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Rapport 2009 du Global Carbon Project : un bilan alarmant avant Copenhague

GCPDans le dernier numéro de Nature Geoscience, la revue présente comme chaque année un panorama d’un consortium scientifique sur nos rejets de gaz à effet de serre et leur conséquence. En voici donc un petit résumé. N’y perdez pas le moral !…

Un point sur les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Pour la première fois, les émissions globales de GES des pays du Sud sont devenues plus importantes que celles du Nord. Il est donc plus que nécessaire d’incorporer activement les pays en voie de développement dans le processus de Copenhague, par l’intermédiaire d’objectifs chiffrés et d’aide pour lutter contre les effets du changement climatique.

En 2009, nous devrions connaitre une baisse historique de 2,8% des émissions de GES de serre. Doit-on nous réjouir pour autant ? Non, car premièrement c’est une baisse historique, qui n’a eu lieu que « grâce » à un ralentissement fort de l’économie, et de conséquences tragiques pour les plus démunis. Et deuxièmement, cette baisse n’est pas significative pour être tendancielle car on peut observer une augmentation globale des émissions de GES de 41% depuis 1990 !

Les émissions de CO2 dus à la combustion de combustibles fossiles est maintenant plus élevé que les pires des prévisions du GIEC !
Les émissions de CO2 dus à la combustion de combustibles fossiles est maintenant plus élevé que les pires des prévisions du GIEC !

De plus, les émissions de CO2 sont dangereusement passées au-dessus des prévisions les plus critiques du GIEC, groupe intergouvernemental référant dans l’étude du climat. Ceci nous laisse présage une augmentation de température dramatique.

D’après l’étude, les « puits de carbone » (c’est-dire principalement les océans, puis la biomasse) n’arriverait à présent qu’à capter 40% des émissions mondiales de GES. Et si la tendance continue, ce taux va continuer à diminuer…

Pourquoi considérer préférentiellement le CO2, me direz-vous ? Le CO2 est en fait celui qui a  la plus grande influence sur le climat (à l’échelle de temps du siècle) du fait des volumes énormes émis par l’homme et de son pouvoir de réchauffement global à 100 ans, c.à.d. la somme de la chaleur émise par 1 tonne de CO2 laissée dans l’atmosphère pendant 100 ans. C’est donc l’élément qui va devenir prépondérant pour faire basculer la balance climatique ! Le CO2 est donc responsable de plus de 60% des 2,6W/m² de forçage radiatif dus à l’activité humaine.

Depuis le début de l’ère préindustrielle, la concentration en CO2 de l’atmosphère a grimpé de 38% pour atteindre en 2008 la concentration de 385 ppm (parties par millions), soit la plus haute concentration de CO2 enregistrée depuis 2 millions d’années !

De plus, et même si cette concentration est déjà alarmiste, elle laisse présager des conséquences plus graves encore, car le CO2 a un temps de résidence dans l’atmosphère de l’ordre du millénaire. Donc, à l’échelle du siècle, l’effet sera réellement cumulatif, et toute quantité de CO2 rejeté viendra s’ajouter à la quantité déjà existante qui, elle, ne bouge pas.

Du fait d’une concentration croissante de GES dans l’atmosphère, l’effet de serre a fortement augmenté ces dernières années. La température de l’air a ainsi augmenté de 0,76°C entre la période préindustrielle et la période 2001-2005.

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L’avis Sequovia

L’étude nous précise aussi que la demande énergétique mondiale risque d’augmenter de 50% d’ici à 2030, et 80% de cette augmentation proviendra des énergies fossiles. Mais cette situation ne peut pas être acceptable pour que les conséquences ne soient pas tragiques. Toutes les innovations doivent donc être mises en place pour trouver des alternatives. On peut citer par exemple :

- les énergies renouvelables (« fameux » fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique, mais malheureusement cela ne suffira pas),

- la sobriété de chacun (applicable principalement dans les pays du Nord, car comment demander à des Chinois ou des Indiens qui rêvent de développement de limiter leur consommation ?…)

- l’efficacité énergétique

- le captage et stockage du CO2 (cette technologie n’est pas encore mature et ne constitue qu’un moyen détourné de lutter contre le vrai problème)

- des initiatives innovantes (comme par exemple des bactéries pour transformer le CO2 en biogaz).

Espérons que le sommet de Copenhague pourra fixer des objectifs contraignants pour tous (pays du Nord et pays du Sud), et des aides pour les pays du Sud. Car les attentes sont immenses devant l’urgence, mais les solutions sont nombreuses pour que les pays puissent atteindre des objectifs contraignants. Seule la volonté politique manque, espérons qu’elle sera présente pour ce rendez-vous historique.

Le contenu du rapport complet sur http://www.globalcarbonproject.org/carbonbudget/08/Policy_brief.htm?pg=publications

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Julien Morel Développement durable, Dossier spécial Copenhague, Rechauffement climatique, gaz à effets de serre , , , , , ,

  1. 22/11/2010 à 16:27 | #1

    Une démonstration de plus de la forte corrélation entre PIB et les émissions de gaz à effet de serre…

  1. Pas encore de rétrolien à l'article : Rapport 2009 du Global Carbon Project : un bilan alarmant avant Copenhague

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