Accueil > Développement durable, Taxe Carbone > Lumières sur la compensation climat-énergie (taxe carbone) : pourquoi ? comment ?

Lumières sur la compensation climat-énergie (taxe carbone) : pourquoi ? comment ?

En réponse à de nombreuses interrogations des Français sur la nécessité et le but véritable de la taxe carbone, Sequovia se propose d’éclaircir les questions que vous pouvez vous poser.

1) Pourquoi cette taxe ?

La taxe carbone est nécessaire et constitue une première avancée nécessaire pour internaliser les coûts externes dus au rejet de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, en mettant un prix croissant sur les énergies non renouvelables (pétrole, charbon, gaz principalement).

Mais pourquoi est-elle nécessaire ? Ces explications sont très peu reprises dans la presse (à moins de vraiment s’y intéresser), et l’idée première d’une taxe supplémentaire ne fait donc évidemment pas l’unanimité (c’est bien normal).

Concrètement, voici pourquoi :

- Pour réduire les émissions de CO2, un des principaux gaz à effet de serre. Bien que ce soit la raison principale et la plus connue du public aussi, elle est aussi la plus controversée : comment savoir, en effet, quel sera l’impact d’une taxe sur nos comportements ? Les défenseurs de cette taxe expliquent qu’il faut une taxe forte, et le rapport Quinet préconisait au minimum 32€ la tonne pour que la taxe soit efficace.

- Pour préparer en douceur la société à un épuisement progressif, inéluctable, des ressources en énergies fossiles. Et c’est là une raison beaucoup plus forte et beaucoup moins médiatisée. Car, dans la Compensation Climat Energie (autre nom donnée à la taxe carbone, qui est d’ailleurs bien plus précis), on ne parle presque que de changement climatique, et beaucoup moins d’énergie.

Le constat est le suivant : les sources d’énergies fossiles sont par définition non renouvelables, et donc en stock fini. De là on tire deux conclusions.
La première conclusion, c’est que la finitude des stocks n’est encore pas prise en compte dans les comptes de résultats d’une entreprise ou d’un ménage. Et, alors que les ressources augmentent, la loi des marchés n’a pas encore intégré les composantes environnementales. Pour comparaison, la demande en plombiers est forte en ce moment en France et les plombiers se font rares. Conséquence : ils augmentent leur prix, c’est la loi de l’offre et la demande. Pourquoi n’en est-il pas de même pour les énergies fossiles ? (et à terme l’électricité qui en découle, ainsi que le rejet d’autres gaz à effet de serre comme le protoxyde d’azote ou le méthane). Ainsi, la taxe carbone se propose d’internaliser ces coûts externes d’appauvrissement des ressources, pour que chacun s’en sente responsable et ainsi favoriser un dynamisme pour diminuer notre besoin.

La deuxième conclusion, c’est que la consommation de fossiles devra donc atteindre un maximum avant de décliner (c’est inéluctable du fait de la finitude des stocks, et c’est inédit, donc nul ne sait précisément ce qui pourrait arriver si nous ne faisons rien). Quand atteindrons-nous ce pic ? 2010, 2020, 2030 suivant les études ? Une date précise n’est pas forcément nécessaire, c’est le mot « bientôt » qui l’est.  Et alors que la consommation d’énergie fossile augmente depuis le début de l’ère industrielle, il va nous falloir progressivement (mais rapidement quand même…) apprendre à diminuer notre dépendance envers les énergies fossiles qui vont décroitre. Car si on ne fait rien, le prix de ces énergies augmentera de lui-même (la loi de l’offre et de la demande : moins d’énergie fossiles, donc le prix augmente), et nous subirons ces effets au lieu de les avoir prévus.

C’est donc aussi dans cette optique qu’a été proposée la taxe carbone : donner un prix croissant pour alléger la montée des prix à venir et envisager une désaccoutumance progressive aux énergies non renouvelables qui vont être de plus en plus rares.

Et plus globalement, pourquoi y’aurait-il quelque chose de mal à être taxé pour avoir pollué ?

2) Une taxe de plus ? Mais les ménages n’ont déjà plus de sous… !

La taxe carbone affectera les principaux postes d’émission de CO2 et de consommation d’énergie fossiles : une augmentation du prix de l’essence et du prix du chauffage. Elle coûterait environ 150 euros à l’année (en restant sur la base des 15 euros la tonne donnée récemment par le gouvernement, ce qui n’est pas suffisant pour les spécialistes qui réclament entre 32 et 54 euros la tonne).

Le principe de cette taxe est d’être redistributive. Ce n’est pas un vain mot, et il faut que le débat soit efficace car les problèmes sont nombreux :

- Redistributive pour tous ? Ou plus particulièrement pour les plus défavorisés ?

- Sous quelle forme : le plus vraisemblable serait un « chèque vert » permettant aux personnes, entreprises ou collectivités de réinvestir dans des innovations environnementales. Il faut absolument que cette redistribution n’incite pas à la consommation d’énergies fossiles (et donc pas à la consommation d’énergie électrique qui en découle partiellement), sans quoi l’effet de la taxe serait nul. Il faut aussi tenir compte de la situation géographique pour être tout à fait partial.

Plus d’informations concernant le chèque vert sur le site de notre partenaire www.cheque-vert.com.

- Quel doit être le taux d’augmentation progressif de la taxe ? (il faut d’ailleurs faire attention à ce qu’il soit supérieur à l’augmentation du pouvoir d’achat, sans quoi l’effet de l’augmentation serait nul).

3) La taxe carbone n’est pas la seule solution à adopter

Cette taxe n’est pas suffisante, et doit absolument être couplée à des avancées en matière de sobriété énergétique (c.à.d. apprendre à consommer et rejeter moins, ce qui constitue une grande part de la solution, et est un des objectifs de la taxe carbone), d’efficacité énergétique, d’énergie renouvelable (et probablement de nucléaire, mais je ne rentrerai pas dans le débat du nucléaire ici) ainsi que du captage du CO2.

L’avis Sequovia

Nous espérons grâce à cet article vous avoir expliqué les enjeux réels de la mise en place de cette taxe. Il est vrai que l’avènement d’une nouvelle taxe n’est jamais populaire, mais cette taxe se veut redistributive, et les nombreuses critiques qu’on peut lui faire doivent amener à une taxe plus juste qu’elle n’est envisagée actuellement, grâce à un débat national en cours. Ne tirons donc aucune conclusion hâtive, mais permettons simplement d’y apporter nos réflexions.

De plus, les efforts de relance pour les nouvelles technologies pour les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le captage du CO2 et la communication sur les futurs enjeux énergétiques et climatiques doivent être bien plus soutenus qu’actuellement.



Articles proches :

Julien Morel Développement durable, Taxe Carbone , , , , , , , , ,

Déposer un commentaire à l'article : Lumières sur la compensation climat-énergie (taxe carbone) : pourquoi ? comment ?