On tire une fois de plus sur les ficelles du Grenelle

Bilan carboneL’article 75 du Grenelle 2, relatif au bilan obligatoire sur les émissions de GES, subit à son tour les prémisses d’une polémique axée autour de son périmètre d’application. A croire que le Grenelle est la cible du lobbying 2011 : rappelez-vous il y a quelques semaines de cela, c’était alors l’article 225 (obligation de reporting sociétal) qui ameutait les débats. Le souhait des contestataires est simple mais néanmoins irraisonné : réaliser un bilan carbone basé uniquement sur les émissions directes et celles induites par l’achat ou la production d’électricité, mesures déjà obligatoires… en oubliant tout de même une grosse part du gâteau, toutes les autres émissions indirectes, de la Supply Chain, étendue au transport des biens et des personnes.

  • Quels sont les différents périmètres du bilan carbone selon le GHG Protocol?

L’inventaire des émissions est généralement divisé en trois cercles distincts :
• Scope 1 : Somme des émissions directes, induites par la combustion d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) de ressources possédées ou contrôlées par l’entreprise.
• Scope 2 : Somme des émissions indirectes induites par la génération d’électricité consommée en interne.
• Scope 3 : Somme de toutes les autres émissions indirectes dues au transport, achats, déplacements, activités de sous-traitance et utilisation/fin de vie des produits.

  • L’intérêt d’un bilan obligatoire approfondi

De nombreuses entreprises annoncent aujourd’hui une neutralité carbone, mais n’ont en fait calculé qu’une partie de leurs émissions. Seules les Scopes 1 et 2 sont tenues d’être calculées puis communiquées dans le rapport annuel des entreprises de plus de 500 salariés.
Par le biais de l’article 75, l’objectif du Grenelle était de rendre obligatoire le scope 3 qui peut représenter jusqu’à 90% des émissions de GES pour certain secteur d’activité. En effet, il s’agit souvent de la part la plus importante des émissions d’une organisation mais qui met aussi en évidence la plus grande marge d’axes de progrès. De plus, il s’agit souvent d’axes de progression facilement identifiables et donc profitables. L’exemple s’illustre parfaitement bien avec la filière Achat. L’empreinte carbone d’un produit variera considérablement selon son origine, local ou étrangère, et le moyen de transport utilisé pour le transporter, par avion, camion ou bateau.
Mieux planifier ses achats ou ses déplacements, rechercher des alternatives permet de diminuer ses émissions, d’utiliser moins de ressources non-renouvelables et donc d’adopter une démarche responsable au bénéfice de tous. D’ailleurs, les entreprises qui ont testé le scope 3 estiment qu’il s’agit d’une méthode très opérationnelle.

  • L’hérésie du lobbying

Le blog de Verteego nous plonge dans un débat qui prend tout son sens face à cet acharnement continu contre les mesures prises lors du Grenelle en juillet dernier.

Pour rappel, les célèbres lobbyistes cherchent en effet à :
- faire relever le seuil d’application de l’obligation de 500 à 5 000 salariés,
- restreindre le périmètre d’évaluation aux consommations d’énergie des installations fixes.

Si le gouvernement s’avère répondre positivement à ces caprices, la situation risque de devenir complètement hérétique où seules les grandes entreprises se prépareront efficacement à l’économie bas carbone alors qu’on cherche justement à faire émerger des entreprises de taille intermédiaire plus fortes (voir Association Pacte PME). Pire encore, l’incrédulité des chiffres communiqués va conduire à fausser la vision des autorités puisque les entreprises afficheront des émissions de carbone en baisse dans leur rapport alors que dans une prise en compte global via la scope 3, on constaterait une augmentation des émissions de GES. L’entreprise qui se réjouit d’avoir déménagé son siège au sein d’un Bâtiment Basse Consommation n’aura aucun mérite dans le cas où elle augmentera les flux de transport mais également l’empreinte carbone globale en s’éloignant de sa plateforme logistique et de sa clientèle habituelle.

Pour en savoir plus sur l’avis Verteego : http://fr.verteeblog.com/grenelle-bilan-carbone/

  • Avis de Sequovia

La tendance tend à amenuiser le contenu du Grenelle 2 sans même réfléchir aux opportunités qui s’ouvrent aux entreprises. Il faut bien être conscient qu’en fonctionnant ainsi, les entreprises perdront de grandes opportunités d’innovation quant à leur offre. Prendre en compte l’impact environnemental de son activité  et adopter des alternatives plus responsables permettra à ces entreprises de gagner en compétitivité, en maîtrise des risques et des coûts.  D’autant plus que cela représente une réelle ouverture sur le marché à l’international, beaucoup de grandes entreprises étant aujourd’hui très attentives à ces critères dans le choix de leurs partenaires.

Sequovia Conseil vous propose une approche opérationnelle de la méthode Bilan Carbone® avec l’apport de notre réseau d’experts métier pour l’élaboration de plan d’actions de réduction des GES efficace, et ce, quelque soit votre secteur d’activité. Notre objectif est de mettre en œuvre, à vos cotés, une stratégie carbone qui tienne compte de vos enjeux économiques et tout en impliquant vos parties prenantes.

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  1. 18/02/2011 à 15:41 | #1

    Bonjour,

    Il serait bon que vous appreniez à citer vos sources quand vous paraphrasez un article existant (http://fr.verteeblog.com/grenelle-bilan-carbone/).

    C’est à la limite de la bonne déontologie (pour ne pas dire assez scandaleux de vous approprier à des fins commerciales des contenus d’autrui), et surtout, le plagiat est complètement contraire aux esprits de l’édition comme du web.

    Dommage de savoir que vous fonctionnez comme ça chez Sequovia car je trouvais intéressante la couverture de l’actualité DD de votre site et votre équipe sympa.

  2. bdesmier
    19/02/2011 à 18:50 | #2

    Bonsoir
    Sequovia n’a ni l’habitude de plagier, ni l’habitude de ne pas citer ses sources. Nous ne fonctionnons pas comme cela . La preuve, nous publions votre post tout à fait justifié. En l’espèce, sachez qu’il s’agit d’une publication faite un peu trop hâtivement. La source d’une partie de notre information a donc été révélée avec un lien de redirection vers l’article de votre blog.
    Au nom de la rédaction cher Jeremy, je vous prie de bien vouloir accepter nos sincères excuses. Nous nous associons pleinement à la dénonciation que vous faites du lobbying réalisé contre l’article 75 (sans oublier également celui qui vise l’article 225) et espérons tout comme vous que les décrets d’application seront conformes à l’esprit du législateur.

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