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Nouveaux tarifs du photovoltaïque

A compter du 1er septembre, les tarifs d’achat de l’énergie photovoltaïque seront baissés de 12%. Un des arguments avancés par le gouvernement est « d’éviter les effets d’aubaine spéculatifs ». Il considère que la phase d’amorçage de la filière est achevée puisque la puissance cumulée du parc photovoltaïque installé en France était de 81 MW fin 2008 et sera de 850 MW fin 2010, soit une multiplication par 10 en 2 ans.
  • Baisse des tarifs d’achat dès la rentrée
Le Gouvernement a décidé de modifier les tarifs d’achat de l’énergie photovoltaïque en raison du développement de la filière et de l’avancée de celle-ci dans une phase « plus mature ». La baisse des coûts de matériau a joué en faveur de cette décision.
L’ajustement des tarifs pour les projets professionnels et les grosses installations permet « d’éviter les effets d’aubaine spéculatifs et résulte de la diminution des coûts des équipements photovoltaïques, qui représente environ la moitié du coût des projets. »
Les tarifs applicables aux installations domestiques d’une puissance inférieure à 3 kWc (soit environ 30 m2 de panneaux) resteront inchangés à 58 c€ par kWh. Cet effort en faveur des installations individuelles traduit la volonté du Gouvernement de maintenir le développement de l’emploi dans ce secteur.
Pour les autres projets, l’ajustement correspondra à une baisse de 12 %. La révision tarifaire entrera en vigueur au 1er septembre, après publication au Journal Officiel d’un arrêté envoyé ce jour pour avis à la Commission de régulation de l’énergie et au Conseil supérieur de l’énergie.
Le communiqué de presse du Gouvernement précise aussi que cette évolution tarifaire est la première étape d’une adaptation nécessaire du système de régulation des tarifs de rachat, qui doit devenir plus réactif au développement de la filière et mieux s’articuler avec l’objectif d’une croissance de 500 MW par an prévu dans le Grenelle Environnement. Cette évolution, qui doit garantir à la filière des perspectives solides et durables de développement jusqu’en 2020, sera préparée à l’automne en concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur.
  • La réaction des professionnels du photovoltaïque
L’Association professionnelle de l’énergie solaire, Enerplan, attendait cette baisse des tarifs mais aurait souhaitait des contreparties, notamment une simplification des démarches administratives qui ont tendance à se complexifier. Les professionnels de l’association demandaient également la mise en place d’un coefficient d’insolation pour pondérer les tarifs.
Le Syndicat des énergies renouvelables aurait, quant à lui, souhaité « que cette évolution soit plus progressive et fasse l’objet d’une information du marché suffisamment à l’avance. » Et d’ajouter « En dépit de l’instabilité tarifaire, la filière du photovoltaïque est parvenu à créer en l’espace de deux ans pas moins de 15 000 emplois. » C’est pourquoi le syndicat souhaiterait que les Ministères en charge de l’affaire (Ministère de l’écologie et Ministère de l’économie) établissent un cadre stable à la filière.
  • La France à la traîne en matière de photovoltaïque
Malgré les propos rassurants du Gouvernement « même après cette évolution, les tarifs de rachat du photovoltaïque resteront parmi les plus favorables en Europe. », cela n’empêche pas la France de demeurer loin derrière ses congénères européens. Les 268 mégawatts produits et raccordés au réseau en 2009 par l’Hexagone font bien pâle figure à côté du parc de 7 gigawatts de nos homologues d’Outre-Rhin.
Le secteur connaît néanmoins une très forte croissance avec un chiffre d’affaires annuel de la branche de plus de 2 milliards d’euros, ce qui a généré 8 500 emplois en un an selon l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. L’an dernier, le réseau de distribution d’électricité ERDF a effectué pas moins de 78 000 raccordements. Malheureusement, l’Hexagone importe encore 80% de ses panneaux et unités de production et les industriels français souffrent d’un manque de compétitivité par rapport aux fabricants asiatiques.
Le Gouvernement se félicite tout de même des bons résultats de la filière : « La France est donc très largement en avance sur la mise en oeuvre des objectifs du Grenelle Environnement (1100 MW installés fin 2012 et 5400 MW en 2020). » Le solaire doit contribuer à la réalisation de l’engagement pris par Paris vis-à-vis de l’Union européenne : 23 % d’énergie d’origine renouvelable en 2020.
  • L’avis Sequovia
Le photovoltaïque a pris un bon cap en France comme dans le reste du monde. Alors que la capacité mondiale s’établit à près de 23 GW aujourd’hui, la banque suisse Sarasin prévoit un marché global de 155 GW au niveau mondial à l’horizon 2020. Greenpeace mise même sur 205 GW installés en 2020. Si les riverains sont souvent réticents à accepter l’installation de parcs éoliens, les panneaux photovoltaïques ont la cote ! Et c’est tant mieux puisque, par exemple, la région PACA bénéficie d’un potentiel de production à partir du photovoltaïque de 4 800 MW, soit six fois la consommation de Marseille ! Fin 2009, la région comptait une production de 35 MW uniquement, les perspectives d’évolution de la filière sont donc assurées.

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pminondo electricite, Energies renouvelables, Grenelle de l'Environnement ,

  1. 26/08/2010 à 11:22 | #1

    Mais le photovoltéïque est d’un rendement très faible, alors que le chauffage solaire de l’eau sanitaire serait nettement plus efficace. En plus nous risquons de nous trouver dans une situation de blocage, vu la consommation de terres rares que la production des panneaux induit.

  2. 3my
    26/08/2010 à 13:11 | #2

    Faudrait juste arrêter de dire n’importe quoi ; le photovoltaïque n’a pas besoin de terres rares, seul le CdTe, utilisé par EDF, contient du cadmium polluant et a besoin de précautions pour être recyclé. Les panneaux cristallins classiques sont à base de silicium = de verre. Pas plus polluant qu’un Vélux. Le fait est qu’il y a une mauvaise mentalité généralisée sur toutes les nouveautés en France, ce qui arrange bien les magnats du Gigawatt nucléaire qui peuvent placer leur lobbying en expliquant que le solaire prend de la place dans les champs, quand les systèmes de montage existent pour laisser des pâtures, est polluant quand ce sont eux qui choisissent les technologies, ou pose des problèmes de stabilité du réseau électrique, alors que ce sont eux qui sont responsables de la mauvaise qualité généralisée du réseau! Pas un panneau d’installé en France et déjà tout le monde est sur les dents. Ce qui perdra l’industrie Française, c’est sa mauvaise foi.

  3. lhommedelabaie
    26/08/2010 à 15:12 | #3

    le gouvernement favorise, par la baisse du tarif, les panneaux au Cadmium et ses utilisateurs. Cette mesure élimine les panneaux au silicium polycristallin plus performants, mais plus chers dont les prix remontaient du fait de la forte demande mondiale et de la baisse brutale de l’euro vis à vis du dollar.
    L’état étant le principal actionnaire de la société qui utilise, principalement, ces panneaux au sulfure de cadmium et tellurure il fausse la concurrence avec des panneaux low cost qui posent des problèmes pour l’environnement du fait de la dangerosité du Cadmium et de ses composés.

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