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Ouverture de la conférence de Cancun sur le Climat

Alors que les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont atteint des niveaux records en 2009 et qu’une étude du Met Office (service national météorologique du Royaume-Uni) établit que le monde est plus chaud que jamais, le Sommet de Cancun ouvre ses portes sous le signe du paradoxe ;  alors que les enjeux sont vitaux,  le scepticisme est d’ores et déjà de mise sur les résultats.

  

  • 2009 : année record en termes d’émission de gaz à effet de serre

Les gaz à effet de serre ont atteint des niveaux record en 2009, en particulier le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane. Mercredi 24 novembre, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a tiré la sonnette d’alarme : « Le dernier bulletin montre très clairement que les principaux gaz à effet de serre ont atteint leurs plus hauts niveaux jamais observés depuis l’époque pré-industrielle. »
Ces dix dernières années, le mouvement s’est accéléré avec un accroissement de la concentration de CO2 de 1,88 % par an en moyenne. Concernant le méthane (CH4), deuxième plus important gaz à effet de serre persistant, sa teneur dans l’atmosphère a augmenté de 158 %, « principalement du fait de l’accroissement des émissions dues à des activités humaines telles que l’élevage de bovins, la riziculture, l’exploitation des combustibles fossiles et la mise en décharge des déchets ». Environ 60 % des émissions de méthane sont « d’origine humaine« , souligne encore l’organisation.  

  • Une étude du Met Office renforce l’idée du réchauffement de la planète

 Selon l’étude réalisée par le Met Office, l’année 2010 en particulier devrait battre des records de température depuis 1850 et pourrait dépasser les pics de 1998 et 2005, même en cas de léger refroidissement en novembre et décembre. La température de 2010 sera révélée par l’Organisation météorologique mondiale le jeudi 2 décembre lors du sommet de Cancún.
Cette étude vient conforter les affirmations de précédentes études quant au réchauffement climatique : l’unité de recherche climatique de Grande-Bretagne à l’Université d’East Anglia, la NASA et NOAA (Administration nationale océanique et atmosphérique des Etats-Unis) vont dans le même sens. “En se basant sur les chiffres actuels, l’année 2010 sera la seconde du classement après 1998, mais cela dépendra du temps des mois de novembre et de décembre”, a déclaré au Guardian Phil Jones, directeur du CRU de l’université d’East Anglia. Les scientifiques de la NASA estiment que les températures à la surface ont été supérieures à l’année record précédente, à savoir l’année 2005. “L’année 2010 est en bonne voie pour devenir l’année la plus chaude”, assure James Hansen de la NASA. Enfin, d’après le Centre de données climatiques nationales (NDCD) de la NOAA, l’année 2010 sera probablement ex-æquo avec 1998 pour le record de chaleur.  

  • Le sommet de Cancun démarre avec le sentiment d’urgence

 Etant donné ces différents faits, une action de la part des Grands de ce monde pour établir un accord international de limitation des émissions de gaz à effet de serre est capitale. D’autant plus que l’échec de Copenhague est encore palpable. La nécessité d’une entente multilatérale semble inévitable pour enrayer le réchauffement climatique. L’objectif du sommet est de fixer pour 2013-2020 les règles de l’après Kyoto, qui doit prendre fin en 2012, en termes d’émission de gaz à effet de serre. 
Les intervenants
A la différence du sommet de Copenhague, ce ne sont pas les chefs d’Etats qui vont assister aux débats mais bien les ministres de l’Environnement représentant les 194 pays membres de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques).
Cette nouvelle organisation devrait faciliter les échanges en allégeant la pression considérable qu’ont les participants. Ce sera la Costaricaine Christinia Figueres qui jouera le rôle de chef d’orchestre lors des négociations, elle remplace le Néerlandais Yvo de Boer comme nouvelle secrétaire exécutive de la CCNUCC. La délégation européenne sera menée par Joke Schauvliege, la ministre  de l’environnement flamande, tandis que Brice Lalonde se chargera des négociations pour la France. 

  • Entre scepticisme et espoir

 

Suite à la déconfiture des négociations de Copenhague, les attentes sont élevées pour le Conférence de Cancun. Pour rappel, le sommet de Copenhague avait débouché sur la signature d’un accord non contraignant par 140 pays uniquement. Ce rapport stipule bien que des mesures doivent être prises afin de limiter le réchauffement climatique à 2°C seulement, mais quelles mesures ? Aucun engagement chiffré n’a été pris pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, le rapport  se contentant de prôner la « coopération » pour limiter les émissions « aussi tôt que possible ».  

Les thèmes abordés à Cancun
En vue de préparer le terrain de Cancun, plusieurs rencontres ont eu lieu à Bonn en avril et en septembre. Un texte de support a été établi pour Cancun, il prévoit notamment  de traiter des thèmes comme la déforestation, la mise en place d’un marché de quotas d’émission ou encore le contrôle des avancées effectuées, thème par ailleurs épineux. Enfin, la question du financement de lutte contre le réchauffement climatique devrait être abordée et devrait amenée quelque tension parmi les négociateurs. A Copenhague, les pays développés se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars (75 milliards d’euros) par an aux pays les plus pauvres d’ici à 2020. Une partie significative de ces fonds devrait transiter par le Fonds vert. Néanmoins, la structure de ce fonds fait débat : quel sera son financement ? Doit-il être rattaché à l’ONU ? Et évidemment, les avis divergent principalement entre les pays industrialisés, notamment les Etats-Unis et les pays en développement.

 

Tension probable entre les participants
De nombreux désaccords sont à craindre au cours de ces 10 jours de négociations. Tout d’abord, au sein même des pays développés, les avis divergent.  Les Etats-Unis, le Canada, le Japon et l’Australie sont très réticents à une nouvelle période d’engagement ainsi qu’à des réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre tandis que l’Europe est partante pour un durcissement du taux d’émission toléré. Certains pays en développement, comme la Chine, l’Inde ou le Brésil souhaitent réduire leurs émissions de GES tant que cela ne perturbe pas leur croissance économique. Enfin, un groupe de 43 Etats insulaires, menacés par l’augmentation du niveau des mers, cherche à faire adopter des engagements plus contraignants afin de maintenir l’augmentation des températures mondiales entre 1 et 1,5 °C.

 Les ambitions revues à la baisse
Avant même le coup d’envoi des négociations, les engagements ont été revus à la baisse, pour espérer un tant soi peu de les tenir. De nombreux négociateurs ont prévenu depuis des semaines qu’il ne fallait pas attendre qu’un accord soit ratifié lors de cette conférence. Brice Lalonde estime que « s’il y a un succès à Cancun, ça ne pourra être qu’un succès très modeste, voire un accord de façade, portant sur des éléments provisoires et partiels », mais qui ouvrirait la voie à un « accord un peu plus important » lors de la prochaine conférence des parties, la COP17 (17ème Conférence pour le Climat), qui se tiendra à Durban (Afrique du Sud) en décembre 2011

 

  • L’avis Sequovia 

     

Il  est probable que les négociations n’aboutissent sur rien de vraiment concret ;  les attentes, les moyens et les ressources économiques de chacun des participants sont bien trop divergents pour qu’un accord international voie le jour. Des actions à plus petite échelle semble plus envisageables. Ainsi un article du Monde publié le 26 novembre avance même que Bruxelles serait favorable à la réduction des GES de 30% d’ici 2020 au niveau européen. A l’échelle  locale, en France, le village de Cancon, en Lot-et-Garonne, accueillera le 4 décembre un « rassemblement citoyen massif » pour mettre en valeur les actions menées au niveau local afin de lutter contre le changement climatique. En attendant la ratification d’un accord international, c’est à chaque citoyen, chaque consommateur, et à l’ensemble des acteurs économiques de s’impliquer dans la voie du développement durable. Cancun était jusqu’alors réputée pour ses « spring break » estudiantins ;  espérons que la ville mexicaine ne le soit pas aussi pour son « climate break ». Courage et confiance ! 

Pour aller plus loin : Fiches solution Développement durable 

 

 

 Les ambitions revues à la baisse
Avant même le coup d’envoi des négociations, les engagements ont été revus à la baisse, pour espérer un tant soi peu de les tenir. De nombreux négociateurs ont prévenu depuis des semaines qu’il ne fallait pas attendre qu’un accord soit ratifié lors de cette conférence. Brice Lalonde estime que « s’il y a un succès à Cancun, ça ne pourra être qu’un succès très modeste, voire un accord de façade, portant sur des éléments provisoires et partiels », mais qui ouvrirait la voie à un « accord un peu plus important » lors de la prochaine conférence des parties, la COP17 (17ème Conférence pour le Climat), qui se tiendra à Durban (Afrique du Sud) en décembre 2011

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