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Le rapport Stiglitz a été rendu ce matin : vers un indicateur alternatif au PIB ?

On vous l’annonçait il y a quelques semaines, le PIB ne semble plus être un indicateur pertinent pour rendre compte du bonheur et du progrès réels de la société. C’est dans cet esprit que N. Sarkozy avait lancé la commission Stiglitz début 2008.Voici donc ses résultats prometteurs.

  

L’occasion d’ouvrir le débat

On attendait peut-être plus de cette commission constituée par pas moins de 5 Prix Nobels et des membres éminents de commissions internationales.

Sur la même trame que le rapport intermédiaire rendu en juin dernier, la commission reconnaît volontiers que son rapport est plus l’occasion d’ouvrir un débat que de rendre des conclusions définitives. Elle présente ainsi les limites du PIB comme indicateur de performance et fait état des initiatives pour en définir un nouveau plus représentatif du progrès social et écologique.

 
 Le PIB remis en cause : vers un nouvel indicateur de performance ?

Sur le fond très intéressant, la commission d’économistes montre les limites du PIB comme indicateur de performance.

« Il est temps que notre système statistique mette davantage l’accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique », écrit la commission, qui rappelle que « les embarras de la circulation peuvent faire croître le PIB du fait de l’augmentation de la consommation d’essence » sans pour autant améliorer la qualité de vie, pouvant conduire à une « vision biaisée » des tendances économique.

« Le PIB n’est pas (…) erroné en soi, mais utilisé de façon erronée, notamment quand il est présenté comme « une mesure du bien-être économique », ajoute le rapport, selon qui cette confusion risque d’aboutir à des « indications trompeuses » et d’entraîner des « décisions politiques inadaptées ».

Les experts suggèrent donc de créer d’autres indicateurs susceptibles de prendre en compte :
- les activités non-marchandes (travaux domestiques, bénévolat),
- les conditions de vie matérielles (revenu par catégorie sociale),
- l’environnement,
- la santé ou l’insécurité,
- tout en reflétant davantage les inégalités sociales, générationnelles, sexuelles et celles tenant à l’origine culturelle.

  

Le débat international peut commencer

Il faut dire que la commission Stiglitz a été constituée à l’initiative de la France, la mise en place de nouveaux indicateurs demandera une concertation internationale.

Le débat est effectivement loin d’être clos et les initiatives visant à produire une image plus pertinente de l’économie sont multiples. L’OCDE présentera fin octobre en Corée les premiers résultats de son projet « Comment mesurer le progrès des sociétés » lancé en 2007. De son côté, Bruxelles a annoncé, en début de semaine dernière, son intention de publier dès l’an prochain « un indice de pression environnementale » devant refléter la pollution et toute autre atteinte à l’environnement. Une version pilote de cet indice sera lancée dès l’an prochain.

Des recherches sont par ailleurs menées au sein de la Commission européenne concernant les indicateurs sociaux afin de mieux évaluer le bien-être et la qualité de vie des Européens.

« Si on veut réellement rentrer dans la société écologique, il faut changer d’indicateur », maintient Chantal Jouanno.

Et le chef de l’Etat a déclaré que « la France se battra pour que toutes les organisations internationales modifient leur système statistique en suivant les recommandations » de la commission.

  

L’avis Sequovia

Cette initiative devrait donner lieu à un nouvel élan extrêmement bénéfique, et nous ne pouvons que nous réjouir de ce premier pas.

Cependant, nous pouvons cependant émettre quelques réserves :

- Tout d’abord, cet indicateur ne prend en compte que deux des quatre principes du développement durable : l’économique et l’environnemental. Il a en effet mis au second plan le social, n’indiquant que des recommandations pour prendre en compte les inégalités sociales, générationnelles, sexuelles et celles tenant à l’origine culturelle. De plus, ce rapport n’est pas issu d’une consultation avec la société civile (associations, syndicats, patrons, associations…) et ne respecte donc pas le principe démocratique et participatif qui fonde le quatrième pilier du développement durable.

- Ensuite, il indique que les principes environnementaux doivent être pris en compte sous forme monétaire, et il semble dangereux de définir les problèmes environnementaux ou  sociaux en dollars.

Pour les entreprises, des modes d’évaluation globales de développement durable existent d’ores et déjà et cette commission permettra de donner un nouveau dynamisme à ces évaluateurs.

Sequovia a ainsi mis au point un évaluateur à destination des entreprises basé sur un benchmark de bonnes pratiques et sur l’AFAQ 1000NR. Cet évaluateur EVAL2D est précurseur et donne un diagnostic précis sur la vie sociale et environnementale de l’entreprise.

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Julien Morel Développement durable, Economie, Finance, Social , , , , , , , , ,

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