Changement climatique en France : Le coût de l’inaction serait exorbitant
Une étude commandée par le gouvernement français révèle les conséquences astronomiques d’une « adaptation insuffisante » au réchauffement climatique qui s’annonce. Agriculture, tourisme, santé… tous les secteurs d’activités français vont être touchés, et la facture s’annonce à « plusieurs centaines de millions d’euros par an ».
Tous les secteurs d’activités seront touchés de façon forte
5500 milliards d’euros : c’est le coût de l’inaction mondiale que prévoyait pour 2050 le rapport de Nicolas Stern commandé en 2007 par le gouvernement du Royaume-Uni. Et de manière similaire, la France a conduit à son échelle une étude via le groupe interministériel dénommé « Impacts du changement climatique, adaptation et coûts associés en France » créé en mars 2007. Après deux ans de travail, le groupe vient de faire publier par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) une première série d’estimations calculées pour 2050, sur la base des scénarios du GIEC.
Le résultat : « les coûts pourraient atteindre plusieurs centaines de millions d’euros par an pour plusieurs secteurs d’activités en cas d’adaptation insuffisante ».
Augmentation des températures moyennes, hausse du niveau des mers, multiplication des événements extrêmes, les experts du groupe ont quantifié sur chaque secteur d’activités mais de manière non exhaustive, les conséquences financières de ces bouleversements.
Eau : Déficit de 2 milliards de m3 d’eau par an pour la satisfaction des besoins actuels de l’alimentation en eau potable, de l’industrie et de l’agriculture. Tous les secteurs seraient affectés par cette évolution, qui se traduirait par une multiplication des conflits d’usage, une dégradation de la qualité des eaux et par la perturbation des écosystèmes aquatiques ou dépendants de la ressource en eau. Les inondations et l’érosion des sols seront aussi plus fréquentes.
Agriculture : Des événements extrêmes, des variabilités inter annuelles, des risques sanitaires et de la baisse de disponibilité en eau fragiliseraient considérablement l’agriculture. A titre d’exemple, la multiplication des événements de type « canicule de 2003 » pourrait représenter en 2100 un coût allant jusqu’à plus de 300 millions d’euros par an… rien que pour le blé ! La viticulture serait également fortement touchée.
Biodiversité et biomasse : Elles ont un effet positif sur l’économie, et il est nécessaire de les protéger activement. En particulier, les forêts risquent de souffrir au long terme de dépérissement, incendie et sécheresse notamment.
Risques naturels et assurances : Les inondations, les risques côtiers, le retrait-gonflement des argiles et les aléas gravitaires (avalanches, glissements de terrain, etc.) ont été étudiés et les conséquences se chiffrent en dizaines de milliards d’euros. Le recul de la côte, par érosion ou montée du niveau de la mer, concernerait plusieurs centaines de milliers de personnes et la destruction des logements pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’échelle du siècle, pour la seule région Languedoc-Roussillon !
Montée du niveau de la mer : Une remontée d’ensemble du niveau de la mer d’un mètre représenterait un coût patrimonial, pour le réseau routier national métropolitain estimé à 2 milliards d’euros.
Energie : Le changement climatique entraînera un changement de saisonnalité de la consommation énergétique (de l’hiver vers l’été). L’évaluation économique de ces impacts fait apparaître une tendance d’économie d’énergie de l’ordre de 3% mais le développement spontané de la climatisation résidentielle et automobile amputerait de moitié les économies d’énergie liées au réchauffement. Sans oublier qu’en termes de production d’électricité, il faut s’attendre à une baisse de 15% des volumes d’eau disponibles pour les centrales hydroélectriques.
Santé : La prévision étant difficile, la commission précise seulement des faits passés, comme la canicule 2003 dont les décès prématurés auraient coûté plus de 500 millions d’euros ou les inondations du Gard en 2002 plus de 200000 euros, pour seulement 950 personnes !
Tourisme : A l’horizon 2100, un impact significatif sur le chiffre d’affaires estival est à attendre, en raison d’une évolution à la baisse de l’attractivité touristique. En cas de réchauffement de +1°C, 15% des stations françaises ne bénéficieraient plus d’un manteau suffisant ; 35% si le réchauffement atteint 2°C et 60% stations dans le cas d’un réchauffement de 4°C.
Infrastructures de transport et cadres bâti : En ce qui concerne le risque de submersion marine permanente lié à une remontée d’ensemble du niveau de la mer d’un mètre, il représenterait un coût patrimonial, pour le réseau routier national métropolitain (hors autoroutes concédées et autres voiries), de 2 milliards d’euros.
Un Plan National d’Adaptation au changement climatique attendu pour 2011
Pour limiter ces coûts, le groupe de travail propose plusieurs pistes pour déployer une politique d’adaptation : mettre en place des systèmes agricoles alternatifs plus robustes et moins exigeants en ressource en eau, prendre en compte le changement climatique dans les documents d’aménagement et de planification, intégrer la connaissance des risques sanitaires d’origine climatique aux formations initiales et continues des professionnels de santé ou encore développer un « tourisme des quatre saisons » pour réduire la dépendance par rapport à la neige et prévenir l’effet négatif de trop fortes températures estivales. Ces pistes pourront être mobilisées et approfondis pour des exercices futurs en particulier dans la perspective du Plan National d’Adaptation au changement climatique attendu à l’horizon 2011 et annoncé par la loi de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement (Grenelle 1).
L’avis Sequovia
Un constat rapide s’impose, à l’heure où la « croissance verte » se développe : il parait bien plus raisonnable et plus rentable de passer à l’action dès maintenant, pour ne pas attendre ces conséquences présagées. Ce nouveau marché du Green Business est tout à fait à même de répondre efficacement à ces enjeux, et Sequovia se propose d’y participer grâce à des solutions innovantes, à la pointe du développement durable.
De plus, Nicholas Stern préconisait déjà que 1% du PIB soit consacré dès maintenant à la lutte contre le réchauffement climatique. Il parait urgent aussi de mettre en place des mesures ambitieuses, à l’instar de la Taxe Tobin qui pourrait faire son apparition sur la scène européenne, voire internationale…
L’heure est à l’action raisonnée mais ferme, les solutions sont là, et c’est à chacun d’en faire un bon usage pour ne pas avoir à payer le prix exorbitant de l’inaction.
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Il n’est plus temps de calculé en € le coût de l’inaction, tous les diagnostics établis depuis des années concluent à des dégats beaucoup plus graves sur l’humanité elle même. Pénurie d’eau, d’énergie, montée du niveau des mers et océans tout ceci impactera tout d’abord les vies humaines.
Que vaudont donc nos euros en 2050 !!!
L’ACTION est impérative, de nombreuses initiatives positives ont été testées il s’agit de les appliquer à grande échelle et de cesser l’individualisme primaire bien Français.
Découvrez la région où le climat a été la plus grande tragédie du Brésil: État de Rio de Janeiro: Région des Montagnes (15 / 01 / 2011) = http://limpezariomeriti.blogspot.com
Newton Almeida
Environnement Rio de Janeiro