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L’état du Nucléaire français : inventaire de l’ANDRA

L‘inventaire, publié ce mercredi (11 juillet), par l’Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs, l’ANDRA, fait état de près d’1,3 million de mètres cubes de déchets nucléaires en tous genres, stockés en France, fin 2010. Selon eux, ce volume est appelé à doubler d’ici 2030. Pour cette nouvelle édition, l’ANDRA s’est associé avec des représentants de la société civile : France Nature Environnement, Robin des bois et l’Association nationale des commissions locales d’information (CLI) notamment.

« En France, la production de déchets radioactifs représente l’équivalent de 2 kg par an et par habitant« , souligne l’Andra dans son rapport.
NB : Fin 2010, le volume global des déchets nucléaires était d’1,320 million de mètres cubes. Pour 2030, l’ANDRA prévoit pas moins de 2,7 millions de mètres cubes.

 

  • LES DÉCHETS RADIOACTIFS

Bien que principalement issus des centrales nucléaires (59%), les déchets radioactifs se retrouvent dans plusieurs autres activités. L’ANDRA affirme donc que les déchets radioactifs proviennent :

-    Des centrales nucléaires à 59%
-    Des laboratoires de recherches à 26%
-    Des activités militaires à 11%
-    De l’industrie non nucléaire à 3%
-    Du secteur médical à 1%

Cependant les déchets recueillis n’ont pas tous les mêmes propriétés :

-    Les déchets « de hautes activités » (HA) : Les plus dangereux, ils sont issus essentiellement du traitement des combustibles usés dans les réacteurs nucléaires. Ils représentent en 2010, 0,2% des déchets nucléaires (soit 2 700 m3).
-    Les déchets « de moyenne activité à vie longue » (MA-VL) : Ils représentent 3% des déchets radioactifs total soit 40 000 m3. Issus des gaines entourant les combustibles nucléaires, ils ont une période radioactive qui dépasse 31 ans.

NB : Les déchets HA et MA-LV doivent être enfouis à grande profondeur. Ils sont actuellement entreposés sur les sites de La Hague et  Marcoule, en attendant l’ouverture du centre industriel de stockage géologique, le Cigéo, en 2025.

-    Les déchets « de faible et moyenne activité à vie courte » : C’est la majorité des stocks français, 63% du volume total pour 0 ,02% de la radioactivité. Ce sont les déchets généralement produits par les laboratoires de recherche ou médicaux. Depuis 1992, ces déchets sont stockés dans l’Aube.
-    Les déchets « de faible activité à vie longue » : 7% du volume total français pour 0 ,01% de radioactivité. Ils sont stockés directement sur les sites qui les produisent faute de solution alternative. Nous incluons dans cette catégorie les objets radioactifs anciens comme les fontaines au radium etc.
-    Les déchets « de très faible activité », TFA : Ce sont les ferrailles, béton, gravats provenant du démantèlement des installations nucléaires. Ils représentent donc 26,8% des déchets pour 360 000m3. Ils sont déposés au centre de stockage de Morvilliers. L’ANDRA envisage cependant l’ouverture d’un nouveau site tout en cherchant une méthode efficace pour réduire le volume des déchets stockés.

 

  • LES PREVISIONS DE L’ANDRA

Les prévisions de l’ANDRA concernant 2030 pourraient être modifiées en cas d’arrêt progressif de la production du nucléaire en France. Deux autres scénarios, au-delà de 2030, ont donc été étudiés par l’agence :

  1. Une poursuite du nucléaire avec une durée de fonctionnement des centrales de 50 ans prenant en compte le traitement de l’ensemble des combustibles pour alimenter le nouveau parc. Dans ce scénario, les déchets HA représenteront 10 000m3
  2. Le non renouvellement du parc nucléaire avec une durée de vie des centrales de 40 ans pour un arrêt des combustibles usés d’ici à 2019. Dans ce scénario, les déchets HA seront répartis entre 3 500m3 de déchets vitrifiés, 50 000m3 d’assemblages d’oxyde d’uranium, 1 000m3 d’assemblage de réacteurs à neutrons rapides et enfin 6 000m3 d’assemblages de MOX.

 

  • SITES POLLUES PAR LA RADIOACTIVITÉ EN FRANCE

Dans ce même inventaire, l’ANDRA y dresse une carte des 43 sites pollués par la radioactivité en France, fin 2010. La plupart de ces lieux ont été réhabilités ou sont en passe de l’être. Ils se trouvent essentiellement à Paris, en Ile de France, dans l’Est et le Sud-est de la France ?
La pollution de ces sites est due majoritairement par le stockage, la fabrication ou la commercialisation du radium ou d’objets contenant du radium, en ces mêmes lieux durant la première moitié du XXème siècle.
« La plupart de ces sites ont abrité des activités du passé, datant de l’entre-deux-guerres, qui ne relevaient pas de l’industrie nucléaire : extraction du radium pour la médecine ou la parapharmacie, fabrication et application de peintures pour la vision nocturne, exploitation de minerais… » précise l’ANDRA. « Après guerre, la mémoire de ces sites, généralement situés dans des zones urbaines, a été perdue et certains d’entre eux ont été réaménagés en logements ou bâtiments publics par exemple. D’autres sites sont quant à eux restés à l’état de friche »
Les sites pollués comptent également d’anciens établissements industriels qui exploitaient les minerais radioactifs pour en extraire les « terres rares ». L’exemple le plus parlant étant l’ancienne usine d’Orflam-Plast, à Pargny-sur-Saulx (Marne). Fin 2010, l’Autorité de sûreté nucléaire a lancé l’opération « diagnostic radium » dans le but de contrôler les 134 sites exposés à la radioactivité par le passé. En cas de présence de radium, c’est l’Etat qui se charge de faire réhabiliter les sites tout en mettant en place un suivi sanitaire des populations.

 

  • AVIS SEQUOVIA

Les déchets nucléaires français sont aujourd’hui au cœur des débats. L’augmentation de ceux-ci d’ici 2030 entrainera un manque de place évident au sein du territoire français. Il sera nécessaire de mettre en place de nouveaux centres de stockage pour les différents types de déchets. En 2025, le Cigéo ouvrira ses portes afin de permettre un stockage optimal des déchets HA et MA-LV, les plus radioactifs. L’ANDRA prévoit plusieurs plans d’actions en fonction des événements futurs afin d’être le plus réactif possible. Il est nécessaire de se pencher aujourd’hui sur une valorisation optimale du stockage de ces déchets par le biais de compacteur ou de matière étanche par exemple. D’ici quelques années le nucléaire prendra un nouveau tournant et il est important que nous soyons prêts à toutes éventualités.

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