure où 94% des votants ont rejeté la relance du nucléaire voulue par Silvio Berlusconi.

  • La France et le nucléaire

La France entretient une relation passionnée avec le nucléaire, à tel point qu’une analyse de son mix énergétique révèle que plus des ¾ de la capacité de production en service provient du nucléaire. Cette situation est unique dans le monde puisque la contribution relative au nucléaire y est au moins deux fois plus importante que dans n’importe quel autre pays développé.
Cette relation, née des premiers chocs pétroliers et de la crainte de la dépendance énergétique, a toujours su maintenir le cap malgré une opinion publique hostile suite à l’incident de Three Mile Island en 1979 et à la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Dans les années 2000, la tendance était à la renaissance du nucléaire, appuyée par l’envolée des matières premières (gaz et pétrole), le respect des engagements de gaz à effet de serre et la croissance des besoins énergétiques. La catastrophe de Fukushima a coupé court à son essor et de nombreux projets, notamment en Asie, sont sur la sellette.

Néanmoins, le nucléaire reste Le Fleuron de notre industrie. En effet, le groupe EDF a une masse salariale de près de 160 000 personnes. Quant à Areva emploie 48 000 employés sur les 5 continents du globe, pèse plus de 9 milliards d’euros et intervient dans l’intégralité du cycle de vie du nucléaire.

« Notre modèle, c’est  Nespresso : nous vendons les cafetières [les centrales], et le café qui va avec [l'uranium]. Et le café, c’est très rentable » déclarait Anne Lauvergeon, ancienne présidente du groupe.
Il est bon de relativiser, face à cette déclaration,  au vu des difficultés et des surcoûts engagés dans la construction des centrales EPR en France et en Finlande.

  • Les français et le nucléaire

La catastrophe de Fukushima sème un doute sur la légitimité de la force du nucléaire en France. Un indicateur de cette tendance est le sondage Ifop, réalisé au début du mois, qui nous apprenait que 62% des Français souhaitent un arrêt progressif des centrales sur une période de 25 à 30 ans.

En termes d’actions concrètes contre le nucléaire, c’est à Fessenheim que se mobilisent actuellement les groupes d’opposition. Dimanche dernier, plus de 5 000 personnes se sont rassemblées pour manifester leur mécontentement. En effet, la plus vieille centrale nucléaire française pourrait continuer son activité pendant encore 10 ans.

  • Avis de sequovia

 Le nucléaire est remis en cause dans le monde entier. Alors que la France investit 1 milliard dans la recherche sur la sureté nucléaire et sur le réacteur « le plus sûr du monde », la Chine maintient le cap du nucléaire en accroissant sa production de 15 à 70 gigawatts d’ici 2020.
Face aux nombreuses interrogations sur le sujet de l’énergie atomique, la Chine a pris les devants sur le marché et empiète sur les plates-bandes de la France en commercialisant des centrales «  low cost » à de nombreux pays comme l’Afrique du Sud, le Pakistan…Les problèmes de sécurité inquiètent pourtant certains spécialistes comme le professeur He Zuoxiu pour souligner la construction de centrales sur des failles sismiques.

Si on peut se féliciter de l’excellence et du savoir faire français dans le nucléaire, peut on pour autant éluder la possibilité d’accident. Il est bon d’avoir des convictions, en revanche gardons nous d’être ancrés dans des certitudes qui ne laissent place au doute et qui pourraient avoir au final des effets néfastes voir dévastateurs en cas de d’accident majeur.

La France n’exploite, aujourd’hui, pas suffisamment les ressources naturelles que sont l’air, le soleil, la terre et la mer.

Pourquoi ne pas se concentrer dans l’exploitation de ces ressources illimitées ?

Source: Xerfi, La dépêche et Novethic

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