Réunion de crise pour sauver Copenhague

dossier_special_copenhagueHier, alors que le chaos était déjà installé depuis le début de semaine dans les débats du Bella Center de Copenhague, la France et le Brésil ont lancé un appel d’urgence aux chefs d’état pour « changer de braquet dans ces négociations ». Une réunion de crise a donc eu lieu dans la nuit, et continue ce matin.

Cet article fait partie du dossier spécial de Sequovia sur le sommet de Copenhague.

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Sans attendre Barack Obama, la France et le Brésil ont voulu hier reprendre en main le sommet de Copenhague sur le climat, où les négociations semblaient bloquées depuis plusieurs jours.

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Une réunion de la dernière chance : les grands de ce monde prennent les rênes de la conférence

Dans la quête d’un compromis, Nicolas Sarkozy et son homologue Lula doivent participer à une réunion regroupant les dirigeants de 26 pays parmi lesquels on peut compter a chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Gordon Brown et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

Etaient également représentés au plus haut niveau des pays comme l’Ethiopie, le Japon, l’Indonésie, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Suède, le Danemark, le Soudan, la Corée du Sud, le Japon, le Bangladesh, l’Arabie saoudite et les Maldives. Le président russe Dmitri Medvedev a rejoint ces dirigeants un peu plus tard. L’Union européenne était représentée par le président de la Commission, Jose Manuel Barroso, et l’organisation des Nations unies par son secrétaire général, Ban Ki-moon.

En revanche, selon des membres de la délégation française, les Premiers ministres indien et chinois, Manmohan Singh et Wen Jiabao, ne participaient pas à cette réunion à laquelle leur pays étaient cependant représentés.

On peut également regretter que ces deux semaines de discussions n’aient pas encore donné lieu à l’accouchement d’un texte commun remportant l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes. La présidence danoise dans ces négociations a ainsi été largement montrée du doigt durant ces deux semaines.

La politique reprend donc le relais dans cette dernière ligne droite, pour le meilleur et pour le pire…

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La discussion change-t-elle pour autant de « braquet » ?

« Les choses progressent, pas suffisamment mais elles progressent », a cependant estimé la présidence française à l’issue de cette réunion. « La négociation commence à se nouer, alors qu’elle était totalement bloquée. » Malgré les réticences de l’Arabie saoudite et du représentant indien, l’opposition du Soudan et le manque d’enthousiasme de la Chine, le principe d’une déclaration politique chapeautant les deux textes actuellement sur la table des négociations à Copenhague a été retenu.

Le premier de ces deux textes prolonge à la demande des pays en développement le protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique, qui concerne 38 pays industrialisés, à l’exception des Etats-Unis, qui ne l’ont pas ratifié.

Le deuxième est le projet rédigé par le Maltais Michael Zammit Cutajar, qui dirige les négociations des Nations unies sur les actions à long terme. Il vise à élargir ces efforts à l’ensemble des pays du monde.

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Encore de très nombreux points de litiges ou de désaccord

Selon la délégation française, 91 passages de ce deuxième texte sont encore entre crochets, ce qui signifie qu’il ne font pas encore l’objet d’un accord.

L’adoption d’une déclaration politique « chapeau » permettrait de faire l’économie d’un laborieux processus d’amendement en faisant sauter ces crochets, estime-t-on de même source.

La France et le Brésil, soutenus, notamment, par les pays européens, souhaitent que ce « chapeau » reprenne l’objectif d’une limitation du réchauffement du climat à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle d’ici 2050 et ce que cela implique en termes de réduction des émissions de CO2.

Ils souhaitent aussi que soit mentionnée la mise en place d’une aide massive aux pays les plus pauvres – 10 milliards de dollars par an en 2010-2011-2012, puis 50 milliards de dollars par an d’ici 2015 et 100 milliards de dollars d’ici 2020.

Ce texte court, de trois ou quatre pages, devra aussi mentionner le principe de financements innovants pour cette aide, tout en restant assez flou pour ne pas hypothéquer la possibilité de cumuler taxation des mouvements financiers et taxe sur les transports maritimes et aériens.

Enfin, pour tenir compte de l’hostilité des dirigeants chinois à tout mécanisme de contrôle international qui porterait atteinte, à leurs yeux, à la souveraineté de la Chine, ce texte devrait développer la notion de « transparence ».
Ce qui va aussi avec l’idée d’un organisme au service de cette transparence, sans aller dans l’immédiat jusqu’à celle d’une Organisation mondiale de l’environnement chère à Paris.

Le président américain Barack Obama, attendu vendredi en début de matinée à Copenhague, doit encore rencontrer Dmitri Medvedev et Wen Jiabao en marge du sommet.

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L’avis Sequovia

Un texte de 3 ou 4 pages politiquement (et non légalement) contraignant, c’est tout se qui va certainement sortir de ce sommet tant attendu… Et même si ce texte chapeaute deux textes bien plus complets, c’est uniquement sur ce résumé sur lequel les grands de ce monde vont se mettre d’accord. La déception est grande, mais tout doit encore être fait pour que ce « chapeau » soit le plus complet et contraignant possible…

Des compromis doivent être fait de la part de tous les participants, et Le Monde montrait encore aujourd’hui l’importance de cet accord pour les pays du Sud.

Source principale des informations pour cet article : NouvelObs.

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Julien Morel Développement durable, Dossier spécial Copenhague, Rechauffement climatique, gaz à effets de serre , , , , , ,

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  1. 18/12/2009 à 14:59 | #1

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