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La filière éolienne française peine à décoller face aux objectifs du Grenelle

Installation éoliennesSelon le cabinet d’études Xerfi, la France n’atteindra pas les objectifs en matière de production d’énergie renouvelable, de source éolienne, comme le prévoit le Grenelle de l’environnement en 2020. Pour rappel, l’objectif du Grenelle de l’environnement a été fixé à 25.000 mégawatts (MW) dont 19 000 à terre et 6 000 en mer.

  

  • Des chiffres peu encourageants

L’étude du cabinet Xerfi démontre que les installations d’éoliennes n’excéderont pas les 15 000 MW à l’horizon 2020, contre les 25 000 MW prévus par le Grenelle de l’environnement. On estime que seulement 400 à 500 nouvelles éoliennes seront installées par an jusqu’en 2020. Les spécialistes de Xerfi soulignent que « moins de 1000 MW auront été connectés au réseau électrique en 2010 » bien qu’il en faille encore 20 000 MW d’ici 10 ans.

  • Des risques probants pour la filière

Le marché de l’éolien fait l’objet de certains freins que les porteurs de projet se doivent de prendre en considération :

  • La faiblesse du facteur de charge du au caractère intermittent du système éolien. Une éolienne ne tourne à sa puissance nominale qu’1/5 du temps. Il existe donc un risque non négligeable pour l’exploitant de voir une production énergétique insuffisante par rapport au niveau escompté. D’autant que l’implantation de nouveaux parcs est de plus en plus fréquente dans les régions réputées moins ventées. Ces freins pourraient au final remettre en cause la profitabilité des exploitants et engager une perte concurrentielle face aux autres énergies.
  • Le durcissement du cadre réglementaire relatif aux conditions d’implantation des fermes éoliennes est une entrave au développement du parc éolien terrestre en France. En effet, la loi Grenelle 2 impose désormais un minimum de cinq mâts pour l’installation d’une ferme soit 30 MW (au lieu des 15 MW exigés auparavant) et insère l’éolien au régime des installations classées. De même que l’ajournement du programme offshore au large de Noirmoutier induit un ralentissement quant au développement des parcs en mer. Un certain nombre de décisions ont ainsi secoué la profession et retardé la maturation des projets.
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  • Un signal positif pour la filière offshore aux abords des côtes bretonnes

Eoliennes flottantesLe premier site français d’essais d’éoliennes flottantes pourrait voir le jour au large de l’île de Groix (Morbihan), en Bretagne à l’horizon 2013. Cette première mondiale vise principalement à développer diverses technologies en moyennes profondeurs (entre 50 et 200 mètres) permettant un éloignement suffisant des côtes sans les contraintes d’une exploitation au grand large. Si l’essai s’avère concluant, il s’agirait là d’une excellente complémentarité avec l’éolien offshore.
Ce projet s’inscrit, bien entendu, dans la contribution aux objectifs du plan énergie breton prévoyant un approvisionnement en électricité provenant à hauteur de 20 % des énergies renouvelables et pour 30 % de la production locale à l’horizon 2020. De même qu’il contribuera à l’atteinte des objectifs nationaux relatifs aux énergies renouvelables et aux émissions de gaz à effet de serre.

  • L’avis Sequovia

Il ne faut pas perdre de vue qu’aucune source d’énergie, même renouvelable, n’est suffisante pour pallier au problème de l’utilisation massive des ressources fossiles. Le mix énergétique équilibré, intégrant au mieux les énergies renouvelables, est l’objectif premier à atteindre.
Le cadre réglementaire actuel est, certes, jugé restrictif par un bon nombre de porteurs de projets éoliens mais rien n’a encore été décidé sur le système de rachat d’électricité qui pourrait être remis en cause tout comme cela a été le cas pour la filière photovoltaïque. Affaire à suivre…

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Nathalie Développement durable, Energies renouvelables, Grenelle de l'Environnement , , , , , ,

  1. qui sème le vent
    15/01/2011 à 12:54 | #1

    Qui sème le vent récolte la tempête. Les promoteurs se sont rués sur l’aubaine financière, imposant leurs immenses machines aux riverains. Mais personne n’en veut , de leurs machines. Alors les recours au TA pleuvent et les banques s’inquiètent. Fin de l’histoire !

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