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Gérer ses déchets électriques et électroniques : pourquoi, comment ?

Les DEEE (ou D3E, Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) pourraient poser de sérieux problèmes sanitaires et environnementaux à horizon proche. Sequovia vous propose un état des lieux de la situation, et vous donne des pistes d’actions concrètes pour en diminuer le volume et les recycler.

Les DEEE, un problème sanitaire et environnemental sérieux

Les équipements électriques et électroniques (EEE) sont souvent séparés en 4 catégories principales :
•    les produits blancs ou appareils électroménagers : appareils de lavage, de cuisson et de conservation
•    les produits bruns ou appareils audiovisuels : télévision, magnétoscope, Hi-Fi…
•   les produits gris ou appareils informatiques (IT) : micro-ordinateurs, téléphones, fax, cartes électroniques…
•    les autres produits électriques ou électroniques : piles, accumulateurs, relais, cartouches d’imprimante…

Les DEEE sont des déchets très variés et de composition complexe. Au coté des métaux, et des matériaux inertes (verre, bois, béton…) et des plastiques, les DEEE peuvent contenir des produits polluants ou dangereux pour l’environnement et la santé comme :
•    des fluides frigorigènes comme les gaz fluorés (CFC en tête) qui sont de puissants gaz à effet de serre,
•    des métaux lourds (cadmium, plomb, mercure…) responsables de maladies diverses (par exemple, l’absorption de plomb provoque le saturnisme),
•    de l’amiante responsable de graves maladies respiratoires.

En France, quatre organismes seulement sont accrédités à collecter ces déchets : Ecologic, Eco-Systèmes et ERP pour tous les DEEE ménagers hors lampes, et Récylum pour les lampes.

deee_lesaviezvousChaque année, de 1,7 à 2 millions de tonnes de DEEE sont générés par les entreprises et les ménages. Plus de 50% de ces déchets proviennent des ménages, et ainsi chaque Français en produit chaque année entre 16 et 20 kg.

Et cela va s’empirer, puisque la quantité totale produite augmente de 4% chaque année, soit un rythme de croissance beaucoup plus élevé que celui de l’ensemble des déchets ménagers. Le volume de ces déchets pourrait ainsi atteindre 73 millions de tonnes d’ici 2015. C’est ce qu’affirme la récente étude de Pike Research, un expert des cleantechs, des énergies renouvelables et du management environnemental.

Greenpeace publie régulièrement un classement des 18 plus grands fabricants de produits électrique ou électroniques, aux vues de leurs règlementations internes concernant l’utilisation de produits chimiques, le recyclage et leur rejet de gaz à effets de serre. Voici ci-dessous le classement paru en juillet 2009. Nintendo est encore et toujours le mauvais élève, alors que Nokia fait office d’exemple à suivre.

Baromètre Greenpeace des entreprises électroniques qui s'engagent pour réduire leurs déchets

Baromètre Greenpeace des entreprises électroniques qui s'engagent pour réduire leurs déchets

L’enjeu est donc réel pour l’environnement et la santé publique.

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L’Afrique et l’Asie, poubelles du monde civilisé

Scène de tri à la main des déchets électroniques, en Chine (Basel Action Network)

Scène de tri à la main des déchets électroniques, en Chine (Basel Action Network)

La convention de Bâle limite l’exportation de déchets dangereux en-dehors de l’Union Européenne, et fixe des règles pour qu’ils y soient valorisés de la même façon qu’en Europe.

Mais concrètement, plusieurs problèmes se posent.

Tout d’abord, les Etats-unis ne l’ont pas ratifiée. Ils font partie de 3 pays, sur les 166 pays signataires, à ne pas l’avoir ratifié. Les deux autres étant l’Afghanistan et Haïti… Et bien que des démarches indépendantes commencent à germer, comme en Californie, le retard est quand même important.

Ensuite, une bonne partie de ces déchets échouent encore dans les décharges des pays pauvres et émergents d’Afrique ou d’Asie. Et puisque le problème n’est pas visible à nos yeux, la gravité de la situation nous échappe, et les consommations de produits électriques et électroniques continuent d’augmenter. De nombreux villages sont donc devenus au fil des années de véritables décharges de déchets électroniques, comme par exemple GuiYu en Chine. Mais des villes comme Accra au Ghana, Lagos au Nigeria, Karachi au Pakistan, Delhi en Inde souffrent aussi de ces déchets provenant des pays industrialisés.

Ainsi, dans ces pays, les gens (et quelquefois les enfants) s’affairent à valoriser à la main ces déchets pour gagner de l’argent, et s’exposent ainsi à des problèmes sanitaires graves.


Que faire pour réduire ces DEEE ?

Trois actions sont nécessaires de développer en parallèle pour réduire ces déchets :
-    passer à l’éco-conception pour réduire l’utilisation de matières polluantes et favoriser la recyclabilité des produits électriques et électroniques
-    informer le public pour favoriser les achats responsables
-    développer des circuits de collecte, recyclage et réutilisation

En parallèle de la convention de Bâle, le Parlement européen a adopté deux directives dont les dispositions on t été transposées en droit français.

La RoHS vise à la restriction de l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques (plomb, mercure, cadmium, …). Elle favorise ainsi l’éco-conception.

La DEEE est une directive européenne de 2002 qui vise à gérer la collecte, la fin de vie et le recyclage des EEE, et généralise le principe de responsabilité pour des produits polluants énoncés.

Les solutions sont donc là pour les entreprises, collectivités et ménages. Mais, faute d’information, les résultats concrets tardent à se faire sentir. D’où le but de cet article !

Voici donc comment concrètement participer à faire baisser le volume de ces déchets :
-    Favoriser l’achat de produits issus d’entreprises qui s’engagent (cf. le classement de Greenpeace plus haut)
-   Conserver le plus longtemps possible ses produits électroniques, c’est-à-dire ne pas céder à la consommation excessive, préférer des produits polyvalents et entretenir vos appareils de façon régulière
-    Acheter d’occasion si possible, pour favoriser la réutilisation de ces produits, et ainsi allonger le cycle de vie utile des produits
-   Trouver un prestataire pour l’élimination de vos déchets

Pour ce derniers points, il faut distinguer si vous êtes professionnel ou particulier.

Pour les professionnels :

Pour les particuliers :

  • Si le débarras s’effectue à l’achat  d’un nouvel appareil similaire, l’ancien équipement sera repris gratuitement par le distributeur
  • Le don à des associations caritatives peut constituer une bonne solution permettant de plus le soutien d’un public en difficulté
  • Il existe des points de collecte pour des produits comme les piles, accumulateurs ou cartouches d’encre
  • Enfin, si votre collectivité peut avoir rejoint le dispositif de collecte et traitement des DEEE (50% de la population française est déjà couverte mi 2007), jeter vos déchets dans les poubelles normales peut être une solution

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Sources

https://registredeee.ademe.fr/anonyme/deee/html/accueil/accueil.php

http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?m=3&cid=96&catid=14687

http://www.ecologie.gouv.fr/Dechets-d-equipements-electriques.html

http://www.greenpeace.org/china/en/campaigns/toxics/e-waste

http://www.sinoe.org/accesThematique.php?ID=10&KEEP=0

http://www.ban.org/

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Julien Morel Collecte et recyclage des déchets, Développement durable, Pollution de l'air et du sol , , , , , , ,

  1. 03/03/2010 à 11:40 | #1

    Gerer ses DEEE pour la préservation de l’environnement et le soutien des actions de solidarité!

    L’opération Cartouches Solidaires propose un circuit de collecte des cartouches d’imprimantes au profit de projets humanitaires et/ou écologiques.
    Les associations membres récoltent des cartouches, et depuis peu des téléphones, dans plus de 300 points relais en France (www.recyclagesolidaire.org/relais); afin de les faire recycler par les partenaires de l’opération – certifiés ISO14001 – et ainsi financer leurs projets humanitaires ou écologiques.
    Nous proposons ensuite des cartouches lasers recyclées compatibles, moins chères que les cartouches de marque, et dont 10euros sont reversés à l’association choisie par l’acheteur!

    Pour en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter sur info@recyclagesolidaire.org ou au 01 34 75 93 64

  1. 14/01/2010 à 15:16 | #1
  2. 27/01/2010 à 16:51 | #2
  3. 01/06/2010 à 16:03 | #3

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