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La fonte des glaciers de l’Arctique inquiète

L’Arctique se réchauffe sensiblement plus vite que le reste de la planète. Cela a des conséquences pour le monde entier: le réchauffement climatique global s’accélère et le niveau des océans augmente fortement. Près d’un quart de la population mondiale pourrait être touchée par des inondations d’ici à 2100, révèle une récente étude du WWF. Le forum « Arctique-territoire de dialogue » qui s’est tenu à Moscou la semaine dernière a entériné le besoin urgent d’action.
  • Le cercle vicieux de la fonte des glaces de l’Arctique et du réchauffement climatique
C’est un cercle vicieux: la fonte des glaces dans l’Arctique et le réchauffement climatique global s’alimentent mutuellement. A mesure que l’étendue claire de la glace diminue et que la surface foncée des océans et de la terre croît, la quantité d’énergie solaire absorbée augmente. En effet, la glace réfléchit environ 80 % du rayonnement solaire qu’elle reçoit, tandis que l’océan n’en renvoie que 10 %. D’où un apport considérable d’énergie supplémentaire au système climatique. Cela fait monter encore davantage les températures. De plus, de grandes quantités de méthane – gaz à effet de serre – sont ainsi libérées dans cette région polaire, alors qu’elles étaient jusqu’ici emprisonnées dans la glace. Les deux effets conjugués contribuent au réchauffement climatique, lequel accélère à son tour la fonte des glaces arctiques. « Actuellement, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que la Terre dans son ensemble, ce qui constitue une menace pour la planète entière», explique Patrick Hofstetter, responsable de la politique climatique au WWF Suisse.
L’écart par rapport à la moyenne mesurée entre 1979 et 2000 est éloquent : environ 2 millions de km2de banquise ont été perdus – soit quatre fois la superficie de la France. L’accélération du phénomène va jusqu’à surprendre les glaciologues et déjouer leurs prévisions.
  • Les conséquences de la fonte des glaciers
La nouvelle étude du WWF «Arctic Climate Feedback : Global Implications» synthétise les données les plus récentes en la matière. Elle montre que les changements se produisent beaucoup plus rapidement que prévu. La fonte des glaces arctiques devrait faire monter le niveau des océans de plus d’un mètre d’ici la fin du siècle – soit plus du double des prévisions existantes à ce jour. Cela signifie qu’à terme, près d’un quart de la population mondiale est menacée par des inondations.
L’Arctique joue un rôle important dans le système climatique global. Si les glaces arctiques fondent dans les proportions attendues, cela influencera les courants océaniques du monde entier. Les modèles de températures et de précipitations en Europe continentale et en Amérique du Nord changeront également, ce qui posera des problèmes supplémentaires dans les domaines touchant à la faune et à la flore, à l’agriculture et à l’approvisionnement en eau.
«Nous ne pouvons briser cette spirale infernale des dangereuses rétroactions du système climatique qu’en réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre et en réussissant à maintenir le réchauffement global en-dessous de 2°C», précise Patrick Hofstetter. «Pour cela, il faut que les pays industrialisés réduisent d’au moins 40% leurs émissions de CO2 d’ici à 2020.»
  • Forum « Arctique-territoire de dialogue »
« Si l’augmentation de la température se poursuit, plus de 800 millions de personnes risqueront de se trouver dans une zone de situation de risque majeur« , en conséquence directe de la fonte des glaciers de l’Arctique, a déclaré M. Choïgou, le président de la Société géographique russe et ministre des Situations d’urgence, lors d’une conférence de presse organisée en prévision du forum intitulé « Arctique – territoire du dialogue » qui s’est tenue les 22-23 septembre à Moscou sur l’initiative de la Société géographique russe et de l’agence RIA Novosti.
Au cours du forum, des démarches ont été lancées pour favoriser les échanges ente pays riverains. En effet, un Grand plateau international fera son apparition pour discuter des problèmes arctique avec non seulement la participation du  » G-5 arctique «  (La Russie, les États-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark), mais également des États limitrophes, des scientifiques, des peuples autochtones, des entrepreneurs, etc. Un tel forum aidera peu au futur partage, purement juridique, de l’Arctique en secteurs nationaux. Ce n’est pas son rôle. Par contre, après le partage il permettra d’empêcher les possesseurs de faire sur leurs territoires arctiques ce que bon leur semble sans tenir compte des voisins.
Les mots de Vladimir Poutine sont rassurants :  » le prix de la question arctique  » est largement supérieur aux milliards de barils de pétrole et de gaz qu’on est en mesure d’extraire et dont on parle tant dans divers pays. […] En faisant preuve d’une attitude irresponsable à l’égard de l’Arctique aujourd’hui, demain nous pourrions récolter des problèmes globaux, au lieu des avantages globaux « 
  • Données à aborder avec précaution
Si les résultats actuels sont très préoccupants, les scientifiques n’ont pas le recul nécessaire pour se rendre compte des états passés de la banquise. La mise en orbite du satellite Cryosat2 devrait permettre de faciliter le travail. M. Fichelet, chercheur au Centre de recherche sur la Terre et le climat (Université catholique de Louvain, Belgique), précise que « Des mesures au sonar effectuées par des sous-marins militaires ont été mises à disposition ces dernières années. Ces données, qu’il faut prendre avec beaucoup de précautions, suggèrent qu’au centre du bassin la banquise a perdu environ un mètre d’épaisseur depuis les années 1960, sur un total de trois à quatre mètres. »
Les incertitudes sur la rapidité du déclin de la banquise sont importantes. M.Fichelet rappelle tout de même : « Selon les modèles, la disparition de la banquise en été est prévue entre 2030 et 2100. On ne prévoit pas sa disparition totale : elle continuera durablement à se former en hiver. »
  • L’avis Sequovia
Si les incertitudes sont encore fortes quant au rythme de fonte des glaciers de l’Arctique et l’étendue des dégâts qui en découleront, les différents rapports convergent vers le même constat : la fonte des glaciers ne présagent rien de bon pour l’avenir, les conséquences risquent même d’être assez catastrophiques, quelle que soit l’ampleur qu’elles prendront.
Il faut espérer que les retombées de la conférence de Cancun sur le climat soient positives et que les négociations aboutissent à des mesures concrètes en vue d’une diminution conséquente des émissions de gaz à effet de serre.

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