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Les Français sont-ils éco-mobiles ?

Dans le cadre du lancement de la semaine de la mobilité et de la sécurité routière, ce mercredi 16 septembre 2009, Sequovia revient sur les résultats du baromètre Macif / Opinion Way 2009 intitulé : « Les Français et les enjeux de la mobilité durable ». Entre connaissance des modes de déplacement alternatifs et des enjeux de l’éco-mobilité, cette enquête, publiée le 11 septembre 2009, rend compte de l’opinion des Français sur leur future mobilité.


La protection de l’environnement, 4ème préoccupation des Français

Pour la troisième année consécutive, la Macif publie le baromètre Macif de la mobilité durable en partenariat avec le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer. Malgré la crise, la protection de l’environnement reste un sujet de préoccupation tout à fait prioritaire pour 51 % des Français. Si celle-ci est au 4ème rang, la première préoccupation étant l’emploi (77 %, + 7 points en un an), la protection de l’environnement a, tout de même perdu 2 points par rapport à 2008. En revanche, la conscience de polluer est devenu un facteur de renoncement à la voiture pour 46 % des Français (+6 points par rapport à 2008). L’argument décisif restant néanmoins le coût trop élevé d’utilisation du véhicule, selon 66 % des Français, malgré une baisse de 9 points par rapport à l’année précédente où le prix du pétrole avait atteint des records.


Les solutions éco-mobiles

La mobilité durable est également une notion de mieux en mieux connue. Le covoiturage arrive en tête avec un taux de notoriété de 91 %. Aussi, 26 % des Français ont déjà pratiqué cette forme de déplacement, notamment parmi les ruraux. En deuxième position on retrouve les vélos en libre-service connus de 83 % des Français. L’auto-partage est logiquement plus connu des urbains (43 %) que des ruraux (30 %) car il y est moins développé. Parmi les autres modes déplacement alternatifs souffrant d’un manque de notoriété, on trouve les transports à la demande (23 %), les plans de déplacement entreprises ou PDE (12 %) et les agences locales de mobilité (7 %).

Il est à noter que 52 % des Français interrogés se déclarent prêts à utiliser de manière régulière au moins l’un des modes de déplacement alternatifs proposées dans l’enquête, en particulier les jeunes (64 %) et les habitants des communes rurales (60 %). Parmi les réfractaires, les Franciliens arrivent en tête avec 56 %. Ce dernier résultat est plutôt surprenant compte tenu de la congestion du trafic routier francilien aux heures de pointe et du réseau de transports publics, un des plus importants en France.

Les principaux acteurs de l’éco-mobilité

Pour 85 % des Français, les autorités locales responsables des transports constituent l’entité la plus à même de contribuer au développement des modes de déplacements alternatifs (soit une hausse de 5 points par rapport à l’an passé). 72 % pensent que l’État a également un rôle à jouer en la matière (soit une hausse de 2 points par rapport à 2008). Les autres acteurs de l’éco-mobilité cités sont les opérateurs de transports (particulièrement chez les ruraux, 79 %), les constructeurs automobiles (55 %) et les assureurs (38 %).

Des leviers d’incitation…

Parmi les mesures à prendre pour rendre les modes de déplacement alternatifs plus accessibles , on note principalement la mise en œuvre d’une application dynamique permettant de connaître toutes les possibilités de déplacements alternatifs fournissant une information claire, complète, et en temps réel, principalement pour les urbains (68 % contre 58 % pour les ruraux). On relèvera également que 59 % des Français (+5 points) estiment qu’un outil comparatif temps-prix-pollution des modes de transports alternatifs avec les moyens de transports habituels peut être une bonne incitation à recourir à l’éco-mobilité.
L’aspect financier reste un levier d’incitation, puisque 48 % des Français interrogés estiment qu’une augmentation rapide du prix du carburant les inciterait à se tourner vers des modes de déplacement alternatifs. Ce facteur connaît tout de même une baisse de 9 points depuis l’année dernière, de même que les péages urbains, que seuls 36 % des Français interrogés jugent incitatifs (-6 points). Ces évolutions des résultats tiennent compte de la hausse des prix sur les carburants durant l’été 2008. En revanche, elles témoignent également d’une certaine défiance des Français quant à la mise en place de mesures financières. Ce constat est d’autant plus flagrant ces dernières semaines à propos de la taxe carbone.

… mais aussi des freins

Le manque de sécurité freine l’essor des solutions éco-mobiles. 18 % des utilisateurs de voitures se sentent mal protégés avec un deux roues motorisé, 37 % avec un vélo et 51 % en pratiquant le covoiturage. Les situations jugées les plus sécurisantes restant les déplacements à pied (82 %) et l’utilisation des transports en commun (78 %). Pour autant le pessimisme n’est pas de mise car 73 % des automobilistes jugent que l’évolution du code de la route permettrait de mieux intégrer le développement des mobilités alternatives. Parmi les mesures à prendre, 84 % des Français souhaitent des infrastructures et des équipements afin de mieux partager la chaussée. Sont également demandés des cours d’éco-conduite à l’école, la disponibilité des moyens de transports en libre-service et des contrôles réguliers à destination des seniors. A l’inverse, une minorité de Français soutient la mise en place de caméras de surveillance ou un abaissement des limitations de vitesse.

L’importance du paramètre économique

Néanmoins, les utilisateurs de voiture semblent être devenus peu enclins à changer leurs habitudes en matière de déplacement. 66 % d’entre eux déclarent qu’ils ne changeront pas leurs habitudes, soit 29 points de plus que l’an passé, une caractéristique encore plus marquée chez les utilisateurs de voiture ruraux, qui déclarent à 78 % ne pas être prêts à changer de mode de déplacement. La forte baisse des prix du carburant entre l’été 2008, date de l’enquête terrain de la précédente édition de ce baromètre, et l’été 2009, date de l’enquête terrain de cette nouvelle édition, explique en grande partie ce revirement.

Source : Baromètre Macif/Opinion Way – Les enjeux de la mobilité durable 2009

L’Avis Sequovia

Cette enquête révèle une certaine prise de conscience des enjeux de la mobilité durable et une connaissance accrue des modes de déplacement alternatifs. Preuve que les mentalités évoluent… doucement. En revanche, les intentions de changer de modes de déplacements chez les utilisateurs de voiture restent fortement liées au paramètre économique.  C’est là qu’apparaissent les contradictions : la majorité des Français sont favorables au développement de l’éco-mobilité au quotidien (déplacements aussi bien personnels que professionnels) mais ne sont, pour autant, pas prêts à s’y mettre. De même, parmi les acteurs identifiés de l’éco-mobilité, il manque l’un des principaux : la société civile.

Dans ces conditions, quel sera l’impact de la taxe carbone ? A voir dans les prochains mois.

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