Vers une agriculture plus durable grâce au module du SAN

  • RADAux côtés d’associations et de la Fondation Rockefeller, les représentants du SAN (Réseau pour l’Agriculture Durable), dont notamment l’organisation internationale de défense de l’environnement Rainforest Alliance, ont présenté hier, le Module sur le climat du SAN : Critères pour réduire les effets du changement climatique et s’y adapter. Ce projet représente un pas en avant important pour le développement d’une agriculture intelligente et favorable pour le climat en préconisant une sensibilisation des agriculteurs et en apportant des alternatives responsables aux pratiques agraires traditionnelles : un engagement qui s’inscrit dans la lutte contre le changement climatique.

     

  • Un module multipartis

 Le projet a vu le jour au Guatemala en 2008 avec des producteurs de café des régions de San Marcos, Santa Rosa et Jalapa. Le stockage du carbone a été mesuré et les émissions de gaz à effet de serre ont été calculées dans des exploitations agricoles certifiées Rainforest Alliance ainsi que dans celles qui ne le sont pas.
Le module a été consolidé grâce à une consultation publique menée par le SAN l’an dernier, ce qui a permis de vérifier la pertinence des critères proposés. Plus de 350 parties prenantes de 41 pays différents y ont participé. De plus, des essais sur le terrain et des ateliers ont été réalisés en Amérique Latine, en Afrique et en Asie afin de vérifier le potentiel du module sur des exploitations de différentes tailles et avec différents systèmes de production.
En décembre dernier, le Module sur le climat a été approuvé par le Comité International des Normes SAN. Dès lors, les producteurs certifiés de toutes ces régions peuvent adopter volontairement ces bonnes pratiques en faveur du climat pouvant être vérifiées en même temps que les normes d’agriculture durable du SAN.                                         

  • Objectifs et les préconisations de ce module

Le module vise à sensibiliser les producteurs sur les impacts générés par le changement climatique et à développer l’adoption de bonnes pratiques agricoles orientées vers la réduction des gaz à effet de serre, l’augmentation des stocks de carbone et le renforcement de la capacité d’adaptation des agro-écosystèmes au changement climatique.
“Les agriculteurs jouent un rôle primordial dans l’effort de réduction des impacts négatifs du changement climatique. Le SAN et Rainforest Alliance, en lançant ce nouveau module, introduisent un nouvel outil qui permet aux producteurs de démontrer que les pratiques agricoles en faveur du climat renforcent la valeur ajoutée de la Norme SAN et favorisent la transition vers une production agricole ayant une faible empreinte carbone”, affirme Gianluca Gondolini, responsable des projets d’agriculture durable en Amérique Latine chez Rainforest Alliance.
Les nouveaux critères pour réduire les effets du changement climatique et s’y adapter ne renforcent pas seulement les bonnes pratiques mises en place dans les exploitations certifiées, mais elles sont aussi basées sur les pratiques qui ont démontré le plus grand impact de réduction et d’adaptation au changement climatique. Le SAN a aussi fait en sorte, tout en restant rigoureux, de proposer des critères accessibles et faciles à mettre en place pour les producteurs des pays tropicaux et qui permettent de générer des actions bénéfiques sur le long terme.

  • Des pratiques écologiques à des fins économiques

Les pratiques en faveur du climat peuvent elles-mêmes contribuer à réduire les coûts de production et de fonctionnement d’une exploitation, en améliorant la rentabilité du producteur grâce à la réduction de la consommation en énergie et en eau, à la création de sous-produits à partir de déchets agricoles et à une utilisation plus efficace des engrais.

Les producteurs qui s’engagent à mettre en place le Module sur le climat du SAN pourront identifier les risques que représente le changement climatique dans leurs exploitations et communautés et se préparer pour réduire ses effets et s’y adapter. Les producteurs pourront évaluer leur degré de vulnérabilité face à des événements comme les sécheresses prolongées et les inondations sévères auxquels ils sont aujourd’hui confrontés de manière plus fréquente et plus intense et qui ont comme conséquence des altérations dans les saisons de culture et une hausse des manifestations d’épidémies et de maladies.
Ils seront aussi capables d’augmenter les stocks de carbone dans leurs exploitations en restaurant des terres dégradées, en reboisant et en améliorant la conservation des sols. Ils contribueront ainsi à réduire l’impact de l’activité productive dans ce défi aux dimensions planétaires.

  • Avis de Sequovia

L’agriculture est l’une des causes principales du changement climatique. Elle est responsable de 14% des émissions de gaz à effet de serre, sans compter les activités de déforestation dues à l’expansion des cultures agricoles, comme le palmier à huile ou le colza, et qui arrondirait le taux à 30% ! L’industrialisation de l’agriculture a engendré bon nombre de dérives telles que l’érosion des sols, l’utilisation massive d’engrais et de produits chimiques, l’activité d’élevage… Tous ces thèmes sont d’ailleurs judicieusement abordés dans le film réalisé par Coline Serreau « Actions locales pour un désordre globale », qui illustre la nécessité de reconduire une stratégie agricole plus responsable pour préserver les richesses de notre « Terre » et servir l’intérêt d’une population mondiale en croissance. 

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