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Des maïs OGM dans les registres officiels !

38 nouvelles espèces de maïs OGM ont intégré les rangs des semences des registres nationaux français. Alors qu’en France et en Europe, le débat est particulièrement houleux sur la question des OGM, cette décision ministérielle, datant du 20 juillet, est d’autant plus surprenante qu’elle est passée presque inaperçue.  C’est seulement lundi 2 août que le Ministère de l’Agriculture a mentionné l’adoption du nouvel arrêté. Rappelons que les cultures d’organismes génétiquement modifiés sont suspendues en France depuis 2008!

  • Une situation quelque peu contradictoire pour les associations

L’arrêté ministériel, publié au journal officiel le 25 juillet, aurait pu passer totalement inaperçu si Greenpeace et le Confédération paysanne n’avaient pas levé le voile.  »Le gouvernement a sournoisement ouvert la porte aux OGM en France juste avant de partir en vacances », analyse Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM pour Greenpeace France. Pour la Confédération paysanne, quant à elle, il s’agit de  »manœuvres du ministre de l’agriculture qui se plie aux désirs de l’industrie des semences pour mettre fin en cachette au moratoire sur les cultures OGM en pleine trêve estivale ».
Pourquoi un tel mécontentement ? Le texte ministériel  a introduit dans les registres 2 variétés de maïs T25 et 36 variétés de MON810. Alors que la France en 2008 avait utilisé la clause de sauvegarde (qui  permet à tout Etat membre de l’Union européenne de suspendre la culture d’un organisme génétiquement modifié) pour interdire la culture de maïs MON810 sur son territoire, cette décision a de quoi déstabiliser les associations. Pour justifier cette décision, le porte parole du ministère de l’Agriculture assure que « ce n’est qu’une autorisation de commercialisation pour dix ans, pas de culture. En aucun cas ces variétés ne pourront être cultivées en France ».

  • Le cas du maïs T25 : les conséquences au niveau européen

Frédéric Jacquemart, biologiste et représentant de la fédération France Nature Environnement (FNE) au Haut conseil des biotechnologies indique que «  Pour être cultivée, une variété doit être inscrite dans un catalogue national. Jusque-là, le maïs T25 ne figurait dans aucun registre national ». Comme le précise Greenpeace, l’inscription par les autorités françaises de semences de maïs OGM entraine irrémédiablement « l’inscription au catalogue européen ». De plus, en l’absence d’objection des autres Etats membres et de la Commission, l’Etat membre qui a introduit la semence sur son territoire, peut octroyer l’autorisation de mise sur le marché du produit. Celui-ci peut ensuite être commercialisé dans toute la zone européenne.
C’est pourquoi Arnaud Apoteker déclare : « Si une société décide de planter cet OGM demain, elle en a le droit alors même qu’aucune réglementation de coexistence n’est en place aujourd’hui. Nous demandons le retrait immédiat du maïs OGM T25 du catalogue ainsi que l’adoption par la France d’une clause de sauvegarde sur cet OGM. » D’autant plus que d’après les propos de ce scientifique, ce maïs transgénique un maïs tolérant à un herbicide très toxique, le glufosinate d’ammonium d’ailleurs interdit au sein de l’UE pour le maïs et qui fait partie des 22 substances que l’Europe a décidé d’interdire à partir de 2017.

  • Le maïs MON 810 ou comment reléguer chez les voisins les méfaits d’une culture reconnue dangereuse

Il est important de noter que l’inscription des semences au catalogue français n’entraîne pas irrévocablement une culture de ces espèces sur le territoire français, mais elle implique inévitablement une inscription au catalogue européen. Les entreprises françaises ne peuvent donc pas encore produire de telles cultures sur le territoire français mais bien commercialiser les semences dans  les zones où elles ne sont pas interdites. Par conséquent, Arnaud Apoteker soulève un point non négligeable : « c’est une démonstration de force du lobby agro-industriel : les entreprises françaises vont ainsi pouvoir vendre ailleurs une semence dont on considère, avec la clause de sauvegarde, qu’elle est trop dangereuse pour être cultivée en France ».

  • L’avis Sequovia

Le débat sur les OGM est loin d’être clos et ne devrait pas l’être avant plusieurs années tant qu’il ne sera pas véritablement démontré la véritable nocivité de ce type de culture ou au contraire ses bienfaits pour une population toujours plus nombreuse. Néanmoins n’est-il pas envisageable d’une qu’une agriculture intensive biologique puisse à l’horizon 2050 nourrir 9 milliards d’hommes pour un plus grand respect des hommes et de leur nature ?

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