Accueil > Développement durable, Taxe Carbone > Les leviers de réussite de la Taxe Carbone

Les leviers de réussite de la Taxe Carbone

La Taxe Carbone verra le jour, c’est maintenant une certitude. François Fillon, Chantal Jouanno (secrétaire d’Etat à l’Ecologie) et Eric Woerth (ministre du budget) l’ont confirmé : elle sera mise en vigueur a priori en janvier 2010. Mais le prix à donner à la tonne de CO2 fait débat. Si 15 euros par tonne émise semble être « un bon chiffre » d’après Christine Lagarde, les associations estiment que le montant de cette Contribution Climat Energie doit être bien plus élevé si elle se veut véritablement incitative. Michel Rocard, responsable de la commission et qui préconise un prix de 32 euros la tonne, a encore du travail pour faire aboutir le débat national.


 
France Nature Environnement : « Il faut donc un taux qui garantisse le signal prix pour le consommateur, une assiette qui garantisse la baisse de la consommation d’énergie et un mécanisme de redistribution socialement incontestable ».
 
15 euros la tonne de CO2 émise, c’est ce que préconise Christine Lagarde dans une interview donnée pour RMC. Mais, pour France Nature Environnement, qui soutient l’initiative d’une Contribution Climat-Energie depuis le début, « les récentes déclarations ministérielles laissent craindre que le Gouvernement ne s’écarte de l’objectif initial de la Contribution Climat Energie (CCE) ». Car pour être vraiment efficace, la Contribution doit être incitative. Elle doit aboutir à une réel baisse des émissions de CO2, ce qui n’arrivera probablement pas avec une taxe trop faible, et donc indolore. Ce « vernis vert » donné à cette CCE deviendrait aberrant, car inefficace.
 
Pour justifier encore son propos, Arnaud Gossement, porte parole de FNE, précise que « ce taux […] correspond au taux d’une taxe carbone qui ne porterait pas sur l’électricité », ce qui est également une erreur. En effet, l’électricité provient de centrales qui rejettent du CO2, et ce rejet favoriserait un report des énergies fossiles vers l’électricité, qui est produite en rejetant du CO2. La sobriété énergétique doit aussi être favorisée pour atteindre l’objectif visé par le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental d’Etude du Climat) de réduction par 4 des émissions de CO2 d’ici 2050, et cette taxe est une occasion de favoriser cette sobriété.
 
« Il faut également que le Gouvernement précise sa position sur l’augmentation progressive dans le temps du taux de la taxe ». L’objectif de la commission Rocard est d’atteindre les 100 euros la tonne d’ici 2030. Reste à définir le taux de progression annuel.
 
Enfin, la question de la redistribution est cruciale, et ne doit pas amputer les classes sociales les plus pauvres, ni favoriser les plus aisées.
 
Au final, Pour France Nature Environnement, « la Taxe Carbone ne doit pas seulement avoir un “vernis vert” », elle doit être efficace et bien pensée.
 

Action Climat Energie « s’insurge contre les récentes déclarations qui demandent un prix de la tonne de CO2 inférieur de moitié à celui proposé par le rapport Quinet ».
 
Le rapport Quinet du Centre d’analyse stratégique, publié en 2008 a permis d’aboutir à un compromis entre les représentants de l’administration, des ONG de protection de l’environnement, des syndicats et des entreprises autour d’une trajectoire de prix du CO2 démarrant à 32 euros en 2010 et augmentant de 5% par an jusqu’à 56 euros en 2020 et 100 euros en 2030, ceci en euros constants, c’est-à-dire déduction faite de l’inflation. Cette trajectoire augmente ensuite de 4% par an jusqu’à atteindre 200 euros en 2050.
Les valeurs indiquées dans le rapport Quinet constituent donc un minimum. En Suède, la taxe sur le CO2 introduite en 1991 s’élève à environ 100 euros par tonne (au taux de change actuel), soit le taux proposé pour la France par le rapport Quinet en 2030.
 
De plus, le Réseau Action Climat France rappelle « qu’il demande que la Contribution énergie climat porte également sur la consommation d’électricité, afin d’éviter de favoriser encore le chauffage électrique. Elle doit aussi prendre en compte les autres gaz à effet de serre que le CO2, à commencer par le N2O entraîné par l’utilisation des engrais azotés, qui compte pour 9% des émissions de la France. »
 

L’avis Sequovia
 
Pour que la France respecte les recommandations du GIEC, la France doit aboutir à une taxe rapide et ambitieuse dans ses usages, qui prenne en compte toutes contributions directes et indirectes de gaz à effets de serre (l’électricité et les émissions de méthane et de protoxyde d’azote (N2O) en feraient donc partie) et à un prix qui soit significatif (Jean-Marc Jancovici précise qu’à 100 à 150 euros la tonne, le prix de l’esence n’augmenterait que de 5 à 10 centimes le litre).

Bien que l’urgence soit présente, le débat doit être clairement mené et orienté, et il semblerait que beaucoup de conclusions hâtives soient énoncées de toutes parts. Le débat national doit exister pour faire adhérer la population à une taxe exemplaire et ambitieuse.

Articles proches :

Julien Morel Développement durable, Taxe Carbone , , , , , , ,

  1. LELAC
    31/08/2009 à 21:15 | #1

    minable cette idée qui une fois encore ne passe que par un système répressif. Taxer et puiser toujours plus dans le porte monnais des gens mais jamais tenter d’inciter, de créer. Minables que nos politiqus et leur absence totale d’idée novatrice. La meilleure preuve reste le pétrole et les puissants groupes qui poussent toujnours à consommer et dont nous dépendons. dites moi seulement ce qui a politiquement changé depuis la crise énergétique de 1974 ! Rien absoument rien. Alors laissez moi rigoler doucement mais lamentablement avec notre écologique Nicolas à 2 sous et qui bluffe bien son monde.
    Raz le bol de financer ces politiciens de malheur, ras de bol de n’avoir jamais aucun retour. La redistribution aux plus défavorisés….quelle rigolade et quelle mascarade. Il n’y a que les bennêts pour croire cela. Par pitié ouvrez vos yeux braves gens, réveillez-vous, jusqu’à ce qu’ils en crèvent ils s’accrochent à leurs mandats et vous racontent tous les bobards du monde. Manipulation magnifique et la taxe carbonne est encore une fois une invention géniale de leur part qui remplira leurs poches. Voilà mon avis de mec lucide je pense et qui lutte pour ne pas être dominé ni dirigé (et pourtant je suis très très loin des classes défavorisées françaises avec + de 7000 euros de revenus mensuel…mais je partage autrement). OUVREZ VOS YEUX!eux).

  2. snow62fr
    02/09/2009 à 06:55 | #2

    oui la taxe carbonne doit etre mise en place avec un mécanisme de redistribution juste.
    Masi il ne faut en aucun cas taxer l’electricité francaise car celle ci n’emet quasiment pas de CO2. Oui la taxe carbone va inciter au chauffage électrique. Et alors? Le probleme des déchets nucléaires est 10000000000 de fois moins grave que celui du CO2.

  3. 02/09/2009 à 11:19 | #3

    Merci pour vos réactions.

    Concernant celle de LELAC, elle reflète en effet le mécontentement majoritaire des Français envers cette taxe, et je vous propose donc un nouvel article plus pédagogique et accessible : http://www.sequovia.com/actualites/1627-lumieres-sur-la-compensation-climat-energie-taxe-carbone-pourquoi-comment.html.

    Je ferai peut-être un article sur le nucléaire dans les semaines à venir.

  4. VincentPatrick
    08/09/2009 à 21:04 | #4

    IL FAUT INCITER LES FRANCAIS A CHANGER DE COMPORTEMENT: Voilà cette phrase hypnotique qu’on nous rabâche toute la journée pour justifier cette « fameuse » taxe carbone qui va
    miraculeusement ôter le co2 tueur de notre planète. Mais qui nous dit cette phrase? QUI? Un petit homme en haut de sa pyramide qui n’hésite pas à se faire
    livrer quelques gros 4×4 à Megève pour y passer quelques jours avec sa bien aimée. QUI? un Rocard….et son chauffeur. QUI? un reporter, ses hélicoptères et camions
    qui arpentes quelques coins du monde jusqu’alors quasiment inviolés par NOTRE Co2. QUI? queslques élus qui gagnent plus de 10 fois le smic et pour qui se payer
    un chauffage écologique à 20 000 euros n’est pas un problème. QUI? Ceux qui n’ont rien fait pour empêcher la flambée de l’immobilier dans les villes et dont la conséquence directe
    est la multiplication du nombre de voitures. QUI? Tous ceux qui font en sorte et qui ont tout fait pour que les trains disparaissent de nos campagnes. QUI? Ceux
    qui sanctionnent tout chômeur qui refuserait un travail à 100km de chez lui et l’oblige à utiliser sa voiture. Alors QUI doit-on « inciter à changer de comportement? Mes propos
    pourraient paraître populiste mais ils ne le sont pas, ils sont juste le reflet d’une fracture métamorphosée en gouffre entre NOUS et EUX! Alors QUOI? A tous ceux qui
    croient que cette taxe carbone sauvera notre atmosphère, je leur dit que c’est un peu comme si on nous faisait croire que Sarkozy est le descendant de Jaurès! Alors QUOI?
    Alors moi je crois qu’une majorité de nos concitoyens sont plus écologiques que ceux qui veulent nous punir. Alors, moi, pauvre bouzeux de la France d’en bas croit et veux
    croire que la politique du « aider à contribuer » est plus efficace et plus constructive que la politique du « TAPER ». Alors, n’y a t-il rien d’autre à « FAIRE » pour améliorer
    notre environement? N’y a t-il pas plus d’idées lumineuses dans la tête de nos dirigeant? N’y a t-il pas énormément de choses à FAIRE pour nous AIDER à sauver notre planète?
    Pourquoi nos appareils ne durent pas plus de 2 ans? NE faudrait t-il pas favoriser et AIDER nos petits dépanneurs? Pourquoi ne pas agir pour multiplier les transports en commun et où
    oÛ en est le ferroutage? Des chantiers à FAIRE, il y en a des milliers mais voilà,…. il faut agir et agir n’est plus un mot à la mode, brasser du vent oui!
    Je me souviens d’un temps où gamin, j’allais dans le supermarché, j’y déposait quelques nouteilles en verre sur un tourniquet en échange d’un ticket. Je me souviens, en 97 ; ce
    n’est pas si loin 97, où je déposais mon bidon vide de 20 litres en plastique pour mon chauffage d’appoint à l’entrée du magasin en échange d’un autre plein ce qui ne se fait
    plus actuellement. Par conséquent la pollution, on nous l’impose contre notre volonté et c’est pour celà que nous devons être punis!
    Créer une taxe pour les plus faibles, voilà qui est très original et courageux! Quand « l’élite » de la nation sera exemplaire et constructive, quand le « métier » de politique
    ne sera plus un métier alors oui, nous pourrons être constructifs, alors oui la politique retrouvera tout le sens noble qu’elle n’aurait jamais du quitter.
    UN FRANCAIS VERT DE RAGE.

  5. 10/09/2009 à 14:27 | #5

    Bonjour, merci de votre participation. J’avais justement créé un autre article (http://www.sequovia.com/actualites/1627-lumieres-sur-la-compensation-climat-energie-taxe-carbone-pourquoi-comment.html) pour répondre à toutes ces interrogations. Voici en somme les principaux messages.

    -> Les meilleurs spécialistes de l’énergie, du climat et surtout de l’économie (notamment J. Stiglitz et N. Stern) préconisent l’arrivée d’une fiscalité carbone (ou peu importe le nom qu’on lui donne) pour mettre un prix sur la valeur « énergie ». Car l’énergie provient principalement de ressources fossiles très accessibles et performantes, mais elles viendront rapidement à manquer.

    -> En parallèle, cette fiscalité permettra de réduire les émissions de CO2, un des principaux gaz à effet de serre. C’est la composante « climat » de la taxe carbone, aussi appelée plus justement « contribution climat-énergie ». En Suède (où elle est en vigueur depuis 1991, et où elle a atteint le prix de 100 dollars la tonne), elle aurait permis de réduire de 20% les émissions (suivant les évaluations du gouvernement).

    Au final, l’énergie aura forcément à terme un prix croissant du fait de la raréfaction des ressources fossiles et de la lutte contre le réchauffement climatique. Cette taxe carbone est donc là pour amener à inciter au recours aux autres énergies, à moins les utiliser et à s’habituer progressivement à payer l’énergie plus cher (ce qui adviendra de gré ou de force).

    Ce n’est donc pas un point de vue de « riches » ou de technocrates, mais de scientifiques et économistes reconnus.

    De plus, comme cité dans l’article, « les efforts de relance pour les nouvelles technologies pour les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le captage du CO2 et la communication sur les futurs enjeux énergétiques et climatiques doivent être bien plus soutenus qu’actuellement. »

    Il est donc encore temps de mettre en place tout ce qui est nécessaire pour se préparer à une menace qui, comme N. Stern le précise dans son rapport au gouvernement, pourrait entrainer plus de morts que les deux guerres mondiales réunies. C’est donc un enjeu majeur, et cette mesure parait un minimum pour protéger les générations futures.

  1. 10/09/2009 à 14:49 | #1

Déposer un commentaire à l'article : Les leviers de réussite de la Taxe Carbone