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Les nouvelles tendances de la RSE

Ernst & Young, en collaboration avec Greenbiz, publie les résultats d’un sondage fait auprès de l‘Intelligence Panel. L’Intelligence Panel regroupe des professionnels et des leaders d’opinion dans le domaine des stratégies et du rendement des entreprises en matière de développement durable. 272 participants de 24 secteurs d’activité différents ont répondu dont 85% de répondants américains.

  • Le développement durable en entreprise

Le développement durable est très présent au sein des entreprises au même titre que la fidélisation du personnel, la satisfaction des clients ou encore la qualité des produits et des services.

Quelles sont les motivations des entreprises quant au développement durable ?

-    La réduction des coûts à 74%
-    Les attentes des parties prenantes à 68%
-    La gestion du risque à 61%
-    La production de revenus à 56%
-    La réglementation gouvernementale à 37%

6 tendances lourdes  ont été mises en évidence.

  • Tendance 1 : La production de rapports RSE en nette progression

Les entreprises font état aujourd’hui, d’une très forte demande de transparence, en matière de développement durable, de la part des clients, des employés, des investisseurs ou encore des actionnaires. Pour répondre à ces attentes, ces entreprises publient des rapports RSE à un rythme plus ou moins cadencé.
11% des entreprises interrogées déclarent publier un rapport plus d’une fois par an. Les rapports RSE deviennent de plus en plus courant dans les entreprises du monde entier. Le site web CorporateRegister.com (au Royaume-Unis), qui répertorie tous les rapports RSE publiés dans le monde, déclare, qu’en 2010, 5 593 entreprises ont publié un rapport RSE contre 26 en 1992.
Si la motivation de créer un rapport RSE est bien là, les outils utilisés pour le rédiger sont souvent considérés comme un obstacle.  En effet cette étude révèle qu’uniquement 24% des entreprises utilisent des logiciels spécialisés. Le reste du panel utilisant des moyens tels que : les feuilles de calcul, les bases de données centralisées, les courriels et les appels téléphoniques. Les entreprises ont également du mal à s’y retrouver dans les données, savoir lesquelles sont  pertinentes et lesquelles ne le sont pas. Au niveau du plan du rapport, 75% suivent le plan de la GRI (Global Reporting Initiative).

L’importance de la vérification

Beaucoup d’entreprises, soucieuses de la crédibilité de l’information diffusée, font appel à des vérificateurs indépendants. 25% des interrogés font vérifier leur rapport RSE par des tiers, et 45% prévoient de le faire d’ici 5 ans. Quels sont ces tiers ? Principalement des cabinets d’expertise comptable et de commissariat au compte (48%), des cabinets conseil en Développement durable (22%), des entreprises de certifications (15%) et enfin des ONG ou des sociétés d’ingénierie (4%).

  • Tendance 2 : Les directeurs financiers jouent un rôle de plus en plus important

Les directeurs financiers se voient de plus en plus souvent confier des missions au niveau :
-    De la relation avec les investisseurs,
-    Des rapports externes,
-    De la vérification et du contrôle opérationnel,
-    De la gestion du risque financier,
-    Des activités de gestion, d’évaluation et de déclaration en matière de développement durable.
65% des entreprises répondent positivement à la question de savoir si leur DAF s’implique en faveur du développement durable (avec plus ou moins d’implication). Cette implication croissante s’explique du fait que les deux objectifs principaux du rapport RSE : gestion des risques et réduction des coûts, sont en lien direct avec le travail du directeur financier. Une autre tendance émerge : la forte croissance des rapports intégrés d’entreprise dans lesquelles les données du développement durable côtoient l’information financière.

  • Tendance 3 : Les collaborateurs  se révèlent être des parties prenantes clés

Si pendant longtemps les entreprises pensaient que les « pressions », en termes de développement durable, venaient surtout des clients, elles découvrent également l’émergence d’un besoin de transparence au niveau de leurs employés.

Pour inciter leurs salariés à être plus responsables à l’image de leur entreprise, les dirigeants font appel à différents outils incitatifs :

-    «Chasses au trésor» pour identifier, à la source,  d’autres moyens de réduction  et d’économie d’énergie,
-    Création de leur propre plan de développement durable : pour  les inciter à intégrer le développement durable dans leur quotidien,
-    Participation aux foires à l’occasion du Jour de la Terre où les collaborateurs peuvent être formés par des intervenants externes,
-    Remise de prix et programmes de reconnaissance (avec mention spéciale ou prix en espèces)…

Quels sont les objectifs d’une telle démarche ?
-    attirer et fidéliser les salariés pour améliorer leur efficacité opérationnelle,
-    renforcer les relations avec les clients,
-    Favoriser l’innovation,
-    Resserrer les liens avec la collectivité.

NB : les collaborateurs sont de puissants promoteurs des démarches RSE des entreprises ;  ils reflètent l’image de l’entreprise vers le monde extérieur et sont ceux qui sont le mieux à même de tenir la promesse et l’ensemble des engagements de l’entreprise.

  • Tendance 4 : La prise en compte des impacts environnementaux reste omniprésente

Il existe aux Etats-Unis des lacunes réglementaires au niveau de l’évaluation, de la gestion et de la déclaration des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le ¾ des répondants souhaite mettre en place des actions de réduction des GES au sein de leur entreprise et 63% d’entre eux les ont divulguées publiquement.
76% des répondants déclarent publiquement leur émission de GES et 16% prévoient de le faire d’ici 5 ans.
L’intérêt à l’égard des GES est dû :
-    A la gestion de la réputation,
-    A l’attente des clients,
-    Aux objectifs d’efficacité,
-    Aux préoccupations réglementaires.

Comme nous le montre ce graphique, beaucoup d’entreprises pressent leurs fournisseurs et partenaires commerciaux à publier et réduire leurs émissions de GES.

L’eau est quand à elle, une préoccupation de plus en plus prégnante au sein des entreprises qui en utilisent beaucoup (métallurgies etc.). 62% des entreprises  déclarent publiquement leur consommation d’eau. Dans ces 62%, 1 entreprise sur 6 fait vérifier son empreinte hydrique et 22% prévoient de le faire sur 5 ans.

  • Tendance 5 : Une sensibilisation accrue à la rareté des ressources.

L’augmentation de la population et de ses besoins futurs lève le voile sur l’épuisement des ressources naturelles. A long terme, cela pourra engendrer des crises mondiales et des pénuries critiques. Certaines contraintes sur le plan des ressources sont déjà bien présentes :
-    Restrictions au niveau de l’approvisionnement,
-    Problèmes géopolitiques,
-    Augmentations des prix .
Il est nécessaire pour les entreprises de prendre ce problème au sérieux.

D’autres problématiques inquiètent les entreprises comme :
-    les «minerais du sang» (minerais extraits dans des régions où il y a des conflits armés ou des problèmes d’abus des droits humains),
-    L’utilisation de l’huile de palme qui est considérée comme une cause de dommage environnemental important et souvent irréversible (déforestation, destruction de l’habitat d’espèces en voie de disparition et changement climatique),
-    La gestion des « terres rares » comme les générateurs éoliens, les moteurs de véhicules électriques, les batteries, les piles à combustible et les appareils d’éclairage éco-énergétiques (97 % de ces éléments viennent de Chine, ce qui entraîne des défis sur les plans économique, environnemental et de la sécurité nationale).

Les entreprises utilisant des pratiques non durables sont vulnérables sur les points suivants :
1.    Un écosystème de plus en plus endommagé (ressources que l’on ne peut pas remplacer synthétiquement comme l’eau douce ou le thon),
2.    Les ressources utilisées qui contribuent directement à l’endommagement des écosystèmes et à l’extinction d’espèces (par exemple l’huile de palme) compromettant ainsi la réputation de l’entreprise et la fidélité à la marque,
3.    L’automatisation de la production soulevant d’importantes préoccupations sur le plan éthique (exemple : téléphones intelligents ou viandes élaborées en usine),
4.    La pression des médias sociaux qui peuvent impacter des millions de consommateurs.

76% des répondants estiment que les différentes pénuries à venir (notamment celle de l’eau) vont influencer et modifier les objectifs et la stratégie de leur entreprise.

  • Tendance 6 : Les cadres et dirigeants d’entreprise se préoccupent des classements liés à la RSE

Selon un sondage de Greenbiz de 2010, les entreprises recevraient plus de 300 sondages et questionnaires à l’année sur le développement durable. Si cela est considéré comme long et fastidieux par les entreprises, 55 % des répondants déclarent qu’ils répondent aux questionnaires sur le développement durable car « il s’agit d’un des principaux canaux de communication, aux investisseurs, de leurs projets et de leur performance dans ce domaine ».
Ces sondages et questionnaires extra-financiers sont de plus en plus impactant pour les analystes financiers.
Par ailleurs, le grand public, les consommateurs et les investisseurs prennent également  très au sérieux les classements de ces entreprises. Des éléments incontournables finalement à la valorisation extra-financière des entreprises cotées comme les non cotées.

  • Avis Sequovia

Une nouvelle étude qui tend à démontrer, s’il fallait encore s’en convaincre, que malgré la crise économique, la RSE s’installe progressivement dans les entreprises américaines…comme dans les entreprises européennes. Au-delà du verdissement initial  de l’image des entreprises, elle devient un axe stratégique de pilotage de la performance globale des entreprises et de la valorisation extra-financière des entreprises qui prend une part grandissante dans l’évaluation des entreprises. Quant au reporting RSE, cette étude souligne d’une part,  la nécessité pour les entreprises de se doter d’approches méthodologiques et de solutions logicielles robustes pour établir des reporting extra-financiers pertinents et d’autre part, les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises pour engager ou améliorer le dialogue avec leurs parties prenantes sur la base de ces rapports ; ce pose clairement la question des dispositifs de communication à mettre en œuvre.

En savoir plus : Global 100; Classement des entreprises les plus vertes; le classement WME 2012 ; l’actualité de la RSE;

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