Difficile avancée dans les négociations sur le climat

Alors que la planète connaît une série de catastrophes naturelles – canicule et  incendies en Russie, inondations et glissements de terrain en Chine, inondations au Pakistan, sécheresse aigue au Niger – les résultats des négociations sur le climat qui se sont déroulées à Bonn, en Allemagne, du 2 au 6 août, ne sont pas très concluants. L’ONU estime, quant à elle, que le bilan est prometteur en vue du sommet de Cancun.
  • Le contexte des négociations
178 pays étaient réunis à Bonn pour discuter de l’évolution du climat et des mesures concrètes pouvant et devant être prises. Il s’agit du troisième cycle de négociations sous la tutelle du Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies Sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Un accord international est urgent du fait de l’imminence de l’échéance du protocole de Kyoto qui doit avoir lieu en 2012. Les négociateurs se sont attelés à une lourde tâche puisqu’ils avaient en vue de préparer la conférence de Cancun au cours de laquelle les participants devront compléter, en novembre, l’accord esquissé à Copenhague en décembre 2009 pour enrayer la hausse de la température à 2° Celsius maximum.
Les négociations ont débuté dans un climat de profondes incertitudes puisque le deuxième plus gros pollueur mondial en termes d’émissions de gaz à effet de serre, à savoir les Etats-Unis, a reporté une fois de plus l’examen du projet de loi sur l’énergie. Cet ajournement a été perçu de bien mauvais augure quant au réel engagement promis par les Etats Unis pour la lutte contre le réchauffement climatique.
Par ailleurs, du fait de tensions quelque peu  vives entre les pays du Nord et ceux du Sud dont les attentes divergent lors de tels rendez-vous mondiaux, la méfiance était de mise, ce qui n’a pas facilité les discussions, loin de là.
  • Le bilan des négociations
C’est dans ce contexte peu serein que les négociateurs ont tenté tant bien que mal d’établir une feuille de route pour préparer la conférence de Cancun. Il a tout d’abord été relevé que quelques pays sont revenus sur leurs engagements du sommet de Copenhague. Ainsi le représentant belge estime : « particulièrement décevant que certains pays qui s’étaient associés à l’accord [de Copenhague] semblent aujourd’hui se dissocier du consensus politique qu’il implique ». De surcroît, les Etats Unis et la Chine, les deux principaux pollueurs, ont fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas d’accord trop contraignant. Les pays européens ont annoncé qu’ils n’accepteraient pas d’accord de type Kyoto 2 sans un geste des Etats-Unis.
Néanmoins, l’accord prévoit un financement pour les pays les moins avancés (PMA), les plus concernés par les catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique. Ce financement s’élève à 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012 et à 100 milliards de dollars d’ici 2020. Pour mémoire, la conférence de Copenhague avait déjà engagé les pays de Nord  à verser 30 milliards de dollars aux pays du Sud d’ici  2012. Les pays du Sud attendent encore.
A défaut de lancer de vraies démarches et de donner des moyens concrets pour avancer dans la bonne voie, l’accord fixe deux autres rendez-vous avant l’ultime conférence de Cancun, dont l’un des deux se tiendra en octobre à Tianjin en Chine. L’échéance est à nouveau reculée et il est désormais préférable de ne  rien attendre de la conférence de Cancun. Selon les observateurs, un accord plus contraignant pourrait naitre lors de la rencontre de Johannesburg en 2011.
Finalement, cette conférence aura montré une fois de plus l’incapacité des pays à s’entendre malgré l’état d’urgence dans lequel nous nous trouvons et aura débouché sur l’écriture d’un rapport un peu léger quant aux moyens adéquats pour limiter la hausse de la température à 2°C.
  • L’avis Sequovia
Au vue des nombreuses catastrophes fortement liées au changement climatique qui n’épargnent plus personne, pays pauvres comme pays riches, chaque geste compte pour limiter l’émission de gaz à effet de serre et pour économiser l’énergie produite. Il est effectivement inévitable que les plus gros pollueurs prennent des mesures concrètes, mais au quotidien tout le monde peut également agir et adopter un comportement plus responsable.

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