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Le Syndrome du Titanic, un film poétique et engagé

Le Syndrome du Titanic sort aujourd’hui en salles, et va encore plus loin que les films écolo-chocs réalisés jusqu’à maintenant. Il dénonce ainsi avec poésie, philosophie, humanisme et écologisme la véritable crise de civilisation actuelle.

Une critique virulente, pour un film émouvant

Il est bien loin le temps où Nicolas Hulot était présenté comme le gendre écolo idéal. Grâce à ce film réalisé avec Jean-Albert Lièvre, il affirme son profond humanisme et n’hésite pas à dénoncer avec force la grave crise de valeurs humaine et écologique qui sévit actuellement. « Je crains d’être devenu lucide. », lâche-t-il au détour d’une interview.

Le documentaire illustre l’absurdité de notre besoin insatiable de consommation, et l’injustice sociale exacerbée que subissent les plus démunis. Des images chocs s’enchaînent, dans un souci d’interpeler une fois de plus celui qui a les moyens de les voir. Hulot et son équipe sont donc allés filmer les routes sur-bondées des quatre coins du monde ; les foreuses, qui aspirent goulument un pétrole de plus en plus rare ; les riches, qui campent patiemment devant les magasins pour acheter le dernier i-Phone ; sans oublier les pauvres, qui trient à mains nues les composants toxiques des merveilles technologiques déjà dépassées. Un monde absurde, dans lequel l’appétit de richesse est devenu incontrôlable.
Nicolas Hulot l’avoue d’ailleurs, il a lui-même longtemps considéré le progrès « comme un processus irréversible dans les mains duquel on pouvait s’abandonner. »
Sa réflexion remet en cause nos plus simples acquis, et il n’hésite pas à remettre en question « le modèle économique dominant [qui] n’est plus la solution, mais bien le problème. (…) Pourra-t-on prospérer sans croître ? » Un appel à la décroissance à peine dissimulé…

D’autres films engagés s’y sont déjà essayés

De nombreux cinéastes se sont déjà brillamment essayés au film écologique sans solliciter les deniers de l’entreprise. C’est le cas notamment de l’autrichien Hubert Sauper, réalisateur du Cauchemar de Darwin (2004), et de son compatriote Erwin Wagenhofer auteur de We feed the world (2005), et plus récemment de Let’s make money (2009). C’est le cas également de Franny Armstrong, dont la fiction The age of stupid (2009) a été réalisée grâce à un financement communautaire : près de 250 citoyens ont investis entre 500 et 38 000 euros chacun.
Bien sûr, ces films ne bénéficient pas de la même visibilité et de la machine promotionnelle que Home, Le syndrome du Titanic ou Une vérité qui dérange (Al Gore, 2006). Ceux-là sont diffusés en masse, parfois dans des circuits gratuits pour les spectateurs (8,3 millions de téléspectateurs ont ainsi pu regarder Home sur France 2 le soir de sa sortie internationale, et plus de 100 millions de spectateurs au total). Ils sont projetés dans les écoles, les entreprises, voire même à l’Assemblée Nationale. Car c’est bien leur objectif : être vus par le plus grand nombre.

L’avis Sequovia

Ce film est à voir absolument, évidemment. Mais au-delà de ce film, chacun se doit de prendre en compte les remarques énoncées afin d’améliorer son environnement, sa vie et celle des autres. Et le lieu de l’entreprise ou de la collectivité n’est pas à laisser en marge de ces remarques, bien au contraire : elles forment les principales décisionnaires du monde actuel, et se doivent donc de donner l’exemple,dans leur management, dans les produits et services qu’elles offrent, dans leur rapport à l’Autre…

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