Fret ferroviaire : L’Etat investit pour la « bataille du rail »
L’Etat s’engage historiquement pour le fret ferroviaire, et confirme ainsi les promesses engagées lors du Grenelle de l’Environnement.
Le gouvernement a annoncé hier 7 milliards d’euros d’investissement public d’ici 2020 pour développer le fret ferroviaire. Présenté par Jean-Louis Borloo un plan de 8 mesures visant à porter à 25%, contre 14% actuellement, la part du fret transporté par voie ferrée a été détaillé. Parlant d’ « engagement national », le ministre de l’Ecologie et du Développement Durable a engagé « la bataille du rail ».
Un plan ambitieux pour redynamiser le fret
Le train rejette en moyenne 8 fois moins de CO2 que le transport par camion, ce qui en fait un mode de transport de marchandises promis à un bel avenir.
Le précédent Grenelle était plutôt optimiste quant aux transports, et prévoyait notamment de mettre un coup d’arrêt à la construction d’autoroutes, de construire 1.500 km de lignes de tramway, de remettre en vigueur une éco-pastille et de construire de 2.000 km de lignes de TGV.
Le gouvernement avait à cette occasion donné pour objectif d’augmenter la part du fret dans les transports de marchandises de 14% actuellement à 25% d’ici 2022.

Quatre raisons majeures militent en faveur de l’engagement de l’Etat pour le rail :
- la cherté à venir des énergies fossiles,
- la nécessité de baisser de manière significative les émissions de carbone,
- le refus des méga-trucks,
- les problèmes de sécurité routière.
L’engagement pour le fret ferroviaire correspond à terme à une réduction annuelle de plus de 2 millions du nombre de trajets de poids lourds sur les routes françaises, et de plus de 2 millions de tonnes des émissions de CO2. Il contribue ainsi fortement à la politique de report modal, de croissance verte, de création d’activité économique et d’emplois et de réduction des émissions des gaz à effets de serre décidée par le Grenelle Environnement.
En complément des engagements du Grenelle Environnement et du contrat de performance de RFF de 13 milliards d’euros, cet engagement national correspond à un investissement public global en faveur du fret ferroviaire de plus de 7 milliards d’euros d’ici à 2020. Une partie du grand emprunt national pourrait alors être utilisé dans ce but.
«Cette bataille du rail est fondamentale, martèle Jean-Louis Borloo. Nous devons développer le ferroviaire, tant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre que pour les problèmes de sécurité routière posés sur nos routes par les poids lourds. »
L’État ne financera pas la branche fret de la SNCF au bord de la faillite mais uniquement de nouvelles infrastructures. Ce plan, baptisé « Fret ferroviaire de l’avenir », reprend et généralise des initiatives souvent chapeautées par la SNCF.
La France du fret redessinée
Concrètement, voici les 8 grands axes proposés par le plan :
- créer un véritable réseau d’autoroutes ferroviaires cadencées en France (afin de mettre des camions sur les trains) ;
- aider massivement le développement du transport combiné (afin de mettre plus de conteneurs sur les trains) ;
- développer les opérateurs ferroviaires de proximité (créer des PME ferroviaires pour desservir les territoires et les zones portuaires avec des organisations légères et adaptées) ;
- développer le fret à grande vitesse entre les aéroports situés à moins de trois heures de Paris : Lyon, Lille, Amsterdam, Cologne et Londres. L’objectif est de reporter 100 000 camions et 1 000 avions par an sur les rails.
- créer un réseau à priorité d’utilisation fret, dit ROF (réseau orienté fret) ;
- supprimer les goulets d’étranglement (Nîmes, Montpellier, Lyon, Dijon) par la création de contournements ;
- améliorer la desserte ferroviaire des grands ports français (condition essentielle à leur développement), sources importantes de fret massifié ;
- moderniser la gestion des sillons (amélioration des temps de parcours et du respect des horaires des trains de fret) et traiter le fret comme une priorité.
Le réseau ferroviaire français s’agrandit et se développe pour mieux répondre aux besoins des entreprises de transport de marchandises.
Les syndicats réagissent
C’est cependant sur un autre point que les syndicats ont réagi aux annonces gouvernementales. S’ils ont salué le plan d’investissement, ils ont avant tout exprimé leurs doutes sur les projets de création de filiale qui l’accompagnent. Sud Rail redoute « une privatisation rapide par ’morceaux’ de l’entreprise publique SNCF avec la création de filiales fret spécialisées par produit ». Unsa : « au delà de l’annonce qui est positive pour le fret ferroviaire, rien n’est fait pour l’établissement public SNCF. D’après nos informations, les autoroutes ferroviaires, les TGV Fret, les opérateurs de proximité, tout cela sera développé via des filiales à l’intérieur du groupe au mieux, c’est inacceptable. » Même inquiétude à la CGT : « Les projets de développement du fret ont un intérêt (…) au regard des enjeux de société » mais « est-ce que ce sera toujours sous maîtrise publique ? ».
L’avis Sequovia
C’est une bonne chose que le fret soit préféré à la route, et cet engagement de l’Etat est tout à fait louable. La France est donc en passe de combler son retard sur les autres pays européens, notamment sur l’Allemagne qui avait déjà engagé un « big bang » ferroviaire à la fin des années 90.
C’est événement intervient de plus en pleine semaine de la mobilité et le train fait partie des solutions efficaces pour développer l’éco-mobilité.
Nous avons publié il y a quelques jours un article sur un nouvel éco-comparateur et sur la nécessité de favoriser aussi le transport de marchandises par la voie fluviale. Ces deux moyens rejettent moins de CO2, produisent moins d’accidents et utilisent moins d’énergie que le transport routier.
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