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Les entreprises interrogées sur leur empreinte forestière

Après l’empreinte écologique, déclinée en empreinte carbone… les entreprises vont devoir se préoccuper de leur  empreinte forestière, c’est-à-dire leur impact sur la déforestation. Alors que de nombreux produits y participent, un rapport a mis en exergue le manque d’information et de mesures mises en place pour assurer un approvisionnent responsable des matières premières utilisées.


L’empreinte forestière prend ses marques

Chaque seconde, une surface de forêt primaire équivalente à un terrain de football est rasée. La déforestation est globalement responsable de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. De plus, les forêts tropicales abritent plus de 50% de la biodiversité animale et végétale de la terre. L’exploitation des forêts pour la production de bois participe à la déforestation mais le développement des biocarburants, l’élevage bovin, la culture du soja  et d’huile de palme sont autant d’activités causant  la destruction des forêts. D’ailleurs, Le Forest Footprint Disclosure vient de publier son premier rapport, qui vise à faciliter le dialogue entre investisseurs et entreprises sur la gestion de risque en matière d’empreinte forestière. Son objectif est de mettre en place un programme de divulgation annuelle contribuant à freiner la déforestation due aux pratiques d’approvisionnement des grandes entreprises. Inspiré du Carbon Disclosure Project, qui interroge chaque année les grandes entreprises sur leurs stratégies en matière d’émissions de gaz à effet de serre, le FFD vise à recenser la prise en compte, par les entreprises, de leurs pratiques d’approvisionnement ayant un impact plus ou moins direct sur les forêts.

Des risques sérieux pour les entreprises irresponsables

Le premier questionnaire du FFD a été envoyé à 217 entreprises figurant au Fortune 500 qui s’approvisionnent en produits représentant un risque pour les forêts. 35 d’entre elles y ont répondu, acceptant de révéler l’impact de leurs opérations sur les forêts et d’expliquer les démarches en vue d’amoindrir cet impact. Parmi celles-ci figurent Marks & Spencer, BMW, L’Oréal, Nike, Adidas et Unilever. Si la majorité des entreprises contactées n’ont pas pu répondre à ce premier questionnaire, elles étaient nombreuses à montrer leur intérêt et vouloir mettre en place des procédés pour collecter l’information pour la prochaine édition.
Pour convaincre les entreprises de prendre la déforestation en compte, la FFD interpelle également les consommateurs et les investisseurs, qui ont commencé à se détourner de certaines marques qu’elles ne jugent pas assez responsables ou bien au contraire soutenir les entreprises qui ont des démarches actives. Les entreprises qui ont répondu affirment par exemple qu’un approvisionnement responsable leur donne un avantage compétitif notamment dans les contrats publics, qui retiennent ces critères. Les entreprises peu exigeantes sur leur approvisionnement, les sociétés peuvent voir leur crédibilité diminuée comme le souligne le rapport : « Un nombre encore restreint mais de plus en plus important de fonds de gestion d’actifs se ferment à des compagnies qui ne sont pas durables».

Des PME s’engagent pour compenser la déforestation

L’imprimerie se met au vert et réalise désormais une impression entièrement compensée pour lutter contre la déforestation. C’est le cas pour l’imprimerie Villière qui s’est engagée en faveur de l’environnement. Il s’agit du premier imprimeur Français à compenser volontairement l’ensemble de sa production Après avoir réalisé son Bilan Carbone, cette PME écologique a mis en place un plan de réduction de ses émissions de GES. L’entreprise s’est engagée à augmenter au maximum l’utilisation de papier labellisé et recyclé. Celui-ci étant la piste la plus sérieuse à étudier pour réduire l’empreinte carbone de son entreprise. Elle peut imprimer sur un papier issu de forêts durablement gérées ou du papier recyclé, et dont l’impact sur l’environnement est moindre qu’un papier ordinaire.
La compensation volontaire intervient dans la continuité de l’engagement écologique de l’imprimerie, au delà de ses efforts de réduction. C’est le label Gold Standard, l’un des plus stricts en la matière, qui servira de cadre au projet. L’argent récolté servira à implanter des cuiseurs à bois économes et de lutter contre la déforestation.

Avis Sequovia

La situation est alarmante. Le taux de déforestation des forêts tropicales humides est équivalent à la perte, tous les 10 ans, d’une superficie de forêts égale à la France. Une réglementation européenne, stricte et efficace sur le bois qui  interdirait l’importation et le commerce de bois provenant de l’exploitation illégale et non durable des forêts, est essentielle.
L’initiative de la FFD est tout à fait notable en incluant les entreprises au sein  de l’ empreinte forestière. Ce projet est soutenu par des banques, assureurs ou fonds de pension, qui représentent une valeur de 3,5 milliards de dollars. Rappelons qu’il est de notre devoir de consommateur de favoriser les labels tels que FSC, PEFC, l’ange bleu ou la boucle de Moebus pour le papier recyclé.
A noter qu’a l’occasion du sommet de Copenhague, Google a fait la présentation d’une nouvelle technologie  pour permettre un suivi en temps réel de l’évolution de la déforestation à travers la planète. Les informations seront en libre circulation et en ligne au cours de cette année.

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