Algues vertes : la pollution aux nitrates dénoncée
François Fillon a fait spécialement le déplacement à Saint-Michel-en-Grève, en Côtes d’Armor, pour annoncer des mesures contre la prolifération des algues vertes. Ces algues émettent en effet, en se décomposant, du dihydrogéne sulfuré (H2S), gaz extrêmement nocif. Selon M. Fillon, le gouvernement « paiera à sa charge » le nettoyage des plages et prendra des mesures pour attaquer le problème à sa source.
Un risque mortel
Le débat sur les algues vertes s’est amplifié le 28 juillet dernier, lorsqu’un cheval est mort terrassé, probablement en inhalant les vapeurs dégagées par un tapis d’algues vertes en décomposition, près de Toul Ar Vilin, à Saint-Michel-en-Grève.
Commandée par Chantal Jouanno, secrétaire d’État à l’Écologie, une étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) vient de confirmer que les algues vertes en décomposition sur les plages présentent un « risque mortel en cas d’exposition pendant une durée de quelques minutes ». Les mesures de dihydrogène sulfuré ont mis en évidence la présence de doses très élevées.
Une pollution essentiellement due à l’agriculture intensive
Ces algues proviennent d’une surcharge en azote de l’eau des rivières qui se jettent dans les baies fermées de Bretagne. Ainsi, l’apport azoté sur les sols est trop souvent plus important que les possibilités d’absorption réelles des plantes, et le surplus d’azote ruisselle vers les rivières et entraine leur surcharge en azote. Cet azote s’est logiquement retrouvé rejeté en mer ce qui permet aux algues vertes de proliférer.
L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a démontré que 85 % de ces nitrates sont d’origine agricole. Ce sont donc d’abord les nitrates provenant des engrais agricoles qu’il faut arriver à réduire.
Le gouvernement s’attaque au problème des algues vertes
Le 20 août, le Premier ministre, François Fillon, s’est rendu sur les lieux en compagnie de Chantal Jouanno, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture. Le chef du gouvernement a annoncé la mise en place d’une mission interministérielle sur la gestion de la pollution par les algues vertes. A partir de propositions attendues pour la fin de l’année, ceci pourrait donner lieu, dans l’année 2010, à un plan visant à réduire la prolifération d’algues qui résulte pour l’essentiel de l’utilisation d’engrais par les agriculteurs. Par ailleurs, l’Etat va « prendre à sa charge le nettoyage des plages qui sont les plus touchées et sur lesquelles il peut y avoir un risque de santé publique ».
L’avis Sequovia
Nettoyer les plages est plus que nécessaire.C’est bon pour l’image des Côtes d’Armor, son tourisme et donc son économie. En revanche, le nettoyage serait grandement facilité si l’on s’attaquait davantage aux racines du mal. Il y a 570 000 habitants dans ce département breton et pas moins de 5 millions de cochons, soit 10 cochons par habitant. Ne serait-il pas plus pertinent de revoir les fondamentaux d’une industrie agro-alimentaire sur productiviste ?
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La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n’est pas prête à accepter pour le moment », . La conclusion de Jean-Louis Fargeas est sans appel : « Il s’agit de révolutionner sur ces secteurs, qui représentent 2.190 exploitations (soit 25 % des exploitations agricoles dans les Côtes-d’Armor), les pratiques agricoles, et de changer complètement le modèle économique existant. »
Au lieu de se plaindre de cette quantité d’algues, cherchons plutôt une façon de valoriser ce qui semble à première vu être des déchets. L’Ulva lactuca est une algue qui a un avenir prometteur dans les domaines des biocarburants et des matériaux de haute technologies. On se plaint aujourd’hui que ces algues arrivent à nous toute seule, sans qu’on n’y fasse rien. Ca sera peut être un atout demain…